Un train régional sur quatre de la SNCF fonctionne encore au diesel. Pourtant, depuis ce lundi 1er septembre 2026, deux régions françaises, l’Occitanie et la région Sud, mettent en service les premiers trains à batteries électriques conçus pour remplacer progressivement les rames thermiques. Une avancée technologique saluée par les autorités locales et la SNCF, alors que l’entreprise publique s’est engagée à sortir des énergies fossiles d’ici à 2030. Selon BFM Business, cette transition s’impose avec urgence : 40 % du réseau ferroviaire français n’est pas électrifié, et le diesel reste majoritaire sur les lignes non électrifiées.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux régions, l’Occitanie et la région Sud, lancent en septembre 2026 leurs premiers trains à batteries électriques sur des lignes non électrifiées.
  • Ces trains, fabriqués par Alstom, remplacent les moteurs diesel par des batteries lithium-ion, permettant une autonomie de plus de 80 kilomètres.
  • Le projet, lancé en 2020 avec cinq régions partenaires, représente un investissement global de 41 millions d’euros, financé à parts égales par les régions, la SNCF et Alstom.
  • La SNCF vise à convertir 700 rames TER existantes en remplaçant leurs moteurs diesel par des batteries, une solution moins coûteuse que l’hydrogène ou l’électrification complète des lignes.
  • D’ici à 2030, l’entreprise publique souhaite sortir complètement des énergies fossiles, alors qu’un quart de son parc roule encore au diesel.

Un réseau ferroviaire encore très dépendant du diesel

En 2026, le constat reste sans appel : près d’un train régional sur quatre de la SNCF fonctionne encore avec du carburant fossile. Un chiffre d’autant plus préoccupant que 40 % du réseau ferroviaire français n’est pas électrifié, selon les données communiquées par BFM Business. Ces lignes, principalement locales et régionales, reposent donc sur des trains diesel, une technologie polluante et incompatible avec les objectifs de neutralité carbone fixés par l’État. Face à ce défi, la SNCF a choisi une stratégie pragmatique : adapter des rames existantes plutôt que d’électrifier l’intégralité du réseau, une solution jugée trop coûteuse par les autorités organisatrices des transports.

Le coût de l’électrification complète d’une ligne atteint en effet près d’un million d’euros par kilomètre, un budget que ni l’État ni les régions ne peuvent assumer seules. « On ne peut pas électrifier tout le réseau, c’est un investissement colossal. Il faut donc trouver des alternatives pour les lignes non électrifiées », a rappelé un porte-parole de la SNCF lors du lancement du projet en 2020.

Des trains à batteries pour remplacer le diesel, une solution innovante

Depuis ce lundi, l’Occitanie et la région Sud expérimentent les premiers trains à batteries sur leurs territoires respectifs. En Occitanie, c’est la ligne Nîmes-Vauvert qui accueille le « premier train à batteries d’Occitanie », avec trois allers-retours quotidiens. Dans le Sud, une rame circule depuis le 28 juillet sur la ligne entre Avignon et Carpentras. Ces trains, produits par Alstom, intègrent une technologie de batteries lithium-ion, capables de se recharger lors des freinages et d’offrir une autonomie de plus de 80 kilomètres. « L’énergie produite lors du freinage sera récupérée et stockée dans ces batteries, permettant d’atteindre jusqu’à 20 % d’économies en énergie », précise un communiqué officiel.

Contrairement aux trains à hydrogène, dont le déploiement reste limité en Europe en raison de contraintes techniques, les trains à batteries s’adaptent aux tronçons partiellement électrifiés. « On a quatre moteurs diesel, on en enlève deux qu’on remplace par des racks de batterie, avec un système de logiciel qui optimise l’énergie », a expliqué un responsable de SNCF Voyageurs lors du lancement du projet. Cette solution, appelée « retrofit », permet de moderniser des rames déjà en circulation, âgées de 15 à 20 ans, sans avoir à en construire de nouvelles.

Un investissement partagé et des défis technologiques à relever

Le programme de conversion des trains à batteries s’appuie sur un partenariat entre la SNCF, cinq régions et le constructeur Alstom. L’investissement global s’élève à plus de 41 millions d’euros, répartis entre les régions (30 millions), SNCF Voyageurs (6 millions) et Alstom (5,5 millions). Ces fonds permettront de financer la conversion de 700 rames TER, un processus qui s’étendra jusqu’en 2030. « Ce train prototype marque une nouvelle étape pour décarboner les mobilités et renforcer l’offre de transport sur le territoire », ont souligné les partenaires dans un communiqué commun.

Cependant, cette technologie n’est pas exempte de limites. Les batteries, bien que prometteuses, nécessitent des recharges fréquentes sur les lignes non électrifiées. « Les trains à batteries sont idéaux pour les trajets combinant des tronçons électrifiés et non électrifiés, mais leur autonomie reste un facteur clé à surveiller », a précisé un expert ferroviaire. La SNCF explore donc plusieurs pistes en parallèle : en plus des batteries, l’hydrogène et les biocarburants sont testés sur certaines lignes, comme celle reliant Paris à Granville.

Une transition progressive vers des mobilités décarbonées

Avec ce déploiement, la SNCF et ses partenaires franchissent une étape symbolique dans leur stratégie de décarbonation. « Six ans après le lancement du projet, ces mises en service commerciales montrent que la transition est possible, même si elle reste progressive », a commenté un représentant de la Région Occitanie. L’entreprise publique mise sur une approche modulaire, adaptant les technologies aux spécificités de chaque ligne. « Il n’y a pas une solution miracle pour remplacer le diesel. L’important est de développer des technologies complémentaires, qui s’adaptent à chaque contexte », a ajouté un porte-parole d’Alstom.

Pour les voyageurs, l’arrivée de ces trains à batteries se traduit par une amélioration de l’offre ferroviaire sur les lignes non électrifiées, souvent moins bien desservies. « Ces rames permettront de renforcer les fréquences et d’améliorer la régularité des trains sur des territoires où les alternatives routières sont limitées », a indiqué un responsable régional.

Et maintenant ?

D’ici à 2030, la SNCF prévoit d’étendre le déploiement des trains à batteries à d’autres régions partenaires, tout en continuant d’évaluer les performances des solutions hydrogène et biocarburants. Les prochaines échéances clés concerneront notamment la conversion de nouvelles rames TER, ainsi que l’analyse des retours d’expérience sur les lignes actuellement en test. Reste à voir si cette stratégie permettra d’atteindre l’objectif d’une flotte 100 % décarbonée d’ici quatre ans.

Cette transition technologique s’inscrit dans un contexte plus large de modernisation du réseau ferroviaire français, où les enjeux environnementaux et économiques se croisent. Alors que le diesel reste majoritaire sur de nombreuses lignes, les trains à batteries pourraient bien devenir un symbole de cette mutation, à condition que leur déploiement se poursuive à un rythme soutenu.

L’électrification d’une ligne coûte environ un million d’euros par kilomètre, un budget que ni l’État ni les régions ne peuvent assumer pour l’ensemble du réseau non électrifié. Les trains à batteries, ou à hydrogène, représentent une solution plus économique pour les lignes locales et régionales, où le trafic ne justifie pas un investissement aussi lourd.