Le géant français de la restauration collective Sodexo a annoncé, mercredi 2 septembre 2026, son intention de supprimer 1 097 postes en France, dont 134 au siège social basé à Issy-les-Moulineaux. Cette mesure, qui représente environ 4 % de ses effectifs nationaux, s'inscrit dans le cadre de son plan stratégique « Shift and Grow 2030 », visant à relancer sa croissance face à une concurrence accrue et à des performances jugées insuffisantes, selon BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • 1 097 postes supprimés en France, dont 134 au siège d'Issy-les-Moulineaux
  • Cette restructuration concerne 4 % des 25 000 salariés français du groupe
  • Le plan « Shift and Grow 2030 » vise à accélérer la croissance et améliorer la compétitivité du groupe
  • Sodexo emploie 25 000 personnes en France et exploite 4 000 sites dans l'Hexagone
  • Le groupe justifie ces suppressions par une concurrence accrue et des attentes changeantes des consommateurs

Un plan de transformation pour faire face à un environnement concurrentiel difficile

Selon le communiqué publié par Sodexo, 963 des 1 097 postes concernés le seront dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), après une phase de départs volontaires. Les 134 postes restants seront supprimés au siège du groupe, situé à Issy-les-Moulineaux, en proche banlieue parisienne. En France, Sodexo emploie 25 000 collaborateurs et gère 4 000 sites, principalement dans la restauration collective et les services associés.

Le groupe explique cette restructuration par une concurrence de plus en plus intense et l'évolution des attentes des consommateurs. Thierry Delaporte, directeur général de Sodexo depuis fin 2025, avait déjà pointé du doigt, en avril 2026, un manque d'investissement dans certaines compétences et une exécution jugée insuffisante. « Pas eu assez faim », avait-il résumé, soulignant que l'entreprise n'avait pas su conserver ses clients ni développer ses contrats existants.

Des lacunes identifiées par la direction et un objectif de croissance revu à la hausse

Thierry Delaporte avait indiqué, lors d'une conférence de presse en avril 2026, que Sodexo avait « sous-investi dans des compétences » et manqué de constance dans le déploiement de ses offres. « Nous n'avons pas été assez constants dans l'exécution, ni dans la fiabilité de notre performance et de nos prévisions », avait-il ajouté. Ces déclarations interviennent alors que le groupe avait revu à la baisse ses objectifs de croissance avant de les rehausser après la publication de ses résultats du troisième trimestre, meilleurs que prévu.

Pour 2026, Sodexo avait qualifié l'année de période de « transition », marquée par des investissements accrus. Le groupe a annoncé qu'il publierait les résultats de son exercice décalé 2025-2026 le 23 octobre 2026. Ces résultats seront scrutés pour évaluer l'impact des mesures prises et la capacité du groupe à redresser sa trajectoire.

Une stratégie axée sur l'innovation, les nouveaux marchés et la simplification des processus

Avec ce plan de transformation, Sodexo entend investir dans l'innovation numérique, acquérir de nouveaux marchés et simplifier ses modes de fonctionnement. Le groupe précise que les suppressions d'emplois s'accompagneront d'un « processus d'information et de consultation des instances représentatives du personnel », engagé dès mercredi. Ces consultations sont une étape obligatoire avant toute mise en œuvre d'un plan social en France.

Ce plan de restructuration intervient dans un contexte économique déjà marqué par une précédente vague de suppressions d'emplois en 2020, lorsque Sodexo avait annoncé la suppression de plus de 2 000 postes en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19. Cette crise avait lourdement impacté le secteur de la restauration collective, déjà fragilisé par les restrictions et les fermetures prolongées.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats de la consultation des représentants du personnel et de l'avancement du plan « Shift and Grow 2030 ». La publication des résultats annuels le 23 octobre 2026 pourrait apporter des éclairages sur l'efficacité des mesures mises en place. Par ailleurs, l'évolution de la concurrence et la capacité du groupe à fidéliser ses clients resteront des facteurs déterminants pour la suite.

Les salariés concernés par ces suppressions devraient être informés dans les semaines à venir, une fois les consultations achevées. En attendant, le groupe devra gérer les conséquences sociales et économiques de cette restructuration, alors que le secteur de la restauration collective reste sous pression face à la hausse des coûts et aux attentes croissantes en matière de durabilité et d'innovation.

Sodexo n'a pas détaillé publiquement les critères précis de sélection des postes supprimés. Cependant, le groupe a indiqué que ces mesures s'inscrivaient dans une refonte globale de ses activités, visant à améliorer sa compétitivité face à la concurrence. Les suppressions concernent à la fois des postes en région et au siège, avec une attention particulière portée sur la simplification des processus et l'optimisation des ressources.