Le mois de juillet 2026 restera marqué comme le plus chaud et l’un des plus secs enregistrés en France depuis 1900. Selon Franceinfo - Santé, cette situation climatique exceptionnelle perturbe fortement les productions maraîchères, notamment celles des salades. Avec 25 % de pertes déjà constatées chez les producteurs, les rayons des supermarchés et les étals des marchés commencent à se vider.
Ce qu'il faut retenir
- 25 % de pertes pour les producteurs de salades en juillet 2026, un niveau inédit depuis des décennies.
- 16 % d’augmentation des prix de la laitue sur un an, reflétant la raréfaction de l’offre.
- Des salades raides et impropres à la consommation, avec des feuilles durcies par la chaleur, selon les témoignages des consommateurs.
- 30 centimes de hausse sur le prix de vente chez certains détaillants, en raison du changement de fournisseur.
- Une situation exceptionnelle pour les grandes surfaces, certaines ne recevant plus aucune livraison de salades en sachet.
Des étals clairsemés et des produits de moindre qualité
Les fortes chaleurs et le manque d’eau ont eu raison des cultures de laitues, batavias et autres salades. À Poissy, dans les Yvelines, une consommatrice habituée du marché local témoigne de cette pénurie : « Celle-là, c’est la première salade que je vais manger depuis plusieurs jours. Justement, à cause de la sécheresse, il y en avait très peu. Les dernières que j’avais eues avant étaient dures, elles n’étaient pas bonnes. Les feuilles, quand on les touchait, elles étaient raides », rapporte-t-elle.
Cette situation ne se limite pas à une région. En effet, les maraîchers du Nord, comme ceux de Sin-le-Noble, subissent également les conséquences de cette sécheresse. Leurs cultures présentent des pousses difficiles et des feuilles brûlées par les températures excessives. « On n’hésite pas à arroser tous les deux jours. Mais là, on est montés à des températures excessives. Donc la plante, elle souffre », explique Claude Boutry, un producteur local.
Une flambée des prix qui reflète l’ampleur de la crise
Les prix des salades ont augmenté de 16 % sur un an, selon les données de France Agrimer. Cette hausse s’explique par la rareté des produits et le recours à des fournisseurs alternatifs, souvent plus onéreux. Oussama Krefa, un vendeur sur un marché de Poissy, en fait les frais : « C’est 1,80 euro, avant c’était 1,50 euro la salade. Ce n’est pas le même producteur, je les paye plus cher », précise-t-il.
Dans les grandes surfaces, la situation n’est pas meilleure. Un supermarché du Nord affiche complet sur les salades en sachet. « On a des affiches à poser. À cause des fortes chaleurs, on n’est pas livrés en salades. La situation est assez exceptionnelle », indique Florent Roger, manager de la zone marché chez Carrefour.
Une laitue particulièrement vulnérable aux aléas climatiques
Parmi les salades, la laitue est la plus sensible aux variations de température et au manque d’eau. « Quand on tourne à 5-6 % de perte, c’est beau. Et là, on va être à 25 % », estime Claude Boutry. Dans certaines exploitations dépourvues de systèmes d’irrigation, les pertes pourraient même atteindre 100 %, mettant en péril la survie de ces cultures.
Les professionnels du secteur alertent sur l’urgence de trouver des solutions pour limiter l’impact de ces épisodes de sécheresse à répétition. Sans système d’arrosage adapté, les rendements pourraient continuer à chuter, aggravant encore la pénurie.
Des perspectives incertaines pour les prochaines semaines
La situation actuelle pourrait se prolonger si les conditions météorologiques ne s’améliorent pas. Les prévisions saisonnières indiquent que les températures resteront élevées dans les semaines à venir, ce qui ne favorisera pas le rétablissement des cultures.
Les acteurs de la filière maraîchère appellent à une meilleure gestion de l’eau et à l’adoption de techniques culturales plus résilientes. « Les plantes ont besoin d’un équilibre entre chaleur et hydratation. Sans cela, elles ne peuvent pas se développer correctement », rappelle Claude Boutry.
Par ailleurs, la crise actuelle soulève des questions plus larges sur l’adaptation de l’agriculture française aux changements climatiques. Les experts s’accordent à dire que ces épisodes de sécheresse pourraient devenir plus fréquents, obligeant les producteurs à repenser leurs méthodes de culture.
La laitue et les autres salades ont des feuilles fines et une racine superficielle, ce qui les rend particulièrement vulnérables au manque d’eau. Une exposition prolongée à des températures élevées provoque un stress hydrique, rendant les feuilles raides et impropres à la consommation.