Le gouvernement rwandais a réagi ce dimanche 7 juin 2026 aux critiques américaines concernant le non-respect de l’accord de paix signé à Washington relatif au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Kigali a souligné que toutes les parties devaient s’engager à respecter leurs engagements, alors que Washington a récemment imposé des sanctions contre l’armée rwandaise pour son soutien présumé au groupe armé M23, également appelé AFC/M23, rapporte RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Accord de paix signé à Washington : l’engagement des parties prenantes au conflit dans l’est de la RDC, incluant le Rwanda, a été formalisé lors d’un accord négocié sous l’égide des États-Unis.
  • Sanctions américaines : le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé des mesures restrictives contre l’armée rwandaise, accusée de soutenir le groupe armé AFC/M23.
  • Réaction de Kigali : le Rwanda affirme que toutes les parties doivent respecter leurs engagements, sans désigner explicitement les États-Unis dans sa réponse.
  • Contexte du conflit : l’est de la RDC est marqué par des tensions persistantes impliquant notamment le mouvement M23, dont les liens avec Kigali sont régulièrement pointés du doigt par Kinshasa et ses alliés internationaux.
  • Cible des sanctions : les mesures américaines visent directement la Défense nationale rwandaise, selon les termes officiels du département d’État.

Washington reproche à Kigali de ne pas respecter ses engagements

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a directement pointé du doigt le Rwanda, l’accusant de ne pas tenir ses engagements dans le cadre de l’accord de paix signé à Washington en 2025. Selon le département d’État, Kigali continuerait à apporter un soutien logistique et militaire au groupe armé M23, actif dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. « Le Rwanda doit cesser immédiatement toute forme de soutien aux groupes armés opérant en RDC », a déclaré Marco Rubio lors d’une conférence de presse tenue le 5 juin 2026, comme le rapporte RFI.

Les États-Unis ont justifié leurs sanctions par la nécessité de « protéger la stabilité régionale et de soutenir les efforts de paix en RDC ». Ces mesures, entrées en vigueur le 6 juin 2026, visent spécifiquement des hauts responsables militaires rwandais ainsi que des entités économiques liées à l’armée. Washington a également suspendu une partie de son aide militaire au Rwanda, tout en maintenant un dialogue avec Kigali pour tenter de résoudre la crise.

Kigali rejette les accusations et prône le dialogue

Face aux reproches américains, le gouvernement rwandais a réagi avec fermeté, tout en appelant à un respect mutuel des engagements pris dans le cadre de l’accord de paix. Dans un communiqué diffusé ce week-end, Kigali a rappelé que « toutes les parties doivent assumer leurs responsabilités et œuvrer pour une solution pacifique et durable ». Le Rwanda a également souligné que l’accord de Washington ne pouvait être appliqué de manière unilatérale, estimant que la responsabilité de sa mise en œuvre incombait à l’ensemble des signataires.

« Nous réaffirmons notre engagement en faveur de la paix en RDC, mais nous refusons d’être la seule cible des critiques internationales », a déclaré un porte-parole du ministère rwandais des Affaires étrangères. Selon lui, les tensions dans l’est de la RDC sont le résultat d’un conflit complexe, impliquant plusieurs acteurs régionaux et internationaux. Kigali a par ailleurs appelé à la tenue d’une nouvelle réunion internationale pour évaluer l’application de l’accord de paix, sans préciser de date ou de lieu pour l’instant.

Le M23, un acteur central dans la crise

Le groupe armé M23, officiellement nommé Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFC), reste au cœur des tensions. Considéré comme l’un des mouvements rebelles les plus actifs dans l’est de la RDC, il est régulièrement accusé d’être soutenu par le Rwanda, ce que Kigali dément catégoriquement. En mars 2026, l’armée congolaise avait lancé une offensive majeure contre le M23, soutenue par des forces régionales, mais les combats persistent malgré les appels au cessez-le-feu.

Selon des sources onusiennes citées par RFI, les combats ont déjà fait plus de 1 200 morts et déplacé près de 500 000 personnes depuis le début de l’année 2026. La situation humanitaire dans la région s’est considérablement dégradée, avec des rapports alarmants sur les violences commises contre les civils, notamment des exactions attribuées tant aux groupes armés qu’aux forces régulières.

Et maintenant ?

La communauté internationale observe avec attention l’évolution de la situation, alors que les sanctions américaines pourraient avoir un impact significatif sur les capacités militaires du Rwanda. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est prévue pour la mi-juin 2026 afin d’évaluer les prochaines étapes. Bref, le risque d’escalade régionale reste élevé, tandis que les efforts diplomatiques se multiplient pour éviter une nouvelle dégradation du conflit.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le Rwanda et les autres acteurs concernés parviendront à relancer un processus de paix crédible. Dans l’immédiat, les sanctions américaines et les tensions diplomatiques risquent d’alourdir le climat politique déjà tendu entre Kigali et ses partenaires internationaux.

Les États-Unis ont gelé les avoirs de plusieurs hauts responsables militaires rwandais et suspendu une partie de leur aide militaire. Ces mesures visent spécifiquement l’armée rwandaise, accusée de soutenir le groupe armé M23 en RDC.