Une initiative inédite dans l'écosystème tech français vient d'être présentée ce mercredi 26 août 2026 dans l'émission French Tech sur BFM Business. La jeune pousse Sopht, spécialisée dans l'évaluation des impacts environnementaux des technologies de l'information, propose une solution permettant aux entreprises de mesurer avec précision l'empreinte carbone de leurs infrastructures IT. Selon nos confrères de BFM Business, cette démarche s'inscrit dans un contexte où le secteur des technologies de l'information représente désormais près de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un chiffre appelé à croître avec la digitalisation croissante des activités économiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Sopht, startup française fondée en 2024, développe des outils pour évaluer l'impact carbone des infrastructures IT en temps réel
  • Le secteur IT représente 4 % des émissions mondiales de CO₂, un chiffre en hausse constante avec la croissance du numérique
  • L'entreprise propose des solutions adaptées aux grandes entreprises et aux collectivités pour réduire leur empreinte environnementale
  • Cette initiative s'inscrit dans la stratégie nationale française de décarbonation de l'économie
  • Sopht a été invitée à présenter sa solution dans l'émission French Tech sur BFM Business le 26 août 2026

Une solution pour répondre à un enjeu environnemental majeur

Alors que les entreprises du numérique sont de plus en plus pointées du doigt pour leur consommation énergétique, Sopht se positionne comme un acteur clé pour accompagner la transition écologique du secteur. La startup, basée en France, s'appuie sur des algorithmes propriétaires capables d'analyser l'ensemble de la chaîne de valeur des infrastructures IT – des centres de données aux terminaux utilisateurs – pour en mesurer l'impact environnemental. « Nous permettons aux entreprises de disposer d'une vision claire et actionnable de leur empreinte carbone numérique », a expliqué lors de l'émission un représentant de Sopht, dont les propos sont rapportés par BFM Business.

Les outils développés par Sopht intègrent des données en temps réel, permettant aux organisations de suivre l'évolution de leurs émissions et d'identifier des leviers d'optimisation. Parmi les solutions proposées figurent des modules de reporting automatisé, des benchmarks sectoriels et des recommandations personnalisées pour réduire la consommation énergétique des équipements informatiques. Selon les estimations de l'entreprise, une entreprise moyenne pourrait réduire jusqu'à 30 % de son empreinte carbone IT en adoptant ces mesures.

Un marché en pleine expansion, mais encore fragmenté

Le marché de l'évaluation carbone des infrastructures IT est encore émergent, mais il connaît une croissance soutenue. Les réglementations européennes, notamment la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), imposent désormais aux grandes entreprises de publier des rapports détaillés sur leur impact environnemental, incluant leur consommation énergétique numérique. Sopht se positionne comme l'un des rares acteurs français à proposer une solution clé en main pour répondre à ces exigences, en combinant technologie et expertise métier.

Pour l'instant, l'entreprise cible principalement les grands groupes industriels, les banques et les assurances, ainsi que les collectivités territoriales. « Nous travaillons avec des clients qui ont pris conscience de l'urgence climatique et qui souhaitent agir rapidement », précise-t-on chez Sopht. La startup collabore également avec des acteurs publics pour intégrer ses solutions dans des projets de smart cities, où la gestion des données et des infrastructures IT est un enjeu central.

Une approche innovante, mais des défis à relever

Malgré l'enthousiasme suscité par cette initiative, Sopht doit encore convaincre un marché parfois réticent. Certaines entreprises hésitent à investir dans des outils d'évaluation carbone, faute de visibilité sur le retour sur investissement. D'autres pointent du doigt le coût élevé des solutions proposées, bien que Sopht affirme que ses tarifs sont alignés sur ceux des acteurs internationaux du secteur. « Le principal frein reste la méconnaissance des enjeux », souligne un expert du numérique durable interrogé par BFM Business.

Par ailleurs, l'entreprise doit faire face à une concurrence internationale, notamment américaine et asiatique, où plusieurs startups proposent des solutions similaires. Pour se différencier, Sopht mise sur son ancrage local et sa capacité à adapter ses outils aux spécificités du marché français et européen. « Nous bénéficions d'une réglementation contraignante, ce qui nous donne un avantage concurrentiel », explique-t-on au sein de l'entreprise. Reste à voir si cette stratégie suffira à garantir une croissance pérenne dans un secteur en pleine mutation.

Et maintenant ?

D'ici la fin de l'année 2026, Sopht prévoit de finaliser le déploiement de sa solution auprès d'une dizaine de clients pilotes, dont plusieurs grands comptes français. L'entreprise devrait également annoncer un partenariat avec un acteur majeur du secteur énergétique pour renforcer la précision de ses outils. À plus long terme, Sopht ambitionne de s'étendre à l'international, en ciblant en priorité l'Europe et l'Amérique du Nord, où la demande pour des solutions de décarbonation IT est en forte hausse. Une levée de fonds est également envisagée pour accélérer son développement.

Cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large visant à rendre le secteur IT plus durable. En France, plusieurs acteurs publics et privés travaillent à la création d'un label « Numérique Responsable », qui pourrait devenir une référence pour les entreprises souhaitant valoriser leurs efforts en matière de réduction de leur empreinte carbone. Une première version de ce label devrait être dévoilée d'ici la fin de l'année 2026.

Un secteur IT sous pression climatique

Le poids croissant des infrastructures IT dans le bilan carbone des entreprises n'est plus un secret. Selon l'ADEME, le numérique représente aujourd'hui 10 % de la consommation électrique mondiale, et cette part pourrait atteindre 20 % d'ici 2030 si aucune mesure n'est prise. Face à ce constat, les régulateurs européens et français multiplient les initiatives pour encadrer l'impact environnemental du secteur. La loi REEN (Réduction de l'Empreinte Environnementale du Numérique), adoptée en 2021, impose notamment aux opérateurs télécoms et aux fournisseurs de cloud de réduire leurs émissions de 50 % d'ici 2030.

Dans ce contexte, des acteurs comme Sopht jouent un rôle clé en offrant aux entreprises les outils nécessaires pour mesurer et réduire leur impact. « L'urgence climatique ne laisse plus le choix : le secteur IT doit se transformer », rappelle un expert en transition écologique. Reste à voir si les entreprises et les pouvoirs publics sauront saisir cette opportunité pour accélérer la transition vers un numérique plus vertueux.

Selon les experts consultés par BFM Business, les principaux leviers incluent l'optimisation des centres de données (refroidissement, virtualisation), le choix d'équipements éco-conçus, la mutualisation des ressources via le cloud, et la sensibilisation des utilisateurs à une utilisation plus sobre des outils numériques. Sopht, par exemple, met en avant des solutions de reporting automatisé et des recommandations personnalisées pour cibler les postes les plus émetteurs.