Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé, lundi 1er juin 2026, la composition de son nouveau gouvernement, excluant cette fois-ci la participation du Pastef, le parti d’Ousmane Sonko. Selon RFI, cette décision survient après un désaccord public entre les deux hommes sur la sélection des membres de l’exécutif.

Ce qu'il faut retenir

  • Le président Bassirou Diomaye Faye a nommé un nouveau gouvernement le 1er juin 2026, sans inclure le Pastef.
  • Ousmane Sonko, dirigeant du Pastef et ancien Premier ministre, a exprimé un « désaccord » avec le chef de l’État sur la constitution de la liste ministérielle.
  • Le Pastef, parti historique de la majorité présidentielle, est ainsi écarté de la gouvernance actuelle.
  • La nomination a été officialisée par les services du gouvernement, selon les informations de RFI.

Une rupture politique après des mois de collaboration

Cette exclusion marque un tournant dans les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, deux figures centrales de la mouvance patriotique au Sénégal. Leur alliance avait permis, lors de l’élection présidentielle de 2024, une victoire historique contre la coalition au pouvoir. Pourtant, les tensions sont apparues ces dernières semaines, notamment autour de la répartition des postes ministériels. « Les désaccords entre les deux hommes portent sur la composition de la liste, » a précisé RFI, sans plus de détails.

Le Pastef, un parti jusqu’ici incontournable

Fondé par Ousmane Sonko en 2014, le Pastef (« Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité ») était devenu, en quelques années, un pilier de la scène politique sénégalaise. Il avait joué un rôle clé dans la mobilisation des jeunes et des classes populaires, contribuant à faire émerger une nouvelle génération d’élus. Son exclusion du gouvernement pourrait donc être perçue comme un signal fort de la part du président Faye, qui semble vouloir affirmer son autonomie politique.

Les réactions et les prochaines étapes

Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part d’Ousmane Sonko ou du Pastef. Cependant, cette décision pourrait relancer les débats sur la cohésion de la majorité présidentielle, alors que le pays s’apprête à entrer dans une phase politique délicate. Les observateurs s’interrogent désormais sur les motivations profondes de cette exclusion : s’agit-il d’une volonté de recentrage ou d’un calcul stratégique pour marginaliser une opposition interne ?

Et maintenant ?

Le gouvernement nouvellement formé devra désormais faire face à la fois aux défis économiques et sociaux du Sénégal et à une possible recomposition des rapports de force au sein de la majorité. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de cette exclusion sur la stabilité politique du pays. Une réunion de la majorité présidentielle pourrait être organisée dans les dix jours pour clarifier la position du Pastef et tenter d’apaiser les tensions, selon des sources proches du dossier.

Reste à voir si cette décision entraînera des remous au Parlement, où le Pastef dispose encore d’un groupe parlementaire solide. En attendant, le président Faye semble déterminé à tracer sa propre voie, quitte à s’éloigner de ses anciens alliés.