D’après Frandroid, l’Arcep vient de publier les résultats provisoires de son dernier observatoire du marché français des télécoms. Si la progression de la fibre optique se poursuit à un rythme soutenu, la 5G peine toujours à séduire une majorité d’utilisateurs, six ans après le déploiement des premiers sites en France.

Ce qu'il faut retenir

  • Le taux de pénétration de la fibre optique en France continue de progresser, confirmant son adoption massive par les ménages.
  • En revanche, seulement une minorité de Français a adopté la 5G, malgré son lancement initial en 2020.
  • L’Arcep souligne un décalage persistant entre l’offre technique et l’adoption réelle des consommateurs.
  • Les opérateurs télécoms misent toujours sur la 5G pour l’avenir, mais les usages concrets restent limités pour beaucoup d’abonnés.

Un déploiement technique en marche, mais une adoption en demi-teinte

L’Autorité de régulation des communications électroniques (Arcep) a rendu publics, ce 28 mai 2026, les premiers enseignements de son observatoire annuel sur le marché des télécoms en France. Si les chiffres confirment l’engouement des Français pour la fibre optique, avec un taux de couverture et d’adoption en nette hausse, la 5G peine à convaincre. Selon les données préliminaires, moins d’un tiers des abonnés mobiles utilisent actuellement un forfait 5G, alors que les trois grands opérateurs (Orange, SFR et Bouygues Telecom) ont déployé des milliers d’antennes depuis 2020.

« Le réseau 5G est désormais accessible à plus de 80 % de la population française », a indiqué un porte-parole de l’Arcep. Pourtant, seulement 28 % des utilisateurs de smartphones ont souscrit à un forfait compatible, un chiffre qui stagne depuis 2024. Autant dire que le pari industriel des opérateurs commence à montrer ses limites.

La fibre, grande gagnante de la transition numérique

Contrairement à la 5G, la fibre optique affiche une croissance continue. D’après Frandroid, près de 65 % des foyers français sont désormais éligibles à une offre fibre, contre 40 % en 2020. Les opérateurs comme Free, Orange et SFR ont accéléré leurs investissements, poussés par les aides publiques et la demande des consommateurs, soucieux de bénéficier d’un débit stable et rapide.

Les raisons de ce succès sont multiples : un prix moyen en baisse, une couverture étendue et des usages domestiques (télétravail, streaming, jeux en ligne) qui nécessitent des débits élevés. « La fibre répond à un besoin immédiat des ménages », explique un analyste du secteur. « Contrairement à la 5G, dont les bénéfices restent flous pour le grand public. »

Des usages encore flous pour la 5G

Si les opérateurs mettent en avant les performances théoriques de la 5G — un débit jusqu’à dix fois supérieur à la 4G et une latence réduite —, les applications concrètes peinent à se généraliser. Les smartphones compatibles restent minoritaires, et les forfaits 5G, souvent plus chers, ne convainquent pas tous les consommateurs. « Pour beaucoup, la 5G est perçue comme un gadget, pas comme une révolution », confie un responsable chez Bouygues Telecom.

Les opérateurs misent sur l’avenir avec des promesses comme les voitures connectées ou les réseaux privés industriels, mais ces segments restent marginaux. « On parle beaucoup de l’Internet des Objets, mais en pratique, peu d’usages grand public ont émergé », note Frandroid.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir une accélération de l’adoption de la 5G, avec l’arrivée de nouveaux smartphones moins chers et des forfaits plus compétitifs. L’Arcep a d’ailleurs annoncé qu’elle publierait d’ici la fin de l’année un bilan complet sur la couverture réelle du territoire, avec des données ventilées par région. Une échéance à suivre de près, alors que les opérateurs attendent un retour sur investissement de plusieurs milliards d’euros.

Pour l’instant, la 5G reste un pari en suspens. Entre un déploiement technique réussi et une adoption encore timide, le défi pour les opérateurs sera de convaincre les consommateurs que cette technologie vaut vraiment l’investissement.

Plusieurs facteurs expliquent ce retard : d’abord, le coût des forfaits 5G, souvent plus élevés que ceux de la 4G, ainsi que le prix des smartphones compatibles. Ensuite, les usages concrets de la 5G restent limités pour le grand public, contrairement à la fibre, dont les bénéfices (débit stable, télétravail) sont immédiats. Enfin, la couverture réseau, bien qu’étendue, n’est pas homogène sur tout le territoire.