Un différend juridique oppose désormais sept États américains à l’administration Trump et au géant énergétique français TotalEnergies. Comme le rapporte Reporterre, ces États démocrates du nord-est des États-Unis ont saisi la justice le 2 juin dernier pour contester un accord financier signé en mars 2026. Selon les termes de cet arrangement, le gouvernement américain s’engage à verser près d’un milliard de dollars au groupe français en compensation de l’abandon de projets d’éoliennes offshore sur la côte atlantique.
Ce qu'il faut retenir
- 7 États démocrates du nord-est des États-Unis ont attaqué en justice, le 2 juin 2026, un accord financier entre TotalEnergies et le gouvernement américain.
- L’accord, conclu en mars 2026, prévoit un remboursement de près d’1 milliard de dollars à TotalEnergies pour l’annulation de parcs éoliens en mer.
- Les États plaignants contestent la légalité de cet accord, estimant qu’il profite indûment au groupe énergétique français.
- Les projets éoliens concernés devaient être implantés sur la façade atlantique des États-Unis.
- Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre l’administration Trump et les États démocrates sur les questions énergétiques.
Un accord contesté sur le fond comme sur la forme
L’accord signé entre TotalEnergies et Washington en mars 2026 prévoit le versement de 950 millions de dollars au groupe français. Cette somme correspond, selon les termes du contrat, à la compensation financière pour l’abandon des projets d’éoliennes offshore prévus au large des côtes du Massachusetts, de New York et du New Jersey. Ces parcs, d’une capacité initiale de 2,5 gigawatts, devaient représenter un investissement de plus de 4 milliards de dollars pour TotalEnergies.
Pour les sept États démocrates à l’origine de la plainte, cet accord est « une manne financière injustifiée » accordée à une multinationale étrangère. Ils estiment que les fonds publics américains ne devraient pas servir à indemniser une entreprise pour des projets non réalisés. « Cet argent pourrait être mieux utilisé pour financer des infrastructures locales ou des énergies renouvelables américaines », a déclaré la procureure générale du Massachusetts, Maura Healey, citée par Reporterre.
Un bras de fer juridique et politique
La plainte déposée le 2 juin 2026 marque une escalade dans un conflit qui dépasse le cadre strictement financier. Elle s’inscrit dans une opposition plus large entre l’administration Trump, favorable à une relance des énergies fossiles et à des subventions pour les grands groupes industriels, et les États démocrates, qui misent davantage sur les énergies renouvelables. Sept États – le Massachusetts, New York, le Connecticut, le Vermont, le New Jersey, le Maryland et le Rhode Island – ont décidé de s’unir pour contester cet accord devant les tribunaux fédéraux.
« Nous ne pouvons pas rester sans rien faire face à un accord qui bafoue l’intérêt général », a affirmé la gouverneure de New York, Kathy Hochul. Selon les plaignants, l’accord signé avec TotalEnergies aurait été négocié en dehors des circuits administratifs classiques, sans consultation préalable des États concernés par les projets éoliens. Ils réclament l’annulation pure et simple de cet arrangement et le versement des fonds à des programmes énergétiques locaux.
TotalEnergies n’a pas encore réagi officiellement à cette plainte. Le groupe a simplement rappelé, dans un communiqué diffusé en mars, que l’accord avec Washington « s’inscrivait dans une stratégie globale de transition énergétique » et qu’il permettait de « sécuriser des emplois et des investissements en Amérique ».
Le groupe français justifie sa demande par les pertes financières engendrées par l’annulation des projets d’éoliennes offshore, initialement prévus pour un investissement de plus de 4 milliards de dollars. Selon les termes de l’accord signé avec Washington, ces projets ont été abandonnés, et TotalEnergies réclame donc une compensation financière pour couvrir ses dépenses engagées.