Selon BFM Bourse, le géant français des équipements électriques Schneider Electric a publié des résultats semestriels bien supérieurs aux attentes, confirmant ainsi sa résilience après un premier trimestre difficile. Le groupe, cinquième capitalisation du CAC 40, affiche une croissance organique de 14 % sur les six premiers mois de l’année, portée par une activité « record » au deuxième trimestre. Ces performances ont permis à l’action de bondir de 6,4 % à la Bourse de Paris, contribuant à la dynamique positive du CAC 40.

Ce qu'il faut retenir

  • Croissance organique du chiffre d’affaires de 14 % au premier semestre, dépassant les attentes du marché.
  • Chiffre d’affaires semestriel à 21,226 milliards d’euros, en hausse de 9,8 % en données publiées.
  • Résultat opérationnel ajusté (Ebita) de 4,093 milliards d’euros, en progression de 16,6 %.
  • Relevement des objectifs annuels : croissance organique du chiffre d’affaires entre 10 % et 13 % (contre 7 %-10 % précédemment).
  • Marge opérationnelle ajustée à 19,3 %, dépassant les prévisions des analystes.
  • L’action en hausse de 15,2 % depuis le 1er janvier 2026, surperforment largement le CAC 40 (+3,8 %).

Un premier semestre marqué par une reprise solide

Schneider Electric, spécialiste des solutions d’efficacité énergétique et d’automatisation industrielle, a enregistré un chiffre d’affaires semestriel de 21,226 milliards d’euros, en progression de 9,8 % en données publiées. En données organiques – excluant les variations de change et de périmètre –, la croissance atteint 14 %, un niveau supérieur aux attentes du consensus établi par Citi, qui tablait sur 11 % et un chiffre d’affaires de 20,66 milliards d’euros. Cette performance s’explique notamment par un deuxième trimestre exceptionnel, avec un chiffre d’affaires de 11,5 milliards d’euros, en hausse organique de 16,5 %.

Selon les analystes d’Oddo BHF, « le secteur du bâtiment a connu un deuxième trimestre consécutif de forte demande, porté par le non-résidentiel ». L’automatisation industrielle a progressé de 11 % en croissance organique, tandis que l’activité « energy management », dédiée à la réduction des émissions énergétiques des entreprises, a enregistré une hausse de 18 % au deuxième trimestre. Cette division, qui représente un enjeu stratégique pour Schneider Electric, illustre la diversification du groupe vers des solutions durables.

Une performance géographique inégale, mais globalement positive

La croissance a été particulièrement marquée en Amérique du Nord, avec une progression organique de 23 % sur le trimestre, dont une hausse de près de 25 % pour l’activité « gestion de l’énergie ». La Chine et l’Asie de l’Est ont également affiché une croissance organique de 20 %, confirmant l’expansion du groupe sur les marchés asiatiques. En revanche, l’Europe de l’Ouest, pénalisée par la faiblesse du bâtiment résidentiel, reste un point de vigilance, bien que le groupe ait su limiter l’impact grâce à ses autres segments d’activité.

Schneider Electric confirme ainsi son statut de première « valeur IA » du CAC 40, une thématique liée à ses solutions pour centres de données, onduleurs et systèmes de refroidissement. Cette exposition aux tendances structurelles de la digitalisation et de l’efficacité énergétique renforce sa position sur les marchés financiers.

Des marges et un résultat net au-dessus des attentes

Le résultat opérationnel ajusté (Ebita) s’élève à 4,093 milliards d’euros, en hausse de 16,6 % en données publiées et de 22,1 % en organique. La marge opérationnelle ajustée atteint 19,3 %, soit 110 points de base au-dessus des attentes du consensus, et 120 points de base en organique. Cette performance s’explique par un effet de levier opérationnel marqué, une amélioration de la marge brute et des gains d’efficacité. Le résultat net part du groupe progresse quant à lui de 30,1 %, pour atteindre 2,488 milliards d’euros, dépassant les prévisions de 2,354 milliards d’euros.

« Le fait d’avoir dépassé les attentes en matière de marge, puis d’avoir également relevé ses prévisions, démontre selon nous clairement que les performances opérationnelles ont retrouvé le niveau auquel les investisseurs étaient habitués », a déclaré Barclays, qui considère Schneider Electric comme une entreprise de grande qualité. Royal Bank of Canada partage cette analyse, soulignant que « le marché final bénéficie d’une forte exposition aux tendances de croissance structurelles, notamment les centres de données », et voit un potentiel de hausse des bénéfices à moyen terme.

Des objectifs annuels revus à la hausse

Fort de ces résultats, Schneider Electric a relevé ses prévisions pour l’ensemble de l’année. La croissance organique du chiffre d’affaires est désormais attendue entre 10 % et 13 %, contre une fourchette précédente de 7 % à 10 %. La cible de croissance organique de l’Ebita ajusté est également rehaussée, passant de 10 %-15 % à 14 %-19 %, tandis que la marge opérationnelle ajustée est désormais projetée entre 19,4 % et 19,7 %, contre 19,1 %-19,4 % auparavant. Ces ajustements, anticipés par Deutsche Bank et Barclays, reflètent la confiance du groupe dans la poursuite de sa dynamique.

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour Schneider Electric, alors que le groupe devra confirmer sa capacité à maintenir sa croissance dans un contexte économique encore marqué par des incertitudes, notamment en Europe de l’Ouest. La publication de ses résultats trimestriels à venir, prévue pour octobre 2026, sera scrutée de près par les investisseurs. Par ailleurs, l’évolution des marges et la gestion des coûts resteront des indicateurs clés pour évaluer la solidité de sa reprise. Enfin, la poursuite de son expansion en Asie et en Amérique du Nord pourrait jouer un rôle majeur dans la consolidation de sa position de leader sur les marchés de l’efficacité énergétique.

À la Bourse de Paris, l’annonce a été accueillie avec enthousiasme : l’action a progressé de 6,4 % en matinée, contribuant à la hausse du CAC 40 ce 30 juillet 2026. Avec une capitalisation boursière de plus de 100 milliards d’euros, Schneider Electric confirme ainsi sa place parmi les valeurs phares du marché français, juste derrière TotalEnergies. La société, qui s’appuie sur des tendances structurelles comme la digitalisation et la transition énergétique, reste bien positionnée pour profiter des opportunités à venir.

Schneider Electric est exposé à la thématique de l’intelligence artificielle via ses solutions dédiées aux centres de données. Le groupe propose notamment des onduleurs, des suites logicielles et des systèmes de refroidissement, essentiels à l’efficacité énergétique et au fonctionnement des infrastructures digitales. Cette exposition en fait l’une des valeurs les plus représentatives de la croissance des data centers en Europe.

Le groupe devra maintenant concrétiser ses nouvelles prévisions lors des prochains trimestres. Les investisseurs surveilleront particulièrement l’évolution de ses marges et la dynamique de ses marchés géographiques, notamment en Europe de l’Ouest. La publication des résultats du troisième trimestre 2026, prévue en octobre, sera un moment clé pour évaluer la trajectoire du groupe.