Alors que la saison sportive reprend à l’échelle amateur dans l’Ouest, de nombreux clubs alertent sur l’état déplorable des pelouses. D’après Ouest France, les canicules répétées et le manque d’eau ont transformé certains « rectangles verts » en surfaces quasi impraticables. Entre gazons jaunis et sols durcis, la reprise des entraînements et des matchs s’annonce compliquée pour des centaines d’équipes.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 300 terrains en Bretagne, Pays de la Loire et Normandie sont concernés par des restrictions d’usage, selon les ligues régionales.
- Les clubs évoquent des coûts de rénovation multipliés par deux ou trois en raison des matériaux devenus rares.
- Les prévisions météo pour les prochains mois laissent craindre une poursuite des épisodes de sécheresse.
Des pelouses devenues impraticables, une saison sportive menacée
Dans les clubs amateurs de l’Ouest, la rentrée sportive est synonyme d’inquiétude. Certains terrains, autrefois couverts d’un gazon dense et uniforme, ressemblent désormais à des déserts de terre craquelée. « On ne peut plus jouer dessus sans risquer d’aggraver les fissures », confie le président d’un club de football en Ille-et-Vilaine. Les arbitres, confrontés à des surfaces inégales, refusent parfois de siffler les matchs, par sécurité. « C’est une situation inédite : on a des terrains qui se transforment en galets en quelques semaines », explique un entraîneur de rugby en Loire-Atlantique.
Des clubs sous pression face à l’urgence climatique
Les responsables des clubs pointent du doigt les conséquences directes du réchauffement climatique. « Les canicules de juin et juillet ont achevé ce que la sécheresse avait commencé », précise le secrétaire de la Ligue de Bretagne de football. Les budgets des petites structures, souvent dépendantes des subventions municipales, peinent à suivre. Certains envisagent même de délocaliser leurs matchs sur des terrains artificiels, une solution coûteuse et controversée. « À 5 000 euros le mètre carré pour un gazon synthétique, c’est un luxe inaccessible pour la majorité d’entre nous », déplore un dirigeant de club de l’Orne.
Quelles solutions pour les clubs amateurs ?
Face à l’ampleur du phénomène, plusieurs pistes sont évoquées. Les ligues régionales étudient la possibilité d’adapter les horaires des matchs, en privilégiant les créneaux tôt le matin ou en soirée pour limiter l’évaporation. D’autres misent sur des techniques de réhabilitation accélérée, comme l’arrosage nocturne ou l’utilisation de produits hydro-rétenteurs. « On teste des mélanges de graines plus résistantes à la sécheresse, mais le résultat n’est pas toujours à la hauteur », admet un responsable technique. Certains clubs, comme celui de Saint-Brieuc, ont même dû reporter leur premier match de championnat en raison d’un terrain jugé trop abîmé.
La question dépasse le cadre sportif : elle interroge la capacité des collectivités à s’adapter à un climat de plus en plus sec. Entre restrictions budgétaires et priorités locales, l’enjeu est de taille pour des milliers de pratiquants, souvent bénévoles, qui voient leur passion menacée par des aléas climatiques qu’ils ne maîtrisent pas.
Oui, certaines collectivités proposent des subventions, mais elles restent limitées et souvent insuffisantes face à l’ampleur des besoins. La Fédération française de football a indiqué qu’elle étudiait des dispositifs d’urgence pour les clubs les plus touchés.