L’ancienne Première ministre bangladaise Sheikh Hasina, actuellement en exil en Inde, a confirmé qu’elle comptait regagner son pays d’ici décembre 2026 pour marquer le 55ᵉ anniversaire de l’indépendance du Bangladesh. Cette annonce intervient alors qu’elle a été condamnée à mort par contumace en 2024, une décision judiciaire qui n’a pas entamé sa détermination à rentrer au pays, comme le rapporte Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Sheikh Hasina, ancienne Première ministre du Bangladesh, vit en exil à New Delhi depuis 2024.
- Elle a été condamnée à mort par contumace en 2024 pour son rôle présumé dans des violences politiques.
- Hasina affirme qu’elle rentrera au Bangladesh en décembre 2026 pour célébrer le 55ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays.
- Son retour pourrait relancer les tensions politiques dans un pays déjà marqué par une forte instabilité.
Une figure politique au cœur d’une crise judiciaire
Sheikh Hasina, qui a dirigé le Bangladesh pendant plus de quinze ans, est désormais une figure controversée. Condamnée à mort en 2024 pour des accusations liées à des violences ayant fait des centaines de morts lors des élections de 2018 et 2024, elle a toujours nié toute responsabilité. Malgré cette condamnation, elle continue de s’exprimer publiquement depuis son exil indien, où elle a trouvé refuge après avoir quitté le pouvoir dans un contexte de crise politique.
Son retour annoncé coïncide avec une période charnière pour le Bangladesh. Le pays, indépendant depuis 1971, célèbre chaque année en décembre l’anniversaire de sa libération du Pakistan. Hasina, qui a joué un rôle central dans l’histoire moderne du pays, mise sur cet événement symbolique pour tenter de redorer son image auprès de la population.
Un pari risqué dans un pays sous haute tension
Le Bangladesh traverse une phase de profonde instabilité politique depuis le départ forcé de Hasina en 2024. Le gouvernement intérimaire en place a multiplié les arrestations de figures de l’ancien régime, tandis que des mouvements de protestation continuent de secouer le pays. Dans ce contexte, l’annonce de son retour pourrait exacerber les tensions entre ses partisans et ses détracteurs.
Selon des observateurs cités par Le Monde, Hasina cherche à capitaliser sur son héritage politique. « Je reviendrai pour servir mon pays, quel qu’en soit le prix », aurait-elle déclaré lors d’une conférence de presse à New Delhi. Une déclaration qui rappelle son attachement indéfectible à la politique, malgré les risques encourus.
Les défis logistiques et sécuritaires à surmonter
Un retour au Bangladesh en décembre 2026 soulève plusieurs questions pratiques. Les autorités bangladaises ont déjà indiqué qu’elles appliqueraient la loi en vigueur, ce qui signifie que Hasina serait immédiatement arrêtée à son arrivée. Les autorités indiennes, qui lui ont accordé l’asile, pourraient aussi être confrontées à des pressions diplomatiques pour faciliter ou empêcher ce retour.
Sur le plan sécuritaire, le voyage depuis New Delhi jusqu’à Dhaka comporterait des risques non négligeables. Les services de renseignement bangladais ont déjà prévenu que tout individu condamné ne serait pas épargné par les poursuites. Hasina, qui affirme avoir « le soutien du peuple », mise sur une mobilisation de ses partisans pour garantir sa sécurité.
Une chose est sûre : l’annonce de Sheikh Hasina ne laisse personne indifférent. Entre ceux qui voient en elle une dirigeante à réhabiliter et ceux qui la considèrent comme une menace pour la stabilité du pays, le débat est déjà lancé. Et pour les Bangladais, le suspense autour de ce retour s’ajoute à une année déjà riche en rebondissements.
Sheikh Hasina a été condamnée à mort par contumace en 2024 pour son implication présumée dans des violences politiques ayant causé des centaines de morts lors des élections de 2018 et 2024. Les accusations portent notamment sur des ordres de répression contre l’opposition, bien qu’elle ait toujours nié ces allégations.