Malgré des résultats trimestriels jugés « très solides » par les analystes, l’action du géant industriel allemand Siemens a reculé de 5,5 % à la Bourse de Francfort ce jeudi 6 août 2026, selon BFM Bourse. Le groupe, leader européen des conglomérats industriels avec une capitalisation boursière de 218 milliards d’euros, peine à séduire les marchés face à ses concurrents directs comme le suisse ABB et le français Schneider Electric.
Selon les données du jour, le CAC 40 a enregistré une progression de +0,64 % à 8 725,10 points, tandis que le SBF 120 a suivi une tendance similaire avec une hausse de +0,60 %. Parmi les autres indices européens, le NEXT BIOTEC a progressé de +2,08 %, le BEL20 de +0,62 %, et le PSI 20 de +0,81 %, alors que l’AEX25 affichait une légère baisse de -0,06 %. Côté changes, l’euro s’échangeait contre 1,1538 dollar, et le dollar contre 157,87 yens.
Ce qu'il faut retenir
- L’action Siemens a chuté de 5,5 % à Francfort malgré des résultats trimestriels jugés « très solides » par les analystes.
- Le groupe, leader européen des conglomérats industriels, affiche une capitalisation boursière de 218 milliards d’euros.
- Ses résultats du troisième trimestre 2025-2026 montrent une hausse de 14 % des prises de commandes (27,9 milliards d’euros) et de 8 % des revenus (20,8 milliards d’euros).
- Le résultat opérationnel a progressé de 25 % à 3,52 milliards d’euros, et le bénéfice net de 15 % à 2,58 milliards d’euros.
- Les analystes soulignent un retard de croissance dans la division « industries numériques », pénalisant l’action face à Schneider Electric (+27,4 % en 2026) et ABB (+38,5 %).
- Siemens a relevé sa prévision de bénéfice par action (hors effets comptables) entre 11,20 et 11,5 euros, contre 10,7 à 11 euros auparavant.
Un géant industriel aux performances contrastées
Avec une présence historique dans des secteurs aussi variés que la mobilité ferroviaire, l’électrification, les équipements médicaux et l’automatisation industrielle, Siemens reste le premier conglomérat industriel d’Europe. Basé à Munich, le groupe emploie des dizaines de milliers de salariés et opère dans plus de 190 pays. Son portefeuille d’activités se structure autour de trois piliers majeurs : les « industries numériques » (automatisation et logiciels industriels), les « infrastructures intelligentes » (réseaux électriques et solutions énergétiques) et la « mobilité ferroviaire ».
La santé représente également un volet stratégique via sa filiale Siemens Healthineers, dont Siemens détient 67 %. Cette dernière a publié ses propres résultats fin juillet, contribuant à la diversité des performances du groupe. Pourtant, malgré cette solidité structurelle, Siemens peine à convaincre les investisseurs, notamment face à des concurrents comme Schneider Electric ou ABB, qui ont su capter davantage l’attention des marchés en 2026.
Des résultats supérieurs aux attentes, mais une action en retrait
Les chiffres publiés pour le troisième trimestre de l’exercice 2025-2026 confirment la robustesse des performances de Siemens. Les prises de commandes ont progressé de 14 % en données comparables, atteignant 27,9 milliards d’euros, tandis que les revenus ont augmenté de 8 % pour s’établir à 20,8 milliards d’euros. Le résultat opérationnel a bondi de 25 %, passant à 3,52 milliards d’euros, et le bénéfice net a enregistré une hausse de 15 % à 2,58 milliards d’euros.
Ces résultats ont dépassé les prévisions des analystes, dont le consensus tablaient sur des prises de commandes de 24,7 milliards d’euros, des revenus de 20,64 milliards d’euros et un résultat opérationnel de 3,2 milliards d’euros. En réaction, Siemens a relevé sa prévision de bénéfice par action (hors effets comptables) dans une fourchette comprise entre 11,20 et 11,5 euros, contre une estimation précédente située entre 10,7 et 11 euros.
Une comparaison défavorable avec Schneider Electric et ABB
Pourtant, ces excellents résultats n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs. Siemens reste à la traîne par rapport à ses principaux concurrents, Schneider Electric et ABB, dont les actions affichent des performances bien supérieures en 2026 : +27,4 % pour Schneider Electric et +38,5 % pour ABB, contre seulement +14,6 % pour Siemens. Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance relative, selon les analyses des banques d’investissement.
Deutsche Bank a pointé du doigt les inquiétudes liées à l’exposition de Siemens au secteur des logiciels, malgré une croissance qui ne semble pas menacée par l’intelligence artificielle. D’autres retards dans la scission de Siemens Healthineers et les répercussions du conflit au Moyen-Orient, bien que jugées limitées, ont également pesé sur la confiance des marchés.
« Siemens a pris du retard par rapport à ses concurrents en raison des inquiétudes liées à son exposition au secteur des logiciels, des retards dans la scission de Siemens Healthineers et des répercussions du conflit au Moyen-Orient. »
Les faiblesses de la division « industries numériques » pointées du doigt
L’un des principaux points de vigilance concerne la division « industries numériques », spécialisée dans l’automatisation et les logiciels industriels. Selon Citi, le rythme de croissance de cette activité « ne semble pas avoir égalé celui de certains de ses concurrents mondiaux ». La banque américaine anticipait même un « léger recul de l’action aujourd’hui, compte tenu des anticipations du marché concernant les industries numériques ».
Cette analyse rejoint celle de Deutsche Bank, qui souligne que « la plupart des concurrents de Siemens dans les secteurs de l’électrification et de l’automatisation avaient déjà annoncé des résultats supérieurs aux attentes. Par conséquent, les résultats supérieurs aux prévisions des analystes et le relèvement des perspectives annoncés aujourd’hui ne devraient pas vraiment surprendre. L’absence de révision à la hausse des prévisions pour les industries numériques pourrait même être perçue négativement ».
Dans un contexte où l’industrie européenne cherche à se repositionner face à la concurrence asiatique et américaine, Siemens reste un acteur clé. Son avenir boursier dépendra de sa capacité à concilier innovation technologique, diversification géographique et transparence envers les actionnaires. Pour l’heure, les marchés restent prudents, malgré des fondamentaux solides.
Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance. D’une part, Siemens reste en retrait par rapport à ses concurrents comme Schneider Electric et ABB, dont les actions affichent des hausses bien supérieures en 2026. D’autre part, la division « industries numériques » est pointée du doigt pour son rythme de croissance jugé insuffisant. Enfin, des inquiétudes persistent autour de l’exposition du groupe au secteur des logiciels et des retards dans la scission de Siemens Healthineers.
Siemens devra se concentrer sur la restauration de la confiance des investisseurs, notamment en clarifiant sa stratégie pour sa division « industries numériques ». Les analystes attendent des annonces sur la scission de Siemens Healthineers et une éventuelle révision des prévisions pour cette activité. Les prochains résultats annuels, prévus en novembre 2026, seront un moment clé pour évaluer l’évolution de la situation.