La Cour d’appel des États-Unis pour le second circuit a définitivement confirmé la condamnation de Sam Bankman-Fried, fondateur de l’ancienne plateforme d’échange FTX, à 25 ans de prison ferme. Cette décision, rendue publique ce mardi 8 août 2026, met un terme définitif aux recours du détenu, qui avait fait appel de sa condamnation prononcée en mars 2024. Selon Cryptoast, l’appel a été examiné sur la base des éléments du dossier initial, sans modification du verdict.
Ce qu'il faut retenir
- La Cour d’appel des États-Unis confirme la condamnation de Sam Bankman-Fried à 25 ans de prison pour fraude financière dans l’affaire FTX.
- Le jugement initial de mars 2024 était basé sur des milliards de dollars détournés aux clients de la plateforme.
- Deux voies de recours restent théoriquement possibles : une grâce présidentielle ou un renvoi devant la Cour suprême.
- L’intéressé, incarcéré depuis 2022, n’a pas encore réagi publiquement à cette décision.
- Les chances d’une libération anticipée restent jugées faibles par les observateurs.
En mars 2024, Sam Bankman-Fried – surnommé SBF – avait été reconnu coupable de sept chefs d’accusation, dont fraude et détournement de fonds. L’enquête avait révélé que des milliards de dollars avaient été illicitement prélevés sur les comptes des clients de FTX, une plateforme alors présentée comme un acteur majeur du secteur des cryptomonnaies. Selon les documents judiciaires, SBF avait utilisé ces fonds à des fins personnelles et pour couvrir des pertes massives, avant la faillite retentissante de l’entreprise en novembre 2022.
Dès l’annonce de sa condamnation, SBF avait immédiatement fait appel, tout en multipliant les prises de parole publiques. Depuis sa cellule, il avait multiplié les messages sur la plateforme X (ex-Twitter), évoquant tour à tour un « complot » ou une « injustice », sans jamais assumer pleinement ses responsabilités. La Cour d’appel, en rejetant son recours, a jugé que les éléments présentés ne remettaient pas en cause la légitimité du verdict initial. La décision, rendue « sur la base du dossier du tribunal de district et des mémoires des parties », scelle ainsi le sort de l’ancien patron de FTX pour les 23 prochaines années.
Deux options subsistent désormais pour SBF : solliciter une grâce présidentielle ou tenter de saisir la Cour suprême des États-Unis. Historiquement, les grâces présidentielles dans des affaires de cette ampleur restent exceptionnelles, surtout lorsque les faits sont aussi graves. Quant à un renvoi devant la Cour suprême, il faudrait que celle-ci accepte de se saisir du dossier, une démarche elle aussi peu probable. « Les probabilités que l’une ou l’autre de ces possibilités aboutisse à une libération sont faibles », estime un spécialiste du droit financier interrogé par Cryptoast.
« L’appel interjeté dans l’affaire susmentionnée contre le jugement du Tribunal de district des États-Unis pour le district sud de New York a été plaidé sur la base du dossier du tribunal de district et des mémoires des parties. Il est par la présente ordonné et décidé que le jugement du tribunal de district est confirmé. »
— Extrait de l’ordonnance de la Cour d’appel des États-Unis, second circuit, 8 août 2026.
SBF, qui s’était exprimé à plusieurs reprises sur X depuis son incarcération, n’a pour l’heure pas réagi publiquement à cette décision. Son absence de réaction contraste avec le volume de ses prises de parole antérieures, où il avait régulièrement tenté de minimiser sa responsabilité ou de présenter sa situation comme le résultat d’un système défaillant. Pour les victimes et les régulateurs, cette confirmation du verdict envoie un signal fort : celui de la fermeté des autorités judiciaires face aux fraudes financières massives, même lorsque celles-ci impliquent des acteurs emblématiques du secteur crypto.
Rappelons que l’affaire FTX avait provoqué un séisme dans l’écosystème des cryptomonnaies, entraînant la chute de l’entreprise et la perte de fonds pour des centaines de milliers d’investisseurs. Les liquidateurs de l’entreprise, toujours en activité, ont d’ailleurs engagé des poursuites contre plusieurs anciens dirigeants et partenaires, afin de récupérer les actifs détournés. En 2025, les liquidateurs avaient par exemple réclamé 40 millions de dollars à l’épouse de Zhu Su, cofondateur du fonds Three Arrows Capital (3AC), une autre entreprise impliquée dans le scandale.
Cette affaire rappelle également l’importance de la régulation dans le secteur des cryptomonnaies, où les scandales financiers ont régulièrement ébranlé la confiance des investisseurs. Les autorités américaines, comme la Securities and Exchange Commission (SEC), ont depuis renforcé leurs contrôles sur les plateformes d’échange, mais le risque de fraudes persiste. Pour les observateurs, cette condamnation historique pourrait servir d’avertissement aux autres acteurs du secteur.
Reste à savoir si cette décision mettra un terme définitif au débat sur la responsabilité pénale des dirigeants dans les affaires de fraude financière. Une chose est sûre : pour les victimes de FTX, la confirmation de la peine de SBF représente une étape, même symbolique, vers une forme de justice.
Deux voies de recours restent ouvertes : une demande de grâce présidentielle ou un renvoi devant la Cour suprême des États-Unis. Aucune des deux options n’offre de garantie de succès, les chances d’une libération anticipée étant jugées faibles par les spécialistes.
Après sa condamnation de mars 2024, SBF a été condamné à 25 ans de prison ferme. Avec le rejet de son appel en août 2026, il lui reste donc théoriquement 23 ans à purger, sous réserve d’une éventuelle réduction de peine ou d’une grâce présidentielle.