La première nuit de la dernière étape de la Solitaire du Figaro Paprec 2026, selon Le Figaro, s’est déroulée sous le signe de la patience et de la précision. Après un début de soirée marqué par des échanges serrés, le vent a progressivement faibli, obligeant les skippers à redoubler de vigilance pour conserver leur position dans les zones de pression favorables.
Ce qu'il faut retenir
- Paul Morvan (Foricher – French Touch) mène la flotte au classement après la première nuit de la dernière étape.
- Nicolas Lunven (PRB) et Tom Goron (Xplorassur) complètent le trio de tête, ce dernier retrouvant les avant-postes.
- Les conditions météo, avec un vent qui mollit progressivement, compliquent la navigation et obligent à une lecture fine du plan d’eau.
- Les écarts se creusent par petites touches, souvent grâce à une meilleure exploitation des risées ou des zones de vent.
- Les marins évoluent désormais au large des îles charentaises, où les positions restent fragiles et sujettes à des recompositions rapides.
Une nuit sous pleine lune et vent déclinant
La navigation s’est déroulée sous une pleine lune éclairant les eaux vendéennes, offrant une ambiance presque irréelle aux marins. Pourtant, malgré cette apparente tranquillité, la tension est restée palpable. Les skippers ont dû constamment surveiller les bascules de vent et anticiper les zones de molle pour préserver la vitesse de leurs Figaro. Les écarts se sont construits par petites touches, souvent imperceptibles, mais décisifs.
Avec un vent qui ne cesse de mollir depuis l’entame de cette dernière étape, la complexité météo s’est imposée comme l’un des principaux défis. Les marins doivent désormais composer avec des conditions en perpétuelle évolution, où chaque décision tactique peut faire la différence. Les groupes restent compacts, mais les retardataires tentent de revenir dans la course, et une simple risée peut suffire à redistribuer les cartes.
Les leaders face aux défis de la dernière ligne droite
Au classement de cette première matinée de juin, Paul Morvan (Foricher – French Touch) devance Nicolas Lunven (PRB) et Tom Goron (Xplorassur). Ce dernier, visiblement satisfait de retrouver les avant-postes, a confié avoir pu renvoyer les spis avant Noirmoutier et effectuer un bord rapide jusqu’à ce que le vent ne commence à faiblir. « On est sorti en troisième position, il me semble, et aujourd’hui on est dans le match avec les copains », a-t-il déclaré. « Ça fait du bien de jouer enfin avec eux ; je pense que c’est la première fois de cette Solitaire ».
Paul Loiseau (Région Bretagne – CMB Espoir), pour sa part, a souligné la difficulté de cette première nuit, tout en se disant satisfait de sa position. « C’est encore difficile de dire si j’ai été bon pour l’instant, mais le groupe reste compact et je suis dans le bon wagon, donc c’est plutôt cool », a-t-il indiqué. « C’est encore un bon départ. Sur l’ensemble des départs de cette Solitaire, j’arrive à être bien placé. C’est chouette d’être tout de suite dans le coup. Et puis c’est agréable d’avoir cette pleine lune pour éclairer le chemin ».
Fatigue et concentration, les nouveaux enjeux
Parmi les autres skippers, Hugo Dhallenne (Skipper Macif 2025) a reconnu que la fatigue commençait déjà à se faire sentir. « Je suis plutôt bien sorti de la baie et ensuite ça a bien déroulé cette nuit », a-t-il expliqué. « L’écart s’est un peu creusé, mais ça revient par derrière. On a quand même pu dormir et faire quelques siestes ». Pour lui, l’objectif initial de cette édition semble désormais hors de portée, mais il entend profiter de cette dernière étape pour « réaliser une belle course et prendre du plaisir sur l’eau ».
Alexis Thomas (Wings of the Ocean), quant à lui, a décrit une navigation marquée par des phases de vent évanescent. « Plus on descend vers le sud, plus le vent mollit. J’étais dans le rythme dès le départ et ça a plutôt été un bon début de course », a-t-il précisé. « Je pense qu’il ne faut surtout pas s’affoler. La route est encore très longue. Il est important de bien se préserver, surtout lors des premiers jours, pour pouvoir ensuite envoyer les watts lors de la dernière journée ».
Des conditions météo qui dictent la stratégie
Les prévisions météo annoncent une poursuite de la mollesse du vent jusqu’à midi, voire jusqu’au milieu de l’après-midi. Les marins devront donc avancer lentement vers le point Bxa, où une nouvelle phase de navigation au près est attendue. « On va essayer d’avancer doucement vers Bxa. Ça risque d’être assez long », a indiqué Tom Goron. « Ensuite, on repartira au près et on entrera dans une phase où l’on pourra commencer à se reposer un peu plus ».
Selon Alexis Thomas, le vent devrait basculer au nord-ouest, permettant à la flotte de s’étirer vers l’avant. « Quand on enverra les spis à Sein, il pourrait y avoir de gros écarts de vitesse entre ceux qui attaquent et ceux qui restent davantage sur la défensive », a-t-il souligné. « Cela promet d’être intéressant. J’espère que ça se passera bien pour nous ».
Avec cette première nuit de navigation, la Solitaire du Figaro Paprec 2026 entre dans sa phase finale, où chaque détail comptera. Les observateurs attendent désormais de voir si les leaders actuels parviendront à consolider leur avance ou si, au contraire, les retardataires sauront profiter des faiblesses de leurs adversaires pour revenir dans la course.
La dernière étape de la Solitaire du Figaro Paprec 2026 relie les côtes vendéennes à Pornichet, avec un passage au large des îles charentaises et des îles de Ré et d’Oléron. Les skippers doivent parcourir environ 300 milles nautiques dans des conditions météo changeantes.