L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) célèbre cette année son quart de siècle d’existence lors d’un sommet qui se tient ce lundi 1er et mardi 2 septembre 2026 à Bichkek, la capitale du Kirghizistan. Autant dire que l’événement revêt une dimension symbolique majeure, d’autant que pour la première fois, deux dirigeants d’envergure régionale font leur entrée au sein de cette enceinte : le Premier ministre indien Narendra Modi et le président iranien Massoud Pezeshkian. Ils côtoient les habitués du club, à savoir le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping, selon nos confères de RFI.
Cette édition 2026 marque un tournant dans l’histoire de l’OCS, fondée en 2001 par la Chine, la Russie et plusieurs pays d’Asie centrale. Depuis, l’organisation a élargi ses rangs à des États comme l’Inde et le Pakistan en 2017, puis à l’Iran en 2023. L’arrivée de New Delhi et de Téhéran parmi les chefs d’État et de gouvernement réunis à Bichkek souligne l’élargissement continu de l’influence de l’OCS, devenue un forum incontournable pour la coopération politique, économique et sécuritaire en Eurasie. « L’OCS représente désormais un pilier de la stabilité régionale », a déclaré un diplomate kirghiz sous couvert d’anonymat.
Ce qu'il faut retenir
- Le sommet de l’OCS célèbre son 25e anniversaire les 1er et 2 septembre 2026 à Bichkek (Kirghizistan).
- Pour la première fois, les dirigeants de l’Inde (Narendra Modi) et de l’Iran (Massoud Pezeshkian) participent à ce sommet aux côtés de Vladimir Poutine et Xi Jinping.
- L’OCS, créée en 2001, s’est élargie depuis à l’Inde, au Pakistan et à l’Iran, renforçant son rôle géopolitique en Eurasie.
Un anniversaire sous le signe de l’élargissement
La cérémonie d’ouverture, prévue ce lundi matin, sera l’occasion de revenir sur un quart de siècle de coopération entre les membres de l’OCS. Depuis sa création, l’organisation a progressivement étendu son périmètre d’action, passant d’une alliance centrée sur l’Asie centrale à un acteur global du dialogue eurasiatique. L’adhésion de l’Iran en 2023, suivie de celle de l’Inde, a notamment permis d’élargir les perspectives économiques et sécuritaires de l’organisation. « L’OCS n’est plus un simple forum régional, mais un acteur clé dans la redéfinition des équilibres géopolitiques », a indiqué un expert en relations internationales contacté par RFI.
Parmi les dossiers qui devraient dominer les discussions, la situation en Iran occupe une place centrale. Le président Massoud Pezeshkian, élu en 2024, sera sous les projecteurs pour évoquer les relations de son pays avec ses voisins, notamment après la levée progressive des sanctions internationales. « Nous comptons sur l’OCS pour renforcer notre intégration économique et sécuritaire », a-t-il déclaré lors d’une récente conférence de presse.
L’Inde, nouvelle pièce maîtresse du jeu eurasiatique
L’arrivée de Narendra Modi à Bichkek est également un événement marquant. New Delhi, qui avait rejoint l’OCS en 2017, cherche désormais à jouer un rôle accru dans les mécanismes de coopération régionale, notamment face à la montée des tensions avec la Chine sur la question des frontières. « L’Inde voit dans l’OCS une plateforme pour promouvoir la multipolarité et contester l’hégémonie de certains acteurs », explique un analyste basé à New Delhi. La présence de Modi aux côtés de Poutine et Xi Jinping pourrait ainsi donner lieu à des échanges tendus, notamment sur les questions de sécurité en Asie du Sud.
Côté économique, l’OCS pourrait aussi aborder les projets d’infrastructures liés à l’initiative « Une ceinture, une route » portée par Pékin, ainsi que les corridors commerciaux reliant l’Asie à l’Europe. « La Chine et la Russie devraient réaffirmer leur volonté de renforcer les liens économiques au sein de l’OCS, malgré leurs divergences stratégiques », précise un observateur basé à Moscou.
Quoi qu’il en soit, ce sommet intervient à un moment où les équilibres géopolitiques en Eurasie sont plus que jamais en mutation. La présence de Modi et Pezeshkian à Bichkek symbolise ainsi l’élargissement progressif de l’OCS, désormais bien au-delà de ses frontières historiques.
En plus de la Chine, de la Russie, de l’Inde et de l’Iran, l’OCS compte en 2026 le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Pakistan et, depuis 2023, l’Iran. D’autres pays comme la Biélorussie et la Turquie bénéficient d’un statut d’observateur.