Le directeur de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, Richard Descoings, avait souligné en 2001 l'insuffisance du concours en tant que seul critère d'admission. Cette remise en question de la méritocratie mettait en lumière les limites de l'émancipation sociale. Les conventions d'éducation prioritaire (CEP) n'étaient pas des faveurs accordées, mais une reconnaissance des lacunes du système.

Ce qu'il faut retenir

  • Les CEP ont permis l'intégration de près de 2 400 étudiants à Sciences Po
  • La part des admis par la voie CEP issus des classes populaires a chuté de 38 % à 29 % en un an
  • Les nouvelles procédures favorisent ceux qui maîtrisent déjà les codes institutionnels

Une évolution inquiétante

Depuis l'intégration de Sciences Po à Parcoursup en 2021, la part des candidats des classes populaires admis par la voie CEP a diminué de manière significative, passant de 38 % à 29 %. Cette évolution soulève des interrogations sur l'accès des étudiants précaires à l'institution.

Le retour aux épreuves écrites standardisées

La réforme prévue pour 2026, incluant le rétablissement d'épreuves écrites standardisées, suscite des inquiétudes. En effet, ces épreuves pourraient réintroduire des barrières culturelles et favoriser les élèves ayant bénéficié d'une préparation renforcée. Elles pourraient ainsi aller à l'encontre de l'objectif initial des CEP, qui visait à garantir une égalité des chances.

Et maintenant ?

Il est crucial de surveiller de près l'impact de ces changements sur l'accès des étudiants précaires à Sciences Po. Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer l'évolution de la diversité sociale au sein de l'institution.