La fédération sud-coréenne de football (KFA) s’est excusée publiquement ce samedi 8 août 2026 après qu’un scandale a éclaté, l’accusant d’avoir financé des « services sexuels » pour une douzaine d’arbitres étrangers entre 2011 et 2012. Selon RMC Sport, c’est le média coréen JTBC qui a révélé l’affaire dans une enquête approfondie cette semaine, mettant en lumière des pratiques jugées inacceptables par l’institution.
Ce qu'il faut retenir
- Une douzaine d’arbitres ont bénéficié de prestations payées par la KFA via des cartes de crédit d’entreprise entre 2011 et 2012.
- Ces services, incluant des massages à caractère sexuel, ont été attribués lors de déplacements officiels de ces arbitres pour des matchs de la sélection sud-coréenne.
- Sept rencontres sont concernées, dont certaines qualifications pour la Coupe du monde 2014.
- La KFA a présenté ses excuses, précisant que de telles pratiques n’ont plus cours aujourd’hui.
- Une enquête parlementaire et une perquisition ont révélé ces faits remontant à plus de dix ans, méconnus de nombreux membres actuels de la fédération.
Dans un communiqué diffusé ce week-end, la KFA a reconnu avoir utilisé ses cartes bancaires professionnelles pour régler des prestations dans des salons de massage proposant des services sexuels à l’étranger. « L’association tient à préciser que ce genre de comportement inapproprié, ou l’utilisation de cartes d’entreprise à de telles fins, n’a absolument pas lieu actuellement », a déclaré la fédération, citée par Reuters et traduite pour les médias internationaux.
Cette affaire éclate alors que la KFA est déjà sous le feu des projecteurs pour une autre enquête, cette fois concernant la nomination controversée du sélectionneur national Hong Myong-bo en 2024. Selon Reuters, les autorités coréennes ont perquisitionné les locaux de la fédération jeudi 6 août 2026, recherchant des éléments prouvant que l’ancien entraîneur aurait bénéficié d’un traitement de faveur pour son retour à la tête de l’équipe. L’enquête porte notamment sur le processus de sélection, jugé « anormalement rapide » par les médias locaux.
La révélation de ces pratiques intervient dans un contexte déjà tendu pour la fédération. « Nous présentons nos plus sincères excuses pour les inquiétudes suscitées par divers problèmes concernant l’association », a indiqué la KFA. Elle ajoute : « Ces événements, remontant à plus de dix ans, dont même de nombreux membres de l’organisation n’avaient pas connaissance, ont émergé d’une audition parlementaire et d’une perquisition sans précédent. » La fédération souligne que ces agissements ne reflètent pas les valeurs actuelles de l’institution.
Une affaire révélée par une enquête parlementaire et une perquisition
L’origine de cette révélation remonte à une perquisition menée par les forces de l’ordre sud-coréennes dans les locaux de la KFA. Cette opération, ordonnée dans le cadre d’une enquête plus large sur la gestion de la fédération, a permis de mettre au jour des documents et des témoignages accablants. Selon JTBC, ces éléments pointent vers une pratique systématique de paiement de services sexuels à des arbitres internationaux, visant à influencer favorablement leurs décisions lors des matchs disputés en Corée du Sud.
Parmi les sept matchs concernés, plusieurs étaient décisifs pour la qualification à la Coupe du monde 2014, organisée au Brésil. Les arbitres en question officiaient alors sous contrat avec la FIFA, ce qui soulève des questions sur l’intégrité des compétitions et le respect des règles éthiques dans le football mondial. À ce stade, aucune sanction n’a encore été prononcée contre la KFA, mais les autorités sportives sud-coréennes et internationales pourraient être amenées à réagir dans les prochaines semaines.
La nomination de Hong Myong-bo au cœur d’une autre polémique
Parallèlement à l’affaire des services sexuels, la fédération sud-coréenne est accusée d’avoir favorisé la nomination de Hong Myong-bo comme sélectionneur national en 2024. Selon Reuters, l’enquête porte sur les conditions de son retour à la tête de l’équipe, après seulement une « brève réunion » de sélection, alors que plusieurs entraîneurs étrangers étaient en lice depuis des mois. Les autorités judiciaires ont saisi des documents et des échanges internes pour déterminer si des pressions ou des arrangements ont été exercés.
Cette double polémique intervient dans un contexte déjà fragilisé pour la KFA, qui fait face à une crise de confiance parmi les supporters et les médias locaux. La fédération, qui avait déjà été secouée par des affaires de corruption par le passé, tente de restaurer son image en présentant ses excuses et en promettant des réformes internes. Cependant, la transparence de ces mesures reste à prouver, alors que les enquêtes judiciaires et parlementaires se poursuivent.
La FIFA et les instances internationales pourraient réagir
Les révélations concernant la KFA pourraient avoir des répercussions au-delà des frontières sud-coréennes. La FIFA, instance dirigeante du football mondial, a toujours affiché une tolérance zéro envers les pratiques de corruption et les atteintes à l’éthique sportive. Si l’implication d’arbitres dans des affaires de ce type était avérée, cela pourrait entraîner des sanctions sportives contre la fédération sud-coréenne, allant de l’amende à l’exclusion temporaire de compétitions internationales.
Par ailleurs, les instances asiatiques, comme la Confédération asiatique de football (AFC), pourraient être contraintes d’ouvrir leur propre enquête. Une telle situation rappelle l’affaire des « matchs truqués » qui avait touché plusieurs pays asiatiques il y a une décennie, et dont les échos résonnent encore aujourd’hui dans le monde du football. La KFA, de son côté, affirme être pleinement coopérative avec les autorités et prête à assumer les conséquences de ses actes, si nécessaire.
La crédibilité du football sud-coréen, souvent salué pour ses performances en Asie et ses jeunes talents, pourrait être durablement affectée par ces révélations. La KFA, qui a promis de tirer les leçons du passé, devra démontrer une volonté réelle de changement pour regagner la confiance des supporters et des partenaires internationaux. Reste à voir si ces promesses se traduiront par des actes concrets dans les mois à venir.
La FIFA pourrait prendre plusieurs mesures, allant de simples amendes à des sanctions sportives comme l’exclusion temporaire de compétitions internationales. Une enquête interne serait d’abord menée pour évaluer la gravité des faits. Selon les statuts de la FIFA, les atteintes à l’éthique et à l’intégrité du football sont passibles de suspensions, voire d’exclusion des compétitions officielles.
Pour l’heure, la fédération sud-coréenne n’a pas évoqué de changement à la tête de la sélection. Cependant, les résultats de l’enquête sur sa nomination pourraient remettre en cause sa position. Une décision pourrait être prise d’ici la fin de l’année 2026, en fonction des preuves recueillies par les autorités judiciaires.