Le groupe français Safran, spécialisé dans les équipements aéronautiques et de défense, annonce un plan d’investissement de 120 millions d’euros pour son site industriel de Montluçon (Allier), selon BFM Business. Ce projet s’accompagne de la création de plus de 150 emplois, dans le cadre d’un renforcement de ses capacités de production dédiées aux systèmes de guidage de haute précision pour armements et aéronefs.

Ce qu'il faut retenir

  • Un investissement de 120 millions d’euros annoncé par Safran pour moderniser son usine de Montluçon.
  • La création de plus de 150 emplois sur le site allierien.
  • L’usine produit des équipements comme l’AASM (armement air-sol modulaire) et les gyroscopes à résonance hémisphérique (GRH).
  • La production d’AASM a été multipliée par six depuis 2022, passant de 200 à 1 400 unités annuelles.
  • Les GRH verront leur production tripler, passant de 10 000 à 30 000 unités par an d’ici 2032.

L’usine de Montluçon, cœur de l’activité défense du groupe, joue un rôle central dans l’approvisionnement des forces armées françaises. Elle fabrique notamment l’AASM, un kit de guidage et de propulsion permettant d’équiper des bombes de haute précision. Ces systèmes sont intégrés sur des avions de combat, comme le Rafale, mais aussi sur des munitions comme le Hammer, une bombe guidée française.

« Nos technologies ont été retenues pour tous les éléments de la dissuasion française, mais également les canons Caesar, des navires de guerre, des véhicules terrestres et aussi notre bombe guidée, l’AASM », a déclaré Olivier Andriès, directeur général de Safran, dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, cité par BFM Business. Ces équipements, comme les gyroscopes à résonance hémisphérique (GRH), assurent un guidage infaillible, même en cas de brouillage des signaux GPS ou satellitaires.

La décision d’investir dans ce site s’inscrit dans un contexte de demande accrue pour ces technologies. Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la production d’AASM a été multipliée par six, passant de 200 unités annuelles à un objectif de 1 400 pour l’année en cours. Cette hausse reflète l’urgence stratégique pour la France de renforcer ses capacités militaires, dans un environnement géopolitique marqué par les tensions internationales.

« Nous annonçons un investissement de 120 millions d’euros pour augmenter nos capacités dans notre usine de Montluçon. (...) Plus de 150 emplois vont être créés », déclare Olivier Andriès, selon BFM Business.

Côté production, Safran prévoit de tripler la fabrication de GRH d’ici 2032, avec une montée en puissance progressive : de 10 000 unités actuellement, la production devrait atteindre 30 000 par an. Ces gyroscopes, essentiels pour le guidage inertiel, sont utilisés dans une large gamme d’armements, des missiles aux systèmes terrestres.

Le site de Montluçon n’est pas le seul à bénéficier de cette dynamique. Safran renforce également ses autres sites industriels en France, comme celui de Vernon (Eure), dédié à la propulsion spatiale et militaire. Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie globale de relocalisation et de souveraineté industrielle, alors que les tensions géopolitiques poussent les États européens à sécuriser leurs approvisionnements en équipements stratégiques.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Safran consisteront à finaliser les travaux d’extension de l’usine de Montluçon et à recruter les 150 nouveaux salariés, avec un calendrier qui s’étendra jusqu’en 2032 pour la montée en puissance des GRH. La société devrait également préciser les modalités de formation des nouveaux embauchés, dans un secteur où les compétences techniques sont critiques. Par ailleurs, l’évolution des commandes militaires, notamment dans le cadre des livraisons aux armées françaises et européennes, pourrait influencer la cadence de production.

Ce plan d’investissement intervient alors que la France et ses partenaires européens accélèrent leurs dépenses de défense, dans un contexte de guerre en Ukraine et de montée des tensions avec la Russie. La modernisation des capacités industrielles de Safran s’ajoute aux efforts du gouvernement pour réduire la dépendance aux importations d’équipements militaires, comme le souligne la récente loi de programmation militaire.

Reste à savoir si cette hausse de production suffira à répondre aux besoins des forces armées, alors que les conflits en cours et les menaces hybrides obligent à anticiper des besoins croissants. Les prochaines annonces de l’État-major des armées et du ministère des Armées, attendues d’ici la fin de l’année, pourraient préciser les volumes de commandes supplémentaires.

En parallèle, Safran devra veiller à maintenir ses chaînes d’approvisionnement, notamment pour les composants électroniques et mécaniques, dont certains proviennent de pays tiers. La résilience industrielle sera un enjeu clé pour garantir la livraison des équipements dans les délais.

L’usine de Montluçon fabrique principalement l’AASM (armement air-sol modulaire), un kit de guidage et de propulsion pour bombes de précision, ainsi que des gyroscopes à résonance hémisphérique (GRH), utilisés pour le guidage inertiel des missiles et autres armements. Ces équipements sont intégrés sur des avions de combat comme le Rafale, des canons Caesar ou des navires de guerre.

La hausse de la production d’AASM, passée de 200 à 1 400 unités annuelles, s’explique par l’invasion de l’Ukraine en 2022 et le renforcement des capacités militaires en Europe. La France et ses partenaires doivent faire face à des besoins accrus en armements de précision, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes et de soutien à l’Ukraine.