Un minéral encore sous-estimé dans notre alimentation pourrait jouer un rôle clé dans la vitesse à laquelle notre corps vieillit. D’après Top Santé, une vaste étude menée au Royaume-Uni révèle que l’apport optimal en sélénium pourrait faire gagner plusieurs années de vitalité, tandis qu’un déficit chronique risquerait d’accélérer le processus de vieillissement cellulaire. Les chercheurs britanniques ont analysé les données nutritionnelles de milliers de participants sur plus de deux décennies, afin de déterminer comment ce nutriment agit sur les mécanismes biologiques du vieillissement.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude britannique de grande envergure, portant sur des milliers de participants, montre que le sélénium influence la vitesse du vieillissement de l’organisme.
- Le nutriment, présent dans certains aliments, pourrait avoir un impact sur la durée de vie en agissant sur les cellules.
- Les chercheurs ont identifié une dose optimale quotidienne à respecter pour en tirer bénéfice.
- Un apport insuffisant en sélénium est associé à un vieillissement cellulaire accéléré.
Un nutriment aux effets mesurables sur la longévité
Le sélénium, oligo-élément présent naturellement dans certains aliments comme les noix du Brésil, les poissons ou les œufs, est depuis longtemps étudié pour ses propriétés antioxydantes. Comme le rapporte Top Santé, l’étude britannique, publiée en 2026, apporte des preuves tangibles de son influence sur la biologie du vieillissement. En analysant les marqueurs sanguins de vieillissement cellulaire chez plus de 6 000 adultes, les chercheurs ont constaté que les participants dont l’apport en sélénium se situait dans la fourchette recommandée présentaient des signes de vieillissement ralentis par rapport aux autres. Autant dire que ce nutriment, souvent négligé, pourrait bien figurer parmi les piliers d’une alimentation anti-âge.
Les résultats montrent également qu’un déficit prolongé en sélénium était corrélé à une augmentation des marqueurs inflammatoires, eux-mêmes liés à des maladies chroniques et au vieillissement accéléré. « Le sélénium agit comme un bouclier pour nos cellules », a déclaré le Dr. Emma Whitmore, principale auteure de l’étude, « en neutralisant les radicaux libres qui endommagent l’ADN et accélèrent le déclin des fonctions organiques. »
Quelle dose quotidienne pour en tirer bénéfice ?
Pour profiter pleinement des effets protecteurs du sélénium, les chercheurs britanniques recommandent un apport journalier de 55 à 70 microgrammes pour les adultes. Cette quantité correspond aux apports nutritionnels conseillés (ANC) en France et en Europe, mais l’étude révèle que près de 30 % de la population française serait en dessous de ce seuil. Les noix du Brésil, par exemple, contiennent à elles seules plus de 1 000 microgrammes de sélénium pour 100 grammes — une seule noix peut ainsi couvrir les besoins quotidiens. En revanche, les sols pauvres en sélénium, comme ceux de certaines régions d’Europe, peuvent rendre les aliments locaux moins riches en ce nutriment, d’où l’importance de diversifier son alimentation.
À l’inverse, un excès de sélénium — au-delà de 400 microgrammes par jour — peut entraîner des effets indésirables, comme des troubles digestifs ou une irritation cutanée. « L’équilibre est essentiel », a rappelé le Dr. Whitmore, « car comme souvent en nutrition, c’est la dose qui fait le poison. »
Un lien de cause à effet encore à approfondir
Si l’étude établit un lien statistique entre l’apport en sélénium et le vieillissement cellulaire, les mécanismes biologiques exacts restent partiellement incompris. Les chercheurs soulignent que d’autres facteurs, comme le mode de vie ou la génétique, pourraient moduler l’effet de ce nutriment. « Nous savons que le sélénium intervient dans la production de certaines enzymes antioxydantes, comme la glutathion peroxydase », a expliqué le Dr. Whitmore, « mais son rôle dans la régulation de l’expression des gènes liés au vieillissement nécessite encore des investigations. »
Les prochaines étapes consisteront à évaluer l’impact d’une supplémentation ciblée en sélénium chez des populations à risque, notamment les personnes âgées ou celles souffrant de carences avérées. En attendant, les auteurs de l’étude appellent à une meilleure sensibilisation sur l’importance de ce nutriment dans le cadre d’une alimentation équilibrée.
Le vieillissement est un processus complexe, influencé par de multiples facteurs, mais l’alimentation en constitue un levier accessible. Avec cette étude, le sélénium rejoint la liste des nutriments à surveiller pour qui souhaite vieillir en meilleure santé — à condition de ne pas tomber dans l’excès.
Les noix du Brésil arrivent en tête, avec une teneur moyenne de 1 000 microgrammes pour 100 grammes. Viennent ensuite les poissons (comme le thon ou la sardine), les crustacés, les œufs et certaines viandes. Les céréales complètes et les légumineuses en contiennent également, mais en quantités moindres.