Le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé, ce vendredi 29 août 2026, la population à « accepter » l’impact des sanctions internationales sur l’économie du pays, alors que Washington durcit son étau contre Téhéran. « Nous sommes en situation de guerre, et nous devons accepter ces conditions de temps de guerre », a-t-il déclaré lors d’une interview télévisée diffusée sur la chaîne d’État IRIB. Selon nos confrères du Figaro, il a ajouté : « Certains disent que les sanctions n’ont aucun effet ; à ces gens-là, je ne sais vraiment pas quoi répondre. »

Ce qu'il faut retenir

  • Chute de 25 à 35 % des exportations et importations iraniennes depuis le début de l’année, selon les déclarations du président Pezeshkian.
  • Les nouvelles sanctions américaines, annoncées lundi 25 août 2026, ciblent les partenaires commerciaux de l’Iran (Chine, Russie, Émirats arabes unis) sur les secteurs de l’or, de la technologie, des actifs numériques et du transport maritime.
  • Le blocus naval américain des ports iraniens a empêché le pays d’importer suffisamment d’essence, aggravant les tensions sur les réserves nationales, selon le vice-président iranien Mohammad Jafar Ghaempanah.
  • Téhéran assure que les pressions économiques n’obtiendront « rien » et que la Chine « défendra fermement » ses intérêts avec l’Iran.

Un durcissement des sanctions ciblant les partenaires de l’Iran

Lundi 25 août 2026, le ministère américain des Finances, Scott Bessent, a présenté un nouveau train de sanctions dites « secondaires », évitant une fois de plus de frapper directement l’Iran — déjà sous embargo depuis des décennies. Comme le rapporte le Figaro, ces mesures visent les entreprises étrangères commerçant avec Téhéran, notamment en Chine, premier partenaire économique du pays. Les secteurs concernés incluent l’or, les technologies avancées, les cryptomonnaies, l’aviation et le fret maritime.

Ces sanctions s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, où la guerre a débuté le 28 février 2026 après des frappes israéliennes et américaines contre des cibles iraniennes. Selon les chiffres cités par Massoud Pezeshkian, les échanges commerciaux de l’Iran ont reculé de 25 à 35 %, une baisse qui touche autant les exportations — notamment de pétrole — que les importations de biens essentiels.

L’essence, un enjeu politique et économique majeur

Le pays, qui subventionne fortement l’essence depuis des années, impose des quotas stricts pour limiter la consommation. Toute hausse des prix serait politiquement explosive, rappelle le président iranien. « Le prix de l’essence devrait finir par augmenter d’une manière ou d’une autre », a-t-il prévenu, évoquant une « insuffisance » de la production nationale. Cette situation est aggravée par le blocus naval américain des ports iraniens, mis en place en représailles au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran. « Nous n’avons pas pu importer assez d’essence pour compenser », a souligné mercredi 27 août le vice-président iranien Mohammad Jafar Ghaempanah.

Ce blocage illustre la stratégie de Washington : affaiblir l’Iran en asphyxiant son économie, alors que les tensions régionales s’enlisent. Malgré ces pressions, Téhéran affirme que ses réserves stratégiques lui permettent de tenir, même si la population commence à ressentir les effets de l’inflation et des pénuries.

Téhéran rejette l’efficacité des sanctions et mise sur ses alliés

Considéré comme un modéré au sein du régime iranien, Massoud Pezeshkian avait déjà reconnu la semaine dernière que le pays faisait face à « de nombreuses difficultés économiques ». Pourtant, il a réaffirmé que les États-Unis n’obtiendraient « rien » avec ces mesures coercitives. « Remettre la diplomatie sur les rails n’est pas impossible », a de son côté déclaré vendredi 29 août le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. « Cela dépend de la compréhension, par les États-Unis, d’un fait simple : la pression ne fonctionne pas. »

La Chine, principale cible des sanctions secondaires, a réagi en promettant de « défendre fermement » ses intérêts économiques avec l’Iran. Pékin, qui importe du pétrole iranien à prix réduit et investit massivement dans les infrastructures du pays, reste un allié clé pour Téhéran. Cette solidarité économique pourrait atténuer, du moins partiellement, l’impact des mesures américaines.

Et maintenant ?

La question reste entière quant à l’évolution de la crise. Les prochaines semaines pourraient voir une aggravation des pénuries en Iran, notamment si le blocus des ports se poursuit. Par ailleurs, la réponse de l’Europe — qui pourrait se distancier davantage des États-Unis pour préserver ses intérêts — sera déterminante. Une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE est prévue début septembre 2026, mais aucun calendrier précis n’a encore été annoncé pour des négociations directes entre Téhéran et Washington.

Dans ce contexte, l’Iran mise sur sa capacité à résister à la pression, tandis que ses partenaires commerciaux évaluent les risques d’une confrontation prolongée avec les États-Unis. La stabilité économique du pays dépendra largement de l’équilibre entre sanctions, contournement des embargos et soutien extérieur.

Washington évite de frapper directement l’Iran pour ne pas déclencher une crise diplomatique majeure ou une réaction militaire. Les sanctions « secondaires » permettent de punir les entreprises étrangères commerçant avec Téhéran, sous peine de perdre l’accès au marché américain. Cette stratégie vise à isoler économiquement l’Iran sans en assumer la responsabilité directe.