L’introduction en Bourse de SpaceX, présentée comme la plus importante de l’histoire du secteur aérospatial, redistribue les cartes entre un cercle restreint d’investisseurs historiques et d’anciens dirigeants de l’entreprise. Selon Cryptoast, cette opération financière majeure, qui a valu à l’entreprise une valorisation colossale, révèle les noms des principaux bénéficiaires derrière Elon Musk, qui conserve malgré tout le contrôle absolu de l’entreprise.

Ce qu'il faut retenir

  • Alphabet (maison mère de Google) détient entre 5 et 7,5 % de SpaceX, faisant de lui le premier investisseur institutionnel de l’entreprise.
  • Valor Equity Partners, fonds dirigé par Antonio Gracias, possède environ 3,8 % du capital, tandis que Founders Fund (Peter Thiel, Luke Nosek) en possède entre 1,5 et 3,5 %.
  • Plus de 4 400 employés et anciens salariés deviennent millionnaires grâce à l’IPO, dont 400 avec une participation supérieure à 100 millions de dollars.
  • Elon Musk conserve 42 à 46 % du capital et 82 à 85 % des droits de vote, assurant son contrôle total sur l’entreprise.
  • Les gains des actionnaires sont pour l’instant latents, soumis à des périodes de blocage (lock-up) échelonnées, avec un verrouillage de 366 jours pour Musk.

Les fonds institutionnels, piliers de l’aventure SpaceX

Dès 2015, Alphabet, la maison mère de Google, s’est positionné comme l’un des premiers investisseurs majeurs de SpaceX. Selon les estimations rapportées par Cryptoast, le géant de la tech détiendrait aujourd’hui entre 5 et 7,5 % du capital, ce qui en fait de loin le plus important actionnaire institutionnel avant même l’IPO. Son engagement remonte à un tour de table mené aux côtés de Fidelity, un autre fonds emblématique du capital-risque américain.

Parmi les autres acteurs historiques, Valor Equity Partners, dirigé par Antonio Gracias – un proche d’Elon Musk et membre du conseil d’administration de SpaceX – détient une participation estimée à 3,8 %. Ce fonds, présent dès les premières heures de l’entreprise, illustre l’importance des réseaux d’investisseurs liés au patron de Tesla et de SpaceX.

Founders Fund, cofondé par Peter Thiel et Luke Nosek, figure également parmi les pionniers. Le fonds, qui a cru en SpaceX dès 2008, possède aujourd’hui entre 1,5 et 3,5 % du capital, tandis que Luke Nosek détient des parts via son holding personnel. Fidelity, quant à lui, cumulerait une exposition globale comprise entre 3 et 5 % à travers ses différents fonds.

D’autres investisseurs historiques comme DFJ Growth (Steve Jurvetson) avec plus de 2 % du capital, ou des acteurs entrés plus tardivement comme Sequoia Capital et Andreessen Horowitz, complètent cette liste. Au total, près de 400 fonds de capital-risque seraient aujourd’hui actionnaires de SpaceX, la majorité avec des participations modestes, parfois inférieures à 0,2 %.

Les grands gagnants individuels, entre dirigeants et figures emblématiques

Sans surprise, Elon Musk reste le principal bénéficiaire de l’opération. À l’issue de l’IPO, il conserve entre 42 et 46 % du capital de SpaceX et surtout 82 à 85 % des droits de vote, grâce à la détention d’actions de catégorie B à droits multiples. Ce mécanisme lui garantit un contrôle quasi absolu sur la stratégie et les décisions de l’entreprise, malgré la dilution liée à l’introduction en Bourse.

Côté dirigeants, Bret Johnsen, directeur financier de SpaceX depuis 2011, se distingue. Recruté en partie pour préparer cette IPO, il détient désormais environ 9,6 millions d’actions, une participation qui le place parmi les nouveaux milliardaires issus de l’opération. Tom Mueller, premier employé de SpaceX recruté en 2002 et concepteur des moteurs Merlin, a également tiré profit de cette valorisation. Bien que sa participation ne représente plus que 0,06 % après son départ fin 2020, cette fraction est devenue une fortune colossale avec l’IPO.

Parmi les profils inattendus, Jack Dorsey, cofondateur de Twitter et patron de Block, figure en bonne place. Lors de la reprise de Twitter par Musk en 2022, Dorsey n’a pas liquidé ses parts, mais les a converties en participations dans les sociétés de Musk. Cette stratégie l’a suivi jusqu’à la fusion entre X (ex-Twitter) et xAI, puis entre xAI et SpaceX, aboutissant à une participation estimée à 0,12 % du capital de SpaceX après l’IPO. D’autres personnalités comme le prince saoudien Alwaleed bin Talal (0,28 %) ou Larry Ellison, fondateur d’Oracle (0,15 %), complètent ce cercle restreint de grands gagnants individuels.

Une fortune largement virtuelle, sous conditions

Si l’IPO de SpaceX a créé des fortunes sur le papier, la majorité de ces gains restent pour l’instant latents. Les employés et dirigeants sont soumis à un calendrier de libération échelonné des actions, limitant les ventes massives à court terme. Elon Musk, lui, est bloqué pendant 366 jours, selon les documents officiels. Personne ne pourra donc céder ses titres en masse avant cette échéance, ce qui limite les risques de pression à la baisse sur le cours.

Les pourcentages cités dans les différents rapports – notamment ceux de Forbes – restent des estimations croisées, faute de transparence totale. Seules les participations supérieures à 5 % ainsi que celles des membres du conseil d’administration sont précisément détaillées dans les documents publics. Pour le reste, les chiffres avancés reposent sur des sources internes et des analyses sectorielles, ce qui laisse une marge d’incertitude sur l’exactitude des données.

Et maintenant ?

L’introduction en Bourse de SpaceX ouvre une nouvelle phase pour l’entreprise, mais plusieurs inconnues subsistent. La valorisation atteinte lors de l’IPO devra être confirmée par le marché dans les mois à venir, avec un risque de volatilité accrue. Les périodes de blocage des actions, notamment pour Musk et les dirigeants, pourraient également influencer la liquidité et la stabilité du titre. Enfin, la stratégie industrielle de SpaceX, axée sur Starship et les missions habitées, restera sous scrutiny, tout comme sa capacité à générer des revenus suffisants pour justifier une valorisation aussi élevée.

Cette opération financière, sans précédent dans le secteur spatial, confirme aussi l’appétit des investisseurs pour les acteurs liés à l’innovation technologique. Elle pourrait servir de catalyseur pour d’autres introductions en Bourse dans l’aérospatial et les technologies connexes, à condition que les promesses de croissance se concrétisent.

Comme tout investissement en actions, l’achat de titres SpaceX comporte un risque de perte en capital, surtout dans un contexte de valorisation élevée. Les actions sont soumises à la volatilité des marchés, et leur cours pourrait fluctuer fortement en fonction des résultats opérationnels et des perspectives de l’entreprise. De plus, les périodes de blocage (lock-up) limitent la liquidité à court terme.

Elon Musk détient des actions de catégorie B à droits de vote multiples, ce qui lui permet de conserver environ 82 à 85 % des droits de vote tout en ne possédant que 42 à 46 % du capital. Ce mécanisme, courant dans les entreprises technologiques, lui garantit un pouvoir de décision prépondérant malgré la dilution liée à l’introduction en Bourse.