Deux députés du mouvement Pastef, Guy Marius Sagna et Cheikh Bara Ndiaye, ont été convoqués par la section de recherches de la gendarmerie nationale sénégalaise. Selon RFI, leurs auditions sont prévues à compter de ce 1er juin 2026, dans un climat politique particulièrement agité depuis le limogeage d’Ousmane Sonko par le président Macky Sall le 22 mai 2025.

Ce qu'il faut retenir

  • La convocation concerne deux députés du parti Pastef, Guy Marius Sagna et Cheikh Bara Ndiaye.
  • Leur audition est fixée à partir du 1er juin 2026 par la section de recherches de la gendarmerie nationale.
  • Cette convocation intervient après le limogeage d’Ousmane Sonko, leader du Pastef, par le chef de l’État le 22 mai 2025.
  • Le contexte politique au Sénégal reste marqué par une forte tension depuis cette décision.

Les deux élus, tous deux membres du mouvement politique Pastef d’Ousmane Sonko, doivent répondre à une convocation émanant des autorités judiciaires militaires. Guy Marius Sagna, député de Ziguinchor, et Cheikh Bara Ndiaye, élu de Dakar, sont désormais au cœur d’une procédure qui s’inscrit dans un cadre institutionnel strict. La section de recherches de la gendarmerie, chargée des enquêtes complexes, a été saisie de ce dossier, sans que les motifs précis de la convocation n’aient été rendus publics à ce stade.

Cette décision intervient à un moment où le Sénégal traverse une phase de recomposition politique majeure. Le 22 mai 2025, le président Macky Sall a annoncé le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, une mesure qui a suscité de vives réactions au sein de l’opposition et de la société civile. Depuis cette date, la tension n’a cessé de monter, alimentée par des déclarations croisées et des mobilisations dans les rues. Le Pastef, parti de Sonko, dénonce une instrumentalisation des institutions à des fins politiques et dénonce ce qu’il qualifie de « persécution systématique » de son leader.

Les observateurs soulignent que cette convocation des deux députés pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large visant à affaiblir le mouvement Pastef. Depuis plusieurs mois, les relations entre le pouvoir en place et l’opposition se sont fortement dégradées, notamment après la candidature d’Ousmane Sonko à l’élection présidentielle de 2024, finalement annulée par la justice. « Depuis le limogeage de Sonko, chaque initiative judiciaire contre ses proches ou ses soutiens est perçue comme une manœuvre politique », a déclaré un analyste politique sous couvert d’anonymat. Pour l’heure, les autorités n’ont pas communiqué sur les chefs d’accusation éventuels qui pourraient peser sur les deux députés.

« La convocation de deux députés par la gendarmerie en pleine crise politique est un signal fort envoyé à l’opposition. Cela pourrait aussi bien relever d’une procédure judiciaire classique qu’être le signe d’un durcissement des tensions institutionnelles. »
— Un constitutionnaliste sénégalais, cité par RFI

Sur le plan juridique, la procédure engagée contre les deux députés s’appuie sur des dispositions prévues par le code de procédure pénale sénégalais. Les convocations par la gendarmerie, bien que rares, ne sont pas inédites dans le cadre d’enquêtes préliminaires ou de suspicions de fraude ou de corruption. Cependant, dans le contexte actuel, cette démarche est immédiatement interprétée à l’aune des luttes politiques qui agitent le pays. Les défenseurs des droits humains, ainsi que plusieurs organisations de la société civile, appellent à la transparence et rappellent que « toute procédure judiciaire doit respecter les principes d’équité et de présomption d’innocence ».

Et maintenant ?

Les auditions prévues à partir du 1er juin pourraient marquer le début d’une phase plus tendue dans les relations entre le pouvoir et l’opposition. Plusieurs observateurs estiment que cette convocation pourrait servir de test pour évaluer la réaction du Pastef et de ses alliés, ainsi que celle de la communauté internationale. Si les députés concernés devaient être mis en cause, cela pourrait entraîner de nouvelles mobilisations et une escalade des tensions. La suite des événements dépendra en grande partie de la manière dont les autorités gèreront cette affaire et des réponses qu’elles apporteront aux accusations de partialité.

La situation au Sénégal reste donc sous haute surveillance. Après des mois de crise politique, cette nouvelle étape judiciaire pourrait redéfinir les rapports de force en place et influencer l’équilibre institutionnel du pays. Dans l’immédiat, la société sénégalaise observe, tandis que les partis politiques préparent leurs stratégies pour faire face à une possible aggravation des tensions.

Cette convocation intervient dans un contexte de forte tension entre le pouvoir en place et l’opposition, après le limogeage d’Ousmane Sonko. Elle est interprétée comme une tentative d’affaiblir le mouvement Pastef, d’où les craintes d’une instrumentalisation des institutions judiciaires à des fins politiques.