Selon Numerama, l’entrée en Bourse de SpaceX a pris une ampleur historique en moins de 72 heures. Vendredi 12 juin, l’entreprise d’Elon Musk a fait ses premiers pas au Nasdaq, et dès lundi 16 juin, sa valorisation atteignait environ 2 520 milliards de dollars, la hissant à la sixième place mondiale, juste derrière Amazon et ses 2 650 milliards. Un bond spectaculaire pour une introduction qui, en trois jours, a ajouté plus de 700 milliards à sa valeur initiale de 1 770 milliards.

Ce qu'il faut retenir

  • Valorisation historique : SpaceX est passée de 1 770 à 2 520 milliards de dollars en trois jours, talonnant Amazon.
  • Écart abyssal avec les revenus : En 2025, SpaceX a enregistré 18,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre 717 milliards pour Amazon.
  • Perte nette en 2025 : L’entreprise a affiché une perte de 4,9 milliards, mais mise sur Starlink, Starship et xAI pour l’avenir.
  • Contrats majeurs pour xAI : Des accords avec Anthropic et Google pourraient générer 26 milliards de revenus annuels à terme.
  • IPO record : Seuls 4 % du capital (555 millions d’actions) ont été mis sur le marché, alimentant la spéculation.

Une ascension fulgurante en Bourse

SpaceX a réalisé en trois jours ce que la plupart des entreprises mettent des années à accomplir. Selon Numerama, son introduction en Bourse, qualifiée d’« IPO du siècle », a immédiatement captivé les investisseurs. Dès sa première séance post-cotation, le titre a progressé de près de 20 %, prolongeant une dynamique déjà initiée le vendredi. En moins de 72 heures, l’entreprise a dépassé Saudi Aramco, Broadcom et TSMC, confirmant son statut de géante mondiale.

Cette valorisation record soulève cependant des questions sur la durabilité de ce rallye. Si SpaceX a intégré xAI dans ses comptes, elle affiche une perte nette de 4,9 milliards de dollars pour l’exercice 2025. Pourtant, la Bourse semble miser sur un pari à long terme, plus que sur des résultats immédiats. Comme le souligne Numerama, « acheter du SpaceX, c’est parier sur l’exécution d’Elon Musk à un horizon de dix ans » — et non sur une machine à cash déjà opérationnelle.

Des activités prometteuses, mais des revenus encore modestes

En 2025, SpaceX a généré 18,7 milliards de dollars de revenus, en hausse de 33 % sur un an. Cette performance reste cependant très en deçà de celle d’Amazon, qui a encaissé 717 milliards la même année. L’écart est d’autant plus frappant que la valorisation de SpaceX représente aujourd’hui 135 fois ses revenus annuels, un ratio bien supérieur à celui des géants technologiques déjà cotés.

Trois activités structurent aujourd’hui les espoirs de croissance de SpaceX : Starlink, Starship et xAI. Starlink, qui domine le marché de l’internet par satellite, a généré 11,4 milliards de revenus en 2025. Starship, dont les promesses pour les missions lunaires et martiennes se concrétisent, a rapporté 4,1 milliards. Enfin, xAI, spécialisée dans les infrastructures pour l’intelligence artificielle, a enregistré 3,2 milliards de revenus l’an dernier. Autant dire que, pour l’instant, la valeur boursière de SpaceX repose davantage sur des potentiels que sur des chiffres concrets.

xAI : d’un pari à un rôle stratégique

L’intégration de xAI au sein de SpaceX a d’abord été perçue comme un risque, l’entreprise affichant des pertes depuis son absorption. Pourtant, selon Numerama, Elon Musk a soigneusement préparé le terrain avant l’IPO. Plusieurs contrats majeurs ont été signés pour louer la puissance de calcul de ses supercalculateurs Colossus à des acteurs comme Anthropic et Google. « Ces accords transforment xAI d’un simple pari autour du modèle Grok en un fournisseur d’infrastructures stratégiques pour l’IA », explique Numerama.

Les chiffres donnent le vertige : Anthropic et Google pourraient générer à eux deux 2,17 milliards de dollars par mois grâce à ces locations. À terme, cela représenterait plus de 26 milliards de revenus annuels — un montant encore loin des 717 milliards d’Amazon, mais qui pourrait bouleverser le paysage de l’IA. Google devrait commencer à utiliser ces infrastructures dès octobre 2026, un calendrier qui pourrait soutenir la valorisation de SpaceX dans les mois à venir.

Un engouement boursier nourri par la rareté

L’IPO de SpaceX a également été marquée par une particularité : seuls 4 % du capital (soit 555 millions d’actions) ont été mis sur le marché. Une rareté qui a attisé l’appétit des investisseurs particuliers, déjà très actifs sur les introductions en Bourse récentes. Cet effet de rareté, couplé à l’aura d’Elon Musk, a amplifié la hausse du titre. « La Bourse ne paie pas des bénéfices, elle paie un pari », résume Numerama, rappelant que des géants comme Nvidia (5 000 milliards de valorisation pour 215,9 milliards de revenus) ou Microsoft (305 milliards de revenus) ont connu des valorisations bien supérieures à leurs performances immédiates.

Reste à savoir si cet enthousiasme persistera. Pour Numerama, tout dépendra de la capacité de SpaceX à concrétiser ses promesses technologiques et à transformer ses activités en sources de revenus pérennes. En attendant, la question d’un possible dépassement d’Amazon se pose. Si cela devait arriver, SpaceX deviendrait la cinquième entreprise mondiale — un cap symbolique qui pourrait être atteint dès l’ouverture de Wall Street ce mardi 16 juin.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient influencer l’évolution de la valorisation de SpaceX dans les prochains mois. D’abord, le déploiement effectif des infrastructures de xAI pour Google, prévu à partir d’octobre 2026, devrait apporter une visibilité sur la rentabilité de cette branche. Ensuite, les prochaines annonces concernant Starship — notamment ses missions lunaires et martiennes — pourraient renforcer la crédibilité du pari technologique. Enfin, la capacité de Starlink à maintenir sa croissance face à la concurrence (comme celle de Kuiper d’Amazon) sera un facteur clé. Pour l’instant, tout reste ouvert : la Bourse a choisi de miser sur l’avenir, mais les résultats concrets tardent à venir.

Si SpaceX est aujourd’hui le symbole d’une nouvelle ère pour les introductions en Bourse, son succès dépendra in fine de sa capacité à passer du statut de « pari boursier » à celui d’entreprise génératrice de richesse durable. Pour l’heure, les investisseurs semblent prêts à patienter.

La valorisation d’une entreprise en Bourse ne repose pas uniquement sur ses résultats immédiats, mais aussi sur ses perspectives de croissance et sa capacité à innover. SpaceX mise sur des technologies comme Starlink, Starship et xAI, qui pourraient générer des revenus colossaux à long terme, même si les chiffres actuels sont encore modestes. C’est ce que l’on appelle un « pari sur le futur », similaire à ce qu’ont vécu d’autres géants technologiques comme Nvidia ou Tesla.

Les principaux risques incluent la capacité de SpaceX à transformer ses projets (comme xAI ou Starship) en sources de revenus stables, la concurrence accrue dans le spatial (avec des acteurs comme Blue Origin ou les projets lunaires chinois) et la dépendance à la capacité d’Elon Musk à maintenir l’engouement boursier. Une baisse de confiance pourrait entraîner une correction brutale, comme cela a déjà été observé avec d’autres entreprises liées à Musk.