Alors que la France subit un épisode de chaleur intense, deux anciens membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) ont choisi de s’exprimer publiquement pour rappeler l’urgence d’agir, six ans après l’adoption de cette initiative. Grégoire Fraty et William Aucant, qui avaient participé aux travaux de cette assemblée citoyenne en 2020, ont décidé d’exercer leur droit d’alerte, prévu par le président Emmanuel Macron lui-même. Ce droit leur avait été accordé dans le cadre de la CCC, sous condition que les ambitions climatiques du gouvernement viennent à faiblir.

Selon Libération, cette démarche intervient alors que le pays fait face à un dôme de chaleur, une situation qui ravivé les débats sur la préparation des autorités face aux enjeux climatiques. Les deux anciens conventionnels estiment que l’inaction politique actuelle met en lumière l’échec à traduire les propositions de la CCC en mesures concrètes.

Ce qu'il faut retenir

  • Grégoire Fraty et William Aucant, anciens membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), ont exercé leur droit d’alerte accordé par Emmanuel Macron en 2020.
  • Ce droit était conditionné à un affaiblissement des ambitions climatiques du gouvernement.
  • Leur intervention coïncide avec un épisode de chaleur intense en France, soulignant les enjeux de préparation face aux dérèglements climatiques.
  • La CCC avait été mise en place en 2020 pour proposer des mesures concrètes en matière de transition écologique.
  • Les deux anciens membres critiquent l’absence de traduction politique des propositions issues de la CCC.

Une initiative née d’un engagement citoyen

Créée en 2020 sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, la Convention citoyenne pour le climat avait réuni 150 citoyens tirés au sort pour proposer des mesures destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030. Parmi ses 149 propositions, plusieurs avaient été retenues par le gouvernement, comme la réduction de la vitesse sur autoroute ou l’interdiction des terrasses chauffées. Pourtant, selon Grégoire Fraty et William Aucant, ces avancées restent largement symboliques et insuffisantes face à l’urgence climatique.

« La classe politique, si elle était capable de cette intelligence collective, nous n’en serions pas là », a déclaré Grégoire Fraty à Libération. Il souligne que les propositions de la CCC, bien que jugées ambitieuses à l’époque, n’ont pas été suivies d’effets concrets, faute de volonté politique durable.

Un droit d’alerte encore jamais utilisé

Le droit d’alerte prévu pour les membres de la CCC en cas de recul des ambitions climatiques n’avait, jusqu’à présent, jamais été mobilisé. Grégoire Fraty et William Aucant justifient leur démarche par l’accumulation des signes d’un désengagement progressif du gouvernement sur les questions environnementales. Entre reports de mesures phares et réductions budgétaires dans le domaine de la transition écologique, les deux anciens conventionnels estiment que la France prend un retard préoccupant.

William Aucant a précisé à Libération que leur intervention visait à « interpeller les responsables politiques sur leur responsabilité ». Il rappelle que la CCC avait été présentée comme un modèle d’intelligence collective, mais que son héritage reste, pour l’instant, largement théorique.

Un contexte climatique de plus en plus pressant

L’intervention de Fraty et Aucant survient alors que la France traverse un épisode de chaleur précoce et intense, avec des températures dépassant les 30°C dans plusieurs régions dès la fin mai. Ces conditions, qui s’inscrivent dans une tendance de plus en plus marquée par les vagues de chaleur précoces, rappellent l’urgence d’adapter les politiques publiques aux réalités du changement climatique.

Selon les météorologues, ces épisodes deviennent de plus en plus fréquents et intenses, en lien avec le réchauffement global. Pourtant, les mesures d’adaptation restent limitées, notamment en matière de protection des populations vulnérables ou de planification urbaine face aux îlots de chaleur.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir se multiplier les initiatives visant à relancer le débat sur la transition écologique, notamment à l’approche de l’été et des élections locales. Les deux anciens membres de la CCC ont indiqué qu’ils comptaient multiplier les prises de parole pour sensibiliser l’opinion publique. Reste à voir si cette alerte trouvera un écho suffisant auprès des décideurs politiques, alors que les arbitrages budgétaires pour 2027 s’annoncent déjà tendus.

Cette intervention soulève une question centrale : dans quelle mesure les propositions issues de la démocratie participative, comme la CCC, peuvent-elles influencer durablement les politiques publiques ? Pour l’instant, la réponse reste en suspens, alors que les défis climatiques ne cessent de s’aggraver.