Les ministres des finances des sept pays les plus industrialisés au monde se retrouvent lundi 18 et mardi 19 mai à Paris pour un sommet du G7, alors que les tensions commerciales et le rejet du multilatéralisme par l’administration américaine menacent l’unité du groupe, rapporte Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Un sommet sous haute tension : le G7 Finances se réunit à Paris les 18 et 19 mai 2026 pour deux jours de négociations.
- L’ombre de Donald Trump : le président américain a sapé les fondements du multilatéralisme et du libre-échange, piliers historiques du G7.
- Des divergences profondes : les pays membres devront trouver un terrain d’entente malgré des visions économiques opposées.
- La France en première ligne : Paris accueille les débats dans un contexte où l’Union européenne tente de préserver son modèle face aux pressions américaines.
Un G7 en crise existentielle face au protectionnisme américain
Pour la première fois depuis des décennies, le G7 ne peut plus compter sur le leadership américain pour promouvoir le libre-échange. Donald Trump, réélu en 2024, a multiplié les mesures protectionnistes, imposant des tarifs douaniers punitifs et remettant en cause les alliances traditionnelles. « Le multilatéralisme est mort », avait-il lancé lors de son discours de Davos en janvier 2026, selon Le Monde. Cette position a créé un choc parmi les partenaires historiques des États-Unis, notamment l’Allemagne, le Japon et la France, qui défendent une coopération économique internationale.
Le sommet parisien s’annonce donc comme une épreuve de force. Les discussions porteront notamment sur la taxation des géants du numérique, la régulation des marchés financiers et la transition écologique, trois sujets où les divergences entre Washington et ses alliés sont criantes. « Nous devons préserver ce qui reste du système multilatéral », a déclaré un haut responsable européen sous couvert d’anonymat. Autant dire que l’enjeu dépasse le cadre économique : il s’agit de la crédibilité même du G7.
Paris, capitale d’un G7 en quête de cohésion
La France, présidente tournante du G7 en 2026, mise sur ce sommet pour relancer le dialogue. Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie, a insisté sur la nécessité de « trouver des compromis concrets » avant la fin du mandat de Trump, prévu pour 2028. Selon Le Monde, Paris propose notamment un accord cadre sur les subventions aux industries vertes, un dossier explosif depuis que les États-Unis ont adopté l’Inflation Reduction Act, un plan de 369 milliards de dollars pour soutenir leur transition énergétique.
Cependant, les espoirs de consensus sont minces. L’Italie, dirigée par un gouvernement eurosceptique, et le Royaume-Uni, sorti de l’Union européenne, pourraient adopter des positions plus alignées sur Washington. « Le G7 n’est plus qu’un club de discussion sans pouvoir contraignant », a souligné un diplomate asiatique présent à Paris. Le sommet risque donc de se solder par des déclarations d’intention, faute de volonté politique commune.
Pour l’instant, le G7 reste un symbole d’un ordre économique en déclin. La question n’est plus de savoir si le groupe survivra, mais comment ses membres parviendront à limiter les dégâts dans un monde où les alliances se font et se défont au gré des rapports de force.
Ce sommet intervient dans un contexte de tensions commerciales inédites, avec un président américain, Donald Trump, qui a sapé les fondements du multilatéralisme et du libre-échange. Pour les autres membres du G7, il s’agit de préserver ce qui reste de la coopération économique internationale face à une politique américaine agressive et imprévisible.
Les désaccords portent principalement sur trois axes : la taxation des géants du numérique (avec des positions divergentes entre l’UE et les États-Unis), la régulation des marchés financiers (Washington rejetant toute contrainte internationale), et surtout la transition écologique, où l’Inflation Reduction Act américain est perçu comme une distorsion de concurrence par les Européens.