Une offensive menée par les forces de la région semi-autonome du Puntland, dans l’est de la Somalie, a visé mercredi 5 août au matin le camp militaire de Galkayo. Selon RFI, cette opération a ciblé des troupes rivales alliées au gouvernement fédéral somalien, marquant une nouvelle escalade des tensions entre les autorités régionales et Mogadiscio.

Le camp, situé à quelque 700 kilomètres de la capitale, aurait été pris sous contrôle par les forces du Puntland dans la journée, d’après les déclarations rapportées par la radio française. Cette attaque survient dans un contexte de rivalités persistantes entre le gouvernement central et les régions autonomes du pays, où les désaccords politiques et sécuritaires s’accumulent depuis plusieurs mois.

Ce qu'il faut retenir

  • Camp de Galkayo, situé à 700 km de Mogadiscio, ciblé par une offensive des forces du Puntland le 5 août 2026.
  • Les troupes visées étaient alliées au gouvernement fédéral somalien, selon les informations de RFI.
  • Le Puntland revendique la prise du camp en fin de journée, confirmant une nouvelle escalade des tensions régionales.
  • Cette attaque s’inscrit dans un contexte de rivalités accrues entre le gouvernement central et les régions autonomes de Somalie.

Une offensive revendiquée par le Puntland

Selon les éléments rapportés par RFI, les forces du Puntland ont lancé une opération militaire contre le camp de Galkayo dans la matinée du 5 août. L’objectif affiché par les autorités régionales était de neutraliser des combattants rivaux, accusés de menacer la stabilité de la région. Les combats, décrits comme intenses, ont duré plusieurs heures avant que le Puntland ne revendique la prise du site en fin de journée.

Cette offensive survient après des mois de tensions croissantes entre Mogadiscio et le Puntland, deux entités aux visions politiques divergentes sur la gestion du pays. Le gouvernement fédéral considère les initiatives régionales comme des tentatives de saper son autorité, tandis que les autorités du Puntland défendent leur droit à gérer les affaires locales en toute autonomie.

Un camp stratégique au cœur des rivalités somaliennes

Galkayo, ville clé de la région du Mudug, est depuis longtemps un point chaud des tensions en Somalie. Sa position géographique en fait un carrefour stratégique, notamment pour le contrôle des routes commerciales et des ressources. Le camp militaire qui y est installé est l’un des rares bastions encore disputés entre les forces fédérales et les milices régionales.

Les combats de mercredi ont confirmé l’importance de ce site, tant sur le plan militaire que symbolique. Pour le Puntland, la prise du camp représente une victoire tactique, mais elle risque aussi d’attiser les tensions avec le gouvernement central, qui n’a pas manqué de dénoncer cette action unilatérale.

« Cette opération est une violation flagrante de l’unité nationale et des accords de partage du pouvoir en Somalie », a réagi un porte-parole du gouvernement fédéral sous couvert d’anonymat. « Nous prendrons les mesures nécessaires pour rétablir l’ordre constitutionnel. »

Le contexte des tensions en Somalie

La Somalie traverse depuis plusieurs années une période d’instabilité chronique, marquée par des divisions politiques entre le gouvernement fédéral et les régions autonomes comme le Puntland, le Somaliland ou encore l’État du Sud-Ouest. Ces tensions se cristallisent souvent autour de questions de sécurité, de partage des ressources ou de contrôle territorial.

Les forces du Puntland, dirigées par le président Said Abdullahi Deni, ont régulièrement défié l’autorité de Mogadiscio, notamment en refusant de participer à certaines initiatives fédérales ou en soutenant des milices locales. Cette dynamique a conduit à une multiplication des incidents armés, dont l’attaque de Galkayo n’est que le dernier en date.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer l’impact de cette offensive. Le gouvernement fédéral pourrait tenter une riposte diplomatique ou militaire, tandis que le Puntland risque de consolider ses positions dans la région. Une réunion d’urgence de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), prévue dans les prochains jours, pourrait aborder cette escalade et tenter de désamorcer la crise.

Reste à voir si cette nouvelle confrontation débouchera sur des négociations ou, au contraire, sur une intensification des hostilités. Une chose est sûre : la Somalie, déjà fragilisée par des décennies de conflits, ne peut se permettre une nouvelle guerre ouverte entre ses institutions.