Alors que les rayons des librairies se parent des nouveautés de printemps, la rédaction de Franceinfo - Culture a sélectionné sept polars et thrillers à ne pas manquer ce mois-ci. Entre road-novels argentins, enquêtes historiques sur les pas de Napoléon, ou plongées dans les abîmes de Los Angeles, ces ouvrages se distinguent par leur diversité thématique et leur force narrative.

Ce qu'il faut retenir

  • Ámbar de Nicolás Ferraro, un thriller argentin où une adolescente et son père, gangster repenti, tentent de fuir la violence familiale.
  • La pensionnaire de Joy Fielding, qui explore la vieillesse à travers le regard d’une centenaire avouant des meurtres.
  • La folie Sainte-Hélène de Jean-Christophe Rufin, un roman historique et humoristique sur les admirateurs de Napoléon.
  • Tout le monde sait de Jordan Harper, un thriller haletant au cœur des secrets de Los Angeles.
  • Ce cri que personne n’entend, coécrit par Jørn Lier Horst et Jan-Eric Fjell, un western norvégien autour d’une affaire d’enlèvement non résolue.
  • La rancune des morts de Gilda Piersanti, un thriller psychologique centré sur l’assassinat d’une cantatrice.
  • Hulda de Ragnar Jónasson, le retour de l’enquêtrice islandaise dans une intrigue mêlant disparition et mémoire.

Des récits ancrés dans des univers variés

Avec Ámbar, Nicolás Ferraro signe un roman noir où l’écriture cinématographique plonge le lecteur dans les rues de Buenos Aires. L’autrice y suit le duo formé par Ámbar, 15 ans, et son père Victor, un gangster traqué par ses anciens associés. Après l’assassinat de son ami Giovanni, ce dernier tente de se racheter pour offrir une vie normale à sa fille. « Ses promesses sont des vérités avec une date de péremption », confie l’auteur. L’ouvrage, traduit par Alejandra Carrasco-Rahal et Georges Tyras, est publié aux éditions Rivages pour 21 euros (256 pages).

Autre ambiance, autre époque, avec La pensionnaire de Joy Fielding. Ce thriller psychologique canadien, traduit par Anna Souillac et édité chez Michel Lafon (21,95 euros, 398 pages), interroge le lecteur sur la frontière entre réalité et démence. Jenny Cooper, près de 92 ans, affirme tuer les hommes qui lui ont nui. Quand un résident d’une maison de retraite meurt, Linda Davidson, 76 ans, se demande si Jenny dit vrai. Une relation improbable naît entre ces deux femmes que tout oppose.

Histoire et humour dans un décor napoléonien

Jean-Christophe Rufin propose une plongée historique avec La folie Sainte-Hélène, publié aux éditions Calmann-Lévy (19,90 euros, 259 pages). Le consul Aurel Timescu, personnage récurrent de l’auteur, est envoyé sur l’île de Sainte-Hélène pour enquêter sur la disparition de son prédécesseur. Entre reconstitueurs de Napoléon et lieux sacrés, ce roman mêle enquête et humour, à l’image de son auteur. « Il faut être au moins Napoléon et avoir été battu pour mériter un tel exil », souligne Rufin.

Du côté des États-Unis, Tout le monde sait de Jordan Harper, traduit par Laure Manceau et édité chez Actes Sud (23,50 euros, 422 pages), suit Mae Pruett, spécialiste en gestion de crise à Los Angeles. Après l’assassinat de son patron, elle s’associe à Chris, un ancien flic, pour démasquer « la bête » qui menace la ville. Le roman, salué par Michael Connelly, offre une plongée dans les sombres secrets de la Cité des anges.

Thrillers psychologiques et enquêtes glacées

En Norvège, Ce cri que personne n’entend, coécrit par Jørn Lier Horst et Jan-Eric Fjell, revisite une affaire d’enlèvement non résolue. Traduit par Alex Fouillet et publié chez de La Martinière (21,50 euros, 384 pages), le récit suit Mathilde Wold, une journaliste qui rouvre le dossier de Leah Forsberg, disparue à 7 ans en 2011. Le père de l’enfant, condamné sans preuve, clame son innocence. Un western des fjords où se mêlent trauma et suspense.

En Italie, La rancune des morts de Gilda Piersanti, publié aux éditions du Masque (20 euros, 310 pages), s’articule autour de l’assassinat d’Antonia Valli, une cantatrice, en 1994. Vingt ans plus tard, sa fille Beatrice, surnommée « Elektra », découvre un indice troublant : « la rancune des morts ». Qui a tué Antonia ? L’enquête, menée par l’autrice, révèle des passions destructrices. « Celle qu’ils attendaient tous de voir entrer sur scène était Beatrice Valli », écrit Piersanti.

L’Islande et l’enquêtrice qui revient

Enfin, Hulda de Ragnar Jónasson, traduit par Jean-Christophe Salün et édité chez de La Martinière (21,90 euros, 294 pages), marque le grand retour de l’enquêtrice islandaise Hulda Hermannsdóttir. Dans sa quatrième enquête, elle est confrontée à la réapparition d’un ours en peluche en 1980, lié à un enlèvement non résolu vingt ans plus tôt. Entre tempêtes et mutisme des villageois, Hulda doit démêler les fils d’une affaire où le passé refuse de s’éteindre. Un roman d’atmosphère haletant, comme en témoigne l’écriture de Jónasson, admirateur d’Agatha Christie.

Et maintenant ?

Ces sept titres, disponibles en librairie depuis début avril, pourraient figurer parmi les meilleures ventes du printemps. Certains feront peut-être l’objet d’adaptations télévisuelles ou cinématographiques d’ici la fin de l’année. À suivre également : les réactions des lecteurs sur les réseaux sociaux et les éventuelles distinctions littéraires qui pourraient récompenser ces œuvres d’ici la fin de l’année.

Pour les amateurs de polars et de thrillers, cette sélection offre un éventail de styles et de thèmes, du noir argentin aux enquêtes historiques, en passant par des récits psychologiques glaçants. Une lecture pour les nuits longues et les voyages en transports en commun.

Hulda Hermannsdóttir, protagoniste de Hulda, est une enquêtrice islandaise marquée par des traumatismes personnels. Elle doit faire face à une affaire complexe dans un village isolé, où le déchaînement des éléments et le mutisme des habitants compliquent son enquête. Son personnage, déjà connu des lecteurs grâce à la trilogie La dame de Reykjavík, confirme ici le talent de conteur de Jónasson.