Le saumon, souvent présenté comme un aliment sain et riche en oméga-3, pourrait en réalité cacher des risques pour la santé selon une alerte lancée par une experte. Esther Dufaur, cofondatrice de l’ONG Seastemik, met en garde contre les dangers potentiels liés à la consommation de saumon d’élevage, notamment en raison de la présence de PCB (polychlorobiphényles) et d’une alimentation végétalisée des poissons. Comme le rapporte Top Santé, cette mise en lumière remet en question l’image positive traditionnellement associée à ce poisson.
Ce qu'il faut retenir
- Le saumon d’élevage contient des PCB, des polluants persistants dans l’environnement, selon l’ONG Seastemik
- L’alimentation végétale des saumons d’élevage est pointée du doigt pour ses impacts potentiels sur la santé
- Esther Dufaur, cofondatrice de Seastemik, alerte sur un risque accru par rapport aux bénéfices supposés du poisson
- Les PCB sont des substances chimiques interdites mais persistantes, accumulées dans les chaînes alimentaires aquatiques
Un poisson sous surveillance : le saumon d’élevage dans le collimateur
Longtemps perçu comme une alternative saine aux viandes rouges, le saumon d’élevage voit son image écornée par une expertise scientifique et associative. Esther Dufaur, cofondatrice de l’ONG Seastemik spécialisée dans la protection des écosystèmes marins, a tiré la sonnette d’alarme sur les risques liés à sa consommation. Dans ses déclarations rapportées par Top Santé, elle souligne que les bénéfices nutritionnels souvent mis en avant – comme la teneur en oméga-3 – pourraient être largement contrebalancés par les effets néfastes des contaminants accumulés dans la chair des poissons.
Le point central de cette critique repose sur deux éléments majeurs : la présence de PCB et le mode d’alimentation des saumons d’élevage. Les polychlorobiphényles, des composés chimiques autrefois largement utilisés dans l’industrie avant d’être interdits pour leur toxicité, restent présents dans l’environnement en raison de leur persistance. Ils s’accumulent dans les tissus des poissons, notamment ceux élevés en milieu confiné où les risques de contamination sont accrus.
Une alimentation végétale qui interroge
Un autre aspect soulevé par Esther Dufaur concerne l’alimentation des saumons d’élevage, de plus en plus composée de protéines végétales. Si cette tendance vise à réduire la pression sur les ressources marines et à limiter l’empreinte carbone de la filière, elle soulève des questions sur la qualité nutritionnelle du produit final. Les saumons nourris principalement à base de soja ou de colza pourraient en effet présenter une teneur moins optimale en certains nutriments essentiels, comme les oméga-3 d’origine marine.
Selon les données citées par l’experte, cette transformation de l’alimentation des poissons s’accompagne d’une réduction de leur teneur en acides gras bénéfiques pour la santé cardiovasculaire. « Les saumons élevés de cette manière perdent une partie de leurs qualités nutritionnelles intrinsèques », a-t-elle expliqué. Pour autant, les industriels du secteur défendent cette pratique comme une solution durable face à la surpêche et aux enjeux climatiques.
« On nous vend un produit sain, mais les risques liés aux PCB et aux carences nutritionnelles créées par une alimentation végétale déséquilibrée sont bien réels. Autant dire que les bénéfices ne sont pas aussi évidents qu’on le prétend. »
— Esther Dufaur, cofondatrice de Seastemik
Des alternatives existent, mais restent méconnues
Face à ces constats, les consommateurs pourraient s’interroger sur les alternatives disponibles. Les saumons sauvages, pêchés en milieu naturel, sont souvent cités comme une option plus sûre, bien que plus coûteuse et moins accessible. Cependant, même ces poissons ne sont pas exempts de risques, notamment en raison de la pollution généralisée des océans. Seastemik recommande ainsi de diversifier les sources de protéines marines et de privilégier, lorsque c’est possible, les circuits courts et les labels garantissant des pratiques d’élevage plus respectueuses de l’environnement.
Une autre piste évoquée par l’ONG consiste à renforcer les contrôles sanitaires sur les élevages et à imposer des seuils plus stricts pour les contaminants comme les PCB. « Il est urgent d’agir sur la réglementation pour protéger les consommateurs », a insisté Esther Dufaur. Des démarches qui pourraient, à terme, faire évoluer les pratiques de l’industrie aquacole française et européenne.
Alors que les débats sur l’alimentation saine et durable s’intensifient, cette alerte rappelle l’importance de s’informer précisément avant de faire ses choix de consommation. Une chose est sûre : le saumon, qu’il soit d’élevage ou sauvage, n’a pas fini de faire parler de lui.
Les PCB sont des polluants organiques persistants reconnus pour leurs effets toxiques sur la santé, notamment en cas d’exposition prolongée. Ils sont classés comme cancérogènes possibles par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et peuvent affecter le système immunitaire, le développement neurologique et la fertilité. Leur présence dans le saumon d’élevage s’explique par leur accumulation dans les chaînes alimentaires aquatiques, amplifiée par les conditions d’élevage intensif.