Des équipes de secours européennes venues de France, du Royaume-Uni et d’Espagne sont arrivées mardi 8 juillet au Venezuela pour participer aux opérations de recherche et de sauvetage après les puissants séismes qui ont frappé le pays le 24 juin, faisant plus de 1 700 morts, selon Euronews FR.

Ces secousses, d’une magnitude de 7,2 et 7,5, sont les plus violentes à avoir touché ce pays d’Amérique du Sud depuis plus d’un siècle. Elles ont provoqué d’énormes dégâts matériels et humaines, avec des dizaines de milliers de disparus et des milliers de blessés. Les opérations de recherche s’organisent alors que le délai critique des 72 heures pour retrouver des survivants sous les décombres est désormais dépassé.

Ce qu'il faut retenir

  • Arrivée mardi 8 juillet de neuf secouristes européens (France, Royaume-Uni, Espagne) pour rechercher des victimes sous les décombres.
  • Plus de 1 700 morts et 5 000 blessés officiellement recensés, avec des dizaines de milliers de disparus selon des estimations non officielles.
  • Les séismes, d’une magnitude de 7,2 et 7,5, sont les plus puissants au Venezuela depuis plus d’un siècle.
  • Les équipes disposent d’équipements spécialisés, comme des géophones, pour détecter d’éventuels survivants sous les débris.
  • L’armée américaine a rétabli l’accès au port de La Guaira, stratégique pour l’acheminement de l’aide humanitaire.
  • Les données satellites de la NASA estiment à 58 870 le nombre de bâtiments endommagés ou détruits dans la zone sinistrée.

Une mission de sauvetage lancée alors que le délai critique est passé

Les neuf membres de la mission européenne, issus de groupes spécialisés dans les catastrophes naturelles, ont pour objectif principal de localiser et d’extraire les victimes encore ensevelies sous les décombres. « L’objectif de la mission, nous sommes actuellement neuf, est précisément d’aller chercher des victimes sous les décombres. Nous disposons d’équipements qui nous permettent de détecter des victimes ensevelies qui sont encore en vie, et je crois qu’il y en a encore beaucoup sous les débris », a déclaré Thierry Velu, fondateur du groupe français de secours en cas de catastrophe GSCF.

Les spécialistes rappellent que les 72 premières heures après une catastrophe de cette ampleur sont déterminantes pour sauver des vies. Or, cette fenêtre critique s’est refermée samedi 5 juillet à 18 h 04, selon les horaires locaux. Malgré cela, les équipes continuent leurs recherches avec des outils adaptés, comme des géophones, capables d’amplifier les signaux sonores à plusieurs mètres de distance. « Nous avons aussi un géophone, qui est en quelque sorte un stéthoscope numérique. Nous allons écouter le moindre signal, le moindre coup, la moindre voix, à plusieurs mètres de distance », explique Mario Lopez, chef de l’équipe espagnole.

Le port de La Guaira rouvert, l’aide humanitaire s’organise

Cinq jours après les séismes, les opérations de secours se concentrent désormais sur la récupération des corps, alors que l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise. L’armée américaine a contribué à la réparation et à la réouverture du port de La Guaira, situé dans la zone la plus touchée du Venezuela. Ce port, stratégique pour l’acheminement de l’aide, a été remis en service lundi 6 juillet, au moment où les autorités commençaient à enterrer les victimes.

Sur place, un entrepôt abrite des centaines de corps non identifiés, placés dans des housses mortuaires blanches et noires, ainsi que quelques cercueils. Le USS Fort Lauderdale, un navire américain, était amarré et déchargeait du matériel d’urgence. Des dizaines de proches, venus des régions dévastées, attendaient devant la morgue improvisée l’identification de leurs proches, tandis que des équipes médico-légales en uniforme bleu examinaient les dépouilles.

Des dégâts matériels colossaux et une population traumatisée

Selon une évaluation préliminaire de la NASA, basée sur des données satellites recueillies le 25 juin, environ 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits dans la zone sinistrée. Ces chiffres, issus du satellite Sentinel-1 de l’Agence spatiale européenne, reflètent des changements brutaux de surface compatibles avec des dommages structurels. « Il s’agit d’une évaluation préliminaire et rapide. Elle reflète des changements brutaux de surface compatibles avec des dommages », précisent les chercheurs Corey Scher et Jamon Van Den Hoek, de l’université d’État de l’Oregon.

Le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, Jorge Rodriguez, a indiqué lundi que 855 bâtiments avaient été endommagés, dont 189 effondrements complets. Les autorités locales peinent à communiquer sur l’ampleur réelle des dégâts, et les estimations officielles ne mentionnent toujours pas le nombre de disparus, bien que des sources non gouvernementales évoquent des dizaines de milliers de personnes portées disparues.

À proximité des décombres, des secouristes et des volontaires continuent de fouiller les immeubles effondrés, mais les chances de retrouver des survivants restent faibles. Une nouvelle secousse de magnitude 4,6 a encore ébranlé la région lundi, ravivant la peur au sein de la population déjà traumatisée.

Les États-Unis mobilisés pour rétablir les infrastructures vitales

En plus de l’ouverture du port de La Guaira, des aviateurs américains participent au rétablissement du trafic à l’aéroport international Simon-Bolivar, près de Caracas. Cet aéroport, gravement endommagé par les séismes, joue un rôle clé dans l’acheminement des secours et de l’aide humanitaire.

Ces interventions américaines s’inscrivent dans le cadre d’une coopération internationale pour soutenir le Venezuela, alors que le pays fait face à l’une des pires catastrophes naturelles de son histoire récente. Les équipes de secours européennes, bien que réduites en nombre, apportent un soutien technique précieux grâce à leur expertise en matière de détection de victimes sous les décombres.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront décisives pour déterminer si de nouvelles victimes pourront être extraites des décombres, même si les chances diminuent avec le temps. Les autorités vénézuéliennes, soutenues par des organisations internationales, devraient prochainement publier un bilan définitif des victimes, incluant probablement le nombre de disparus. Par ailleurs, les opérations de reconstruction pourraient débuter une fois les secours terminés, mais leur ampleur dépendra des fonds disponibles et de la stabilité des infrastructures restantes.

Une conférence de presse est prévue demain mercredi 9 juillet à Caracas pour faire un point sur l’avancement des opérations de secours et les besoins humanitaires urgents.

Malgré la fermeture de la fenêtre critique des 72 heures, les équipes utilisent des équipements spécialisés comme les géophones, capables de détecter des signaux sonores ou des mouvements sous les décombres. De plus, des survivants pourraient encore être retrouvés dans des poches d’air ou des espaces protégés, même plusieurs jours après un séisme.