Une alternative plus écologique aux ferries classiques entre le Royaume-Uni et la France se profile à l'horizon. Selon Euronews FR, l'entreprise SailLink, spécialisée dans le transport maritime à voile, teste à partir du 8 septembre 2026 une liaison pilote entre Shoreham-by-Sea (West Sussex) et Fécamp (Normandie). Cette initiative, si elle s'avère concluante, pourrait donner naissance à une seconde ligne régulière.
Ce qu'il faut retenir
- Un catamaran de 18 mètres, commandé par le double vainqueur du Vendée Globe Michel Desjoyeaux, assurera ces traversées expérimentales du 8 au 13 septembre 2026.
- Le navire, construit à partir de pièces recyclées, est conçu pour une vitesse optimale grâce à un gréement de 23 mètres et 165 m² de voilure.
- Jusqu'à 12 passagers et 8 vélos pourront embarquer par traversée, avec un tarif de 220 £ (256 €) l'aller simple et 440 £ (513 €) l'aller-retour.
- Près de 70 % des trajets opérés en 2025 sur la ligne Douvres-Boulogne ont été réalisés à la voile uniquement.
- Les cyclotouristes sont particulièrement visés, l'itinéraire s'intégrant à des réseaux comme La Vélomaritime (EuroVelo 4).
Une traversée hors norme, centrée sur l'expérience voyageur
Contrairement aux ferries classiques, cette liaison mise sur une expérience immersive. Les passagers ne trouveront ni boutiques duty-free ni cabines standard, mais un pont ouvert où ils pourront profiter des embruns et des paysages côtiers. « L'objectif est de transformer la traversée en un moment agréable, presque contemplatif, plutôt qu'une simple étape logistique », indique Andrew Simons, fondateur de SailLink. Les falaises de Douvres et les côtes normandes seront au programme de cette navigation.
Le catamaran de 18 mètres, commandé conjointement par Michel Desjoyeaux – double vainqueur du Vendée Globe et figure emblématique de la course au large – et Andrew Simons, est conçu pour allier performance et respect de l'environnement. Son gréement, avec un mât de 23 mètres et 165 mètres carrés de voilure, lui permet d'atteindre des vitesses élevées tout en limitant son empreinte carbone.
Un navire éco-conçu à partir de matériaux recyclés
Le catamaran est assemblé à partir de pièces issues de l'univers de la course au large. « Le mât et les safrans proviennent de l'ancien IMOCA 60 de Michel Desjoyeaux, réutilisés pour donner une seconde vie à ce matériel », précise SailLink dans un communiqué. Cette démarche s'inscrit dans une logique d'économie circulaire, un argument fort pour une entreprise qui se veut pionnière en matière de transport maritime durable.
En 2025, SailLink, qui fonctionne sans subvention, a transporté 465 passagers et 135 vélos sur sa ligne Douvres-Boulogne. Une performance notable, d'autant que près de 70 % des traversées ont été réalisées à la voile pure, les moteurs n'étant sollicités qu'en cas de vent faible ou à l'approche des ports. Une preuve concrète que le transport maritime à voile peut être une solution viable pour les liaisons courtes.
Une liaison pensée pour les cyclotouristes et les voyageurs écoresponsables
Cette nouvelle ligne Shoreham-by-Sea/Fécamp s'adresse particulièrement aux amateurs de vélo. L'itinéraire est conçu pour s'interconnecter directement avec des réseaux cyclables majeurs. En Angleterre, il rejoint la National Cycle Route 2 et le sentier Downs Link, tandis qu'en France, il s'intègre à La Vélomaritime (EuroVelo 4) et au GR21, le sentier côtier longeant la côte d'Albâtre. « C'est une opportunité unique de combiner voyage maritime et aventure à vélo, sans rupture de charge », souligne SailLink.
Les traversées, qui devraient durer environ huit heures selon les conditions météo, se dérouleront du 8 au 13 septembre 2026, avec des rotations alternant les deux sens. Les contrôles de passeport seront effectués à quai, dans les deux ports de départ et d'arrivée. Un détail pratique qui facilite la logistique pour les voyageurs.
Des tarifs accessibles pour une expérience premium
Les billets sont proposés à 220 £ (256 €) l'aller simple et 440 £ (513 €) l'aller-retour. Pour les cyclistes, l'option vélo coûte 10 £ (12 €) supplémentaire. Les réservations s'effectuent directement sur le site de SailLink, accessible en anglais. « Nous voulons rendre cette expérience accessible au plus grand nombre, tout en maintenant un niveau de service élevé », explique Andrew Simons.
Cette tarification reste dans la moyenne des traversées transmanche classiques, mais avec un argument différenciant majeur : l'empreinte écologique. Selon les données disponibles, le transport maritime à voile émet en moyenne 10 à 20 fois moins de CO₂ qu'un ferry conventionnel pour une même distance parcourue.
Pour les voyageurs en quête d'authenticité et de durabilité, cette initiative représente une opportunité à saisir. Reste à savoir si le public sera au rendez-vous, et si les conditions météo permettront de respecter les horaires prévus. Une chose est sûre : cette traversée promet d'être bien plus qu'un simple trajet entre deux ports.
Les traversées auront lieu du 8 au 13 septembre 2026, avec des rotations alternant les directions chaque jour. Les horaires définitifs seront communiqués ultérieurement, en fonction des conditions météorologiques.