C’est une expérience que beaucoup d’expatriés décrivent comme un électrochoc : passer d’une vie européenne à celle d’une mégalopole asiatique où le contraste entre tradition et innovation ne laisse personne indifférent. Marta Marín, une jeune Espagnole de Barcelone, en a fait les frais lors de son arrivée à Shanghai, l’une des villes les plus peuplées au monde. Selon Courrier International, son parcours illustre les défis et les surprises d’une expatriation dans une métropole chinoise où le rythme de vie et les codes sociaux bousculent les habitudes occidentales.
Ce qu'il faut retenir
- Marta Marín, 16 ans, est repérée par un chasseur de têtes lors d’une balade à Barcelone, déclenchant sa carrière dans la mode.
- Elle quitte l’Espagne pour Shanghai en 2026 après une offre d’emploi dans le secteur de la mode, une ville de 30 millions d’habitants.
- La mégalopole chinoise combine gratte-ciel, temples bouddhistes et vendeurs de rue, créant un choc culturel immédiat.
- La technologie omniprésente impose l’usage d’une dizaine d’applications quotidiennes, sous surveillance constante.
- Les horaires de travail dépassent souvent 12 heures par jour, avec des pauses repas de seulement 15 minutes.
- Malgré les différences, Marta Marín souligne la gentillesse des Shanghaïens, prêts à aider malgré la barrière linguistique.
Une carrière lancée par hasard dans la mode barcelonaise
Tout commence sur le Passeig Marítim, cette promenade emblématique du front de mer de Barcelone. À 16 ans, Marta Marín, alors lycéenne, croise par hasard un chasseur de têtes qui lui propose de devenir mannequin. « Ce n’était pas comme s’inscrire à un casting, c’était inattendu », explique-t-elle dans une interview au quotidien catalan La Vanguardia, repris par Courrier International. Après le lycée, elle entame des études en marketing tout en travaillant par intermittence dans la mode, tantôt comme modèle, tantôt dans la communication.
Mais c’est une offre d’emploi en Chine, rare opportunité, qui va tout changer. « Une offre d’emploi en Chine, ça ne se présente pas tous les jours ! », confie-t-elle. Elle démissionne alors et s’envole pour Shanghai, une ville où le temps semble s’être accéléré. Avec ses 30 millions d’habitants, Shanghai figure parmi les plus grandes mégapoles de la planète, un terrain de jeu où se mêlent ambition professionnelle et dépaysement total.
Shanghai, entre temples anciens et gratte-ciel futuristes
Dès son arrivée, Marta Marín est frappée par l’immensité de la ville et ses contrastes saisissants. « Le choc culturel a été brutal », confie-t-elle. Au pied des tours de verre qui abritent des sièges de multinationales, on trouve encore des temples bouddhistes et des maisons traditionnelles, tandis que les étals des vendeurs de rue voisinent avec les bureaux des entreprises financières. Cette juxtaposition entre passé et futur crée une atmosphère unique, où chaque rue raconte une histoire différente.
Dans cet environnement, son apparence physique attire inévitablement l’attention. « J’avais l’impression d’être constamment observée », se souvient-elle. Les passants, intrigués par son visage et sa stature, lui demandent souvent des photos. Certains n’hésitent pas à prendre des clichés à distance, sans demander son accord. Pourtant, Marta Marín choisit de mettre en avant la gentillesse spontanée des habitants. « Même s’ils ne parlent pas anglais, ils font leur possible pour vous aider. Ils ouvrent l’application de traduction sur leur téléphone et vous accompagnent parfois jusqu’à destination », raconte-t-elle, soulignant que cette solidarité l’a aidée à s’adapter plus rapidement.
Une vie rythmée par la technologie et des journées interminables
Shanghai ne se contente pas d’être une ville géante : c’est aussi un laboratoire d’innovation technologique. Dès l’arrivée, les nouveaux arrivants doivent installer une dizaine d’applications indispensables pour vivre au quotidien. Impossible de se passer de son téléphone portable, ne serait-ce que pour payer un café ou prendre les transports. Les caméras de surveillance et les dispositifs de contrôle sont omniprésents, reflétant une société où la sécurité et l’efficacité priment sur la vie privée.
Côté professionnel, le rythme est implacable. Marta Marín évoque des journées de 12 heures en moyenne, voire 14 heures en période de tournage intensif. Les pauses déjeuner se résument à 15 minutes chrono. « Dès votre arrivée, ils lancent un chronomètre. Et s’ils peuvent prendre de l’avance sur le tournage du lendemain, ils le feront », précise-t-elle. Cette pression constante, typique du monde du travail chinois, contraste avec les standards européens, où les horaires sont généralement mieux encadrés.
Une ville qui ne dort jamais, entre efficacité et tradition
Malgré les défis, Marta Marín a su s’attacher à Shanghai, cette métropole « qui ne dort jamais ». Elle y a construit une partie de sa carrière avant de diversifier ses projets entre Londres et Milan. Son expérience illustre le paradoxe chinois : une société à la fois ultra-moderne et profondément ancrée dans ses traditions. « Cette ville m’a appris à travailler avec détermination, mais aussi à apprécier les petits gestes de solidarité au quotidien », résume-t-elle.
Son témoignage, publié par Courrier International dans le cadre de sa rubrique Courrier Expat, s’adresse aux expatriés en quête d’informations sur le quotidien en Chine. Lancé en avril 2016, ce média spécialisé dans l’expatriation propose des analyses et des conseils puisés dans la presse internationale, couvrant les domaines du business, de l’éducation et de la santé. Il s’adresse particulièrement aux Français souhaitant s’installer à l’étranger ou comprendre les réalités des communautés expatriées.
Son parcours rappelle aussi l’importance de se préparer à un choc culturel, même pour les plus aguerris. Entre fascination et adaptation, l’expatriation en Chine continue de fasciner et de diviser. Une chose est sûre : une fois qu’on y a goûté, Shanghai laisse rarement indifférent.
Selon Marta Marín, les expatriés doivent installer une dizaine d’applications pour vivre au quotidien, dont des plateformes de paiement mobile comme Alipay ou WeChat Pay, des applications de transport comme Didi, et des outils de traduction instantanée. Sans ces outils, il est difficile de se déplacer, de manger ou même de payer un simple café.
Marta Marín souligne l’importance de faire preuve d’ouverture d’esprit et de patience. Elle recommande de s’appuyer sur les communautés d’expatriés pour obtenir des conseils pratiques, et de prendre le temps d’explorer la ville hors des sentiers battus pour mieux comprendre ses contrastes. La maîtrise basique du mandarin, même limitée, facilite aussi les interactions au quotidien.