Cinq sénateurs issus du Rassemblement national (RN) et de son allié l’Union des droites pour la République (UDR), soit dix élus au total, permettraient au groupe nationaliste de franchir le seuil nécessaire pour former une représentation officielle au Sénat. C’est l’objectif affiché par le parti d’extrême droite et son partenaire pour les prochaines élections sénatoriales, prévues en septembre 2026. Ces élections constituent une étape clé avant l’élection présidentielle de 2027, où Jordan Bardella et Marine Le Pen pourraient se présenter. Selon Le Figaro – Politique, cette campagne silencieuse repose sur une stratégie ciblée, notamment en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, où les chances de succès semblent les plus favorables.
Ce qu'il faut retenir
- Objectif : sept nouveaux sénateurs pour le RN et l’UDR, en plus des trois élus actuels, afin d’atteindre le seuil de dix sénateurs et former un groupe parlementaire.
- Cible prioritaire : la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, jugée favorable à l’alliance entre les deux formations.
- Ludovic Pajot, maire RN de Bruay-la-Buissière, pilote cette stratégie et confirme l’ambition affichée : « Notre objectif est clair : multiplier notre nombre de sénateurs et constituer enfin un groupe. »
- Les sénatoriales de 2023 avaient permis au RN d’élire trois sénateurs, une performance inédite pour le parti.
- L’UDR, dirigée par Éric Ciotti, s’allie au RN pour renforcer leur poids politique au Sénat.
Une alliance stratégique pour franchir un seuil symbolique
En France, un groupe parlementaire au Sénat nécessite un minimum de dix élus. Actuellement, le RN dispose de trois sénateurs, un nombre insuffisant pour former un groupe indépendant. L’UDR, créée par Éric Ciotti après sa rupture avec Les Républicains (LR), apporte un soutien logistique et politique à cette ambition. Ensemble, les deux formations espèrent remporter sept sièges supplémentaires lors du scrutin de septembre 2026. Cette alliance, bien que récente, pourrait redessiner les équilibres politiques à la chambre haute, traditionnellement dominée par la droite et la gauche modérées.
Les départements concernés par ce scrutin sont majoritairement favorables à l’extrême droite, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cette région, où l’influence du RN est forte, représente un terrain propice pour maximiser les gains électoraux. Les observateurs politiques soulignent que cette campagne, moins médiatisée que d’autres scrutins, repose sur un travail de terrain méthodique, porté par des figures locales comme Ludovic Pajot.
Ludovic Pajot, chef de file d’une campagne discrète mais déterminée
À seulement 34 ans, Ludovic Pajot, maire RN de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), s’est imposé comme l’un des principaux artisans de cette stratégie sénatoriale. Lors d’une conférence de presse dédiée au scrutin, il a réaffirmé la détermination de son parti : « Notre ambition est claire : multiplier notre nombre de sénateurs et constituer enfin un groupe. » Cette déclaration résume l’enjeu pour le RN, qui cherche à s’imposer comme une force politique majeure au Sénat, bien au-delà de ses bastions traditionnels.
L’alliance avec l’UDR, bien que récente, a été scellée sur la base d’intérêts communs : renforcer la représentation des droites radicales et préparer l’échéance présidentielle de 2027. Éric Ciotti, président de l’UDR, a multiplié les signaux d’ouverture envers le RN, malgré les tensions passées au sein de LR. Cette collaboration pourrait s’étendre au-delà des sénatoriales, notamment dans les départements où les deux formations sont en concurrence avec LR.
Un contexte politique sous haute tension
Les élections sénatoriales de 2026 interviennent dans un contexte politique particulièrement tendu. La montée en puissance du RN, illustrée par ses scores électoraux récents, inquiète une partie de la classe politique traditionnelle. En 2023, le parti avait réalisé une percée historique en obtenant trois sénateurs, un résultat qui avait surpris les observateurs. Depuis, le RN a consolidé ses positions locales et accru son influence médiatique, notamment grâce à la popularité de Jordan Bardella.
Pour l’UDR, cette alliance représente une opportunité de sortir de l’ombre. Éric Ciotti, qui a quitté LR en 2024 pour fonder son propre mouvement, mise sur cette collaboration pour peser davantage dans les débats nationaux. Les deux formations espèrent ainsi envoyer un signal fort à leurs électeurs, tout en préparant le terrain pour 2027. Reste à savoir si leur stratégie portera ses fruits dans les urnes.
Un enjeu plus large : la préparation de l’élection présidentielle
Au-delà des sénatoriales, cette stratégie s’inscrit dans une logique plus globale. Pour le RN, l’enjeu est de démontrer sa capacité à peser dans les institutions, au-delà des victoires électorales locales. Un groupe parlementaire au Sénat permettrait à Jordan Bardella de s’affirmer comme un candidat crédible pour 2027, en capitalisant sur une image de respectabilité institutionnelle. Pour l’UDR, l’alliance avec le RN est un pari risqué, mais potentiellement payant en termes de visibilité.
Les mois à venir seront décisifs. Les partis devront mobiliser leurs réseaux, séduire les électeurs modérés et convaincre les indécis. Si le RN et l’UDR réussissent leur pari, elles pourraient redessiner le paysage politique français, en faisant du Sénat un bastion de la droite radicale. Dans le cas contraire, l’alliance pourrait être remise en question, fragilisant les ambitions de ses dirigeants.
Une chose est sûre : les sénatoriales de 2026 ne seront pas un simple scrutin local. Elles pourraient préfigurer les grands équilibres de la future élection présidentielle.
Un groupe parlementaire permet à un parti de disposer d’une tribune officielle pour défendre ses idées, de bénéficier de moyens logistiques et financiers, et de peser davantage dans les débats et les votes. Il facilite aussi la reconnaissance médiatique et politique du parti concerné.
Selon Le Figaro – Politique, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est considérée comme la plus favorable à l’alliance RN-UDR. D’autres départements, notamment dans le Nord et l’Est, pourraient également être des cibles prioritaires pour le parti nationaliste.