Un nouvel outil de suivi des vols, développé par le site d’actualité aéronautique Simple Flying, vient d’être lancé. Cette plateforme se distingue par ses alertes automatiques en cas d’activité inhabituelle, comme des oscillations d’altitude ou des trajectoires erratiques, selon Euronews FR.

Ce qu'il faut retenir

  • Le site propose des alertes basées sur des critères techniques précis (altitude, trajectoire, codes « squawk » comme le 7700 en cas d’urgence).
  • Les utilisateurs peuvent suivre les vols en temps réel et rejouer leur trajectoire après l’atterrissage.
  • La plateforme affiche les NOTAM et permet de filtrer les avions selon leur type (commerciaux, militaires, privés) ou leur état (en vol ou au sol).
  • Les données proviennent de récepteurs ADS-B et MLAT installés par des passionnés du monde entier.

Ce nouvel outil s’adresse aux passionnés d’aviation qui souhaitent surveiller les vols en direct, mais aussi aux observateurs curieux des dynamiques du trafic aérien mondial. Simple Flying mise sur une approche innovante en intégrant des alertes pour activités suspectes, une fonctionnalité particulièrement utile dans un contexte géopolitique tendu. Par exemple, depuis le début du conflit en Iran, les vols au départ des Émirats arabes unis suscitent un intérêt accru parmi les utilisateurs de ces plateformes.

Le site permet de visualiser en temps réel des données techniques détaillées : type d’appareil, compagnie opératrice, altitude exacte, taux de montée ou de descente, ainsi que des codes transpondeur spécifiques. Les utilisateurs peuvent également ajouter des avions ou des indicatifs d’appel à une liste de suivi personnalisée. Autre atout majeur, un panneau de statistiques affiche la répartition des altitudes, les principaux opérateurs aériens et les types d’appareils les plus fréquents.

Des alertes pour repérer les comportements anormaux

Les alertes de ce nouvel outil se déclenchent en cas de variations brutales d’altitude, de trajectoires incohérentes ou de vitesses de virage inhabituelles. Les codes « squawk », comme le célèbre **7700** utilisé en cas d’urgence, sont également intégrés au système. « Ces alertes permettent aux utilisateurs de détecter rapidement des situations potentiellement critiques, qu’il s’agisse d’un problème technique ou d’un comportement délibérément suspect », explique un porte-parole de Simple Flying.

La plateforme propose aussi l’affichage des NOTAM (Notice to Airmen), des avis officiels publiés par les autorités aériennes pour signaler des restrictions ou des dangers sur un trajet. Les utilisateurs peuvent ainsi croiser les données de vol avec ces informations pour mieux comprendre le contexte opérationnel d’un appareil.

Pour les passionnés, la possibilité de rejouer un vol après son atterrissage offre une analyse approfondie des trajectoires et des décisions prises en temps réel. Une fonctionnalité qui séduit autant les pilotes amateurs que les analystes du trafic aérien.

Une communauté mondiale de passionnés derrière les données

Les données affichées sur ce radar de vols proviennent principalement de deux sources : Airplanes.Live et OurAirports.com, comme le précise Euronews FR. Les avions sont suivis grâce à des systèmes de surveillance automatique comme l’ADS-B (Automatic Dependent Surveillance-Broadcast) et la MLAT (multilatération). Ces technologies reposent sur des récepteurs installés au sol par des bénévoles répartis dans le monde entier.

Chaque récepteur capte les signaux émis par les avions équipés d’un transpondeur ADS-B, qui diffusent en continu leur position, leur altitude et leur vitesse. La MLAT, quant à elle, permet de localiser les appareils même s’ils ne sont pas équipés de ce système, en utilisant la triangulation de leurs signaux entre plusieurs récepteurs. « Ces passionnés forment un réseau mondial qui enrichit considérablement la couverture et la précision des données », souligne un expert aéronautique contacté par Simple Flying.

Le public peut même contribuer à ce réseau en installant son propre récepteur et en partageant ses données avec Airplanes.Live. Une démarche collaborative qui rappelle l’esprit open source de la communauté des traqueurs de vols.

Un outil pour les curieux et les professionnels

Si les passionnés d’aviation représentent la cible principale de cette plateforme, les professionnels du secteur pourraient aussi en tirer profit. Les compagnies aériennes, les contrôleurs aériens ou les journalistes spécialisés peuvent utiliser ces données pour analyser des tendances, suivre des événements spécifiques ou vérifier des informations en temps réel.

Par exemple, le suivi des vols de la reine Elizabeth II lors de ses derniers déplacements a montré l’engouement du public pour ces outils. De même, depuis le début de la guerre en Ukraine, le trafic aérien en Europe de l’Est est scruté avec une attention particulière par les utilisateurs de ces plateformes. « On observe une hausse de 30 % des connexions sur les sites de suivi des vols depuis février 2022, notamment pour surveiller les détournements ou les fermetures d’espaces aériens », indique un analyste cité par Simple Flying.

Le site se positionne donc comme une alternative ou un complément à des plateformes établies comme Flightradar24, déjà bien connues du grand public. « Notre objectif est d’offrir une expérience plus complète, avec des alertes personnalisables et des données techniques approfondies », explique l’équipe de développement.

Et maintenant ?

Si ce nouvel outil suscite déjà un vif intérêt parmi les passionnés, son avenir dépendra de sa capacité à fidéliser sa communauté et à enrichir ses fonctionnalités. Simple Flying pourrait, à terme, intégrer des analyses prédictives ou des partenariats avec des médias spécialisés pour fournir des décryptages en direct. Une première mise à jour majeure est attendue d’ici la fin de l’année 2026, avec notamment l’ajout d’un système de notifications push pour les alertes les plus critiques.

Reste à voir si ce projet parviendra à se différencier durablement dans un marché déjà concurrentiel. Une chose est sûre : l’engouement pour le suivi des vols ne faiblit pas, comme en témoigne l’affluence record sur les plateformes existantes lors des crises géopolitiques ou des événements aériens marquants.

Les alertes se basent sur plusieurs critères techniques : oscillations d’altitude de plus de 500 pieds en moins d’une minute, trajectoires présentant des virages à plus de 30 degrés, ou codes « squawk » d’urgence comme le 7700. Le système analyse en temps réel les données ADS-B et MLAT transmises par les récepteurs au sol.