Snapchat annonce le déploiement de nouvelles mesures de sécurité destinées à mieux protéger les utilisateurs mineurs, selon Frandroid. À partir de ce mois-ci, tous les comptes des 13-17 ans seront concernés par ces restrictions, visant à limiter l'exposition de leurs contenus publics et à renforcer la vérification de leur âge.
Ce qu'il faut retenir
- Les comptes des 13-17 ans sur Snapchat voient leurs options de partage de contenu public réduites
- La plateforme intègre un système de détection automatique de l'âge pour les nouveaux utilisateurs
- Les fonctionnalités comme « Spotlight » et les profils publics seront désormais moins accessibles aux mineurs
- Ces mesures s'inscrivent dans le cadre d'une politique de sécurité renforcée annoncée en 2024
- Les utilisateurs concernés recevront une notification pour ajuster leurs paramètres
Ces changements visent à répondre aux critiques récurrentes sur la protection des jeunes utilisateurs face aux risques de harcèlement ou d'exposition inappropriée. Selon un communiqué officiel publié ce matin, Snapchat souhaite « réduire les opportunités de contact non désiré » tout en maintenant l'accès à ses fonctionnalités principales pour les adolescents. La mesure s'appliquera automatiquement aux comptes existants, mais les utilisateurs pourront ajuster manuellement leurs préférences via les paramètres de confidentialité.
Parmi les restrictions les plus notables, les comptes des mineurs ne pourront plus apparaître dans les sections « Discover » ou « Spotlight », deux espaces où les contenus viraux sont mis en avant. De plus, les profils publics des 13-17 ans seront automatiquement configurés en mode « amis uniquement », sauf modification explicite de l'utilisateur. Snapchat précise que ces ajustements s'appuient sur des algorithmes de détection d'âge déjà déployés pour les nouveaux inscrits, mais étendus aux comptes existants d'ici la fin du mois de juin.
« Nous avons écouté les retours de nos utilisateurs et des experts en sécurité en ligne, a déclaré un porte-parole de Snapchat. Ces mesures sont conçues pour offrir un équilibre entre liberté d'expression et protection des plus jeunes, sans les isoler de leurs communautés. »
Ces nouvelles règles interviennent après une série d'audits internes menés en collaboration avec des associations de protection de l'enfance. En 2025, Snapchat avait déjà restreint la visibilité des stories des mineurs aux seuls amis directs, une mesure jugée insuffisante par certains observateurs. Désormais, la plateforme va plus loin en limitant l'accès aux contenus publics, une zone souvent pointée du doigt pour son manque de modération.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte plus large où les réseaux sociaux sont de plus en plus scrutés par les régulateurs. En Europe, la loi sur les services numériques (DSA) impose depuis 2024 des obligations strictes en matière de protection des mineurs, obligeant les plateformes à prouver leurs efforts en la matière. Aux États-Unis, plusieurs États ont adopté des lois similaires, comme la California Age-Appropriate Design Code Act, entrée en vigueur en 2024. Pour Snapchat, ces mesures pourraient aussi servir de levier pour rassurer les parents et les annonceurs, alors que l'application reste en concurrence serrée avec TikTok et Instagram.
Reste à voir si ces ajustements suffiront à convaincre les critiques. Certains spécialistes de la protection de l'enfance estiment que les restrictions sur les contenus publics ne traitent qu'une partie du problème, les risques de harcèlement ou de prédation se concentrant souvent dans les espaces privés ou les groupes de discussion. D'autres saluent en revanche une avancée significative, soulignant que toute mesure réduisant l'exposition des mineurs aux contenus non adaptés est bienvenue.
Oui. Les restrictions ne concernent que les contenus publics ou visibles par des utilisateurs non identifiés. Les échanges privés entre amis ou en groupe restent inchangés, précise Snapchat.
Snapchat prévoit un déploiement complet d'ici la fin du mois de juin 2026, avec une notification envoyée à tous les utilisateurs concernés dès la première semaine de juin.