La Fondation Insertion – Jeunes par le Sport a été officiellement lancée ce jeudi 27 août 2026 au cœur de Roland-Garros, à l’occasion de la Rencontre des Entrepreneurs de France organisée par le MEDEF. Ce projet, porté conjointement par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), France Travail et le MEDEF, ambitionne de devenir un levier majeur pour l’insertion professionnelle des jeunes éloignés de l’emploi. Selon nos confrères de RMC Sport, l’objectif est clair : accompagner 100 000 jeunes d’ici 2030, en s’appuyant sur le réseau des clubs sportifs comme tremplin vers l’emploi.
Ce qu'il faut retenir
- Une fondation inédite lancée le 27 août 2026 par le CNOSF, France Travail et le MEDEF à Roland-Garros, visant 100 000 jeunes insérés d’ici 2030.
- Le dispositif mise sur les 160 000 clubs sportifs français pour repérer et valoriser des compétences comme la ponctualité, la discipline ou le travail d’équipe.
- Cinq entreprises se sont déjà engagées à proposer des stages, alternances ou emplois aux jeunes ciblés.
- Des programmes similaires, comme celui de la Fédération française de voile, affichent déjà 80 % de sorties positives pour les jeunes accompagnés.
- Près de 1,5 million de jeunes sont aujourd’hui sans emploi, sans formation ou sans accompagnement en France.
Un dispositif inédit pour briser les barrières de l’insertion
Face à un taux de chômage élevé parmi les jeunes, cette initiative cherche à transformer le terrain de sport en un espace de recrutement innovant. 1,5 million de jeunes âgés de 16 à 29 ans sont aujourd’hui en situation de décrochage scolaire ou professionnel, selon les chiffres présentés lors du lancement. Le sport, souvent perçu comme un dernier bastion de sociabilité pour ces jeunes, devient un terrain de repérage privilégié. « Le club révèle le potentiel, France Travail accompagne le jeune et l’entreprise lui ouvre une porte », résume Amélie Oudéa-Castéra, présidente du CNOSF. L’idée n’est pas de créer une nouvelle structure, mais de faire converger les clubs, les entreprises et les acteurs de l’emploi autour d’un objectif commun.
Les compétences sportives au service de l’emploi
Les fédérations sportives, comme celle de la voile avec son programme « la mer est à vous », ont déjà fait leurs preuves. Depuis cinq ans, ce dispositif a accompagné plus de 400 jeunes, avec un taux de réussite de 80 % de sorties positives, selon Jean-Luc Denéchau, son président. La nouvelle fondation entend capitaliser sur ces expériences en les étendant à d’autres disciplines, comme le rugby, le basket ou le tennis de table. « Le sport permet de révéler des compétences qui ne figurent pas sur un CV : ponctualité, discipline, persévérance », souligne Amélie Oudéa-Castéra. Ces « soft skills », souvent sous-estimées, pourraient ainsi devenir des atouts majeurs pour les employeurs.
Un fonctionnement basé sur trois piliers : clubs, entreprises et accompagnement
Le modèle repose sur une collaboration tripartite. Les clubs, au nombre de 160 000 en France, seront les premiers maillons du dispositif. Ils devront être accompagnés pour mieux identifier les compétences développées par les jeunes et les traduire en termes professionnels. France Travail interviendra ensuite pour proposer un accompagnement personnalisé, tandis que les entreprises s’engageront à offrir des débouchés concrets : stages, formations, alternances ou emplois. Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, explique : « Ce qui nous intéresse dans le sport, c’est de changer le regard des employeurs sur les talents. Les compétences sont diverses, et c’est en les révélant que l’on accompagne la performance des entreprises. »
Cinq entreprises ont déjà répondu présent, sans que leurs noms ne soient communiqués lors du lancement. Leur rôle sera crucial pour concrétiser les opportunités proposées aux jeunes. L’enjeu est de taille : 10 000 à 15 000 jeunes sont déjà accompagnés chaque année par des programmes similaires, mais la fondation vise une multiplication par dix de cet impact d’ici 2030.
Un modèle qui s’appuie sur des expériences existantes
La Fondation Insertion – Jeunes par le Sport n’est pas née ex nihilo. Plusieurs fédérations ont déjà développé des initiatives en ce sens. La Fédération française de voile, avec son programme « la mer est à vous », a accompagné plus de 400 jeunes en cinq ans, avec un taux de réussite de 80 %. D’autres disciplines, comme le rugby, le basket ou le tennis de table, ont également mis en place des dispositifs similaires. Ces programmes, bien que limités en volume, démontrent l’efficacité de l’approche. La nouvelle fondation a donc pour mission de passer à l’échelle en s’appuyant sur ces retours d’expérience.
Selon les chiffres présentés lors du lancement, ces actions permettent déjà d’accompagner entre 10 000 et 15 000 jeunes chaque année. L’objectif affiché de la fondation est donc de multiplier cet impact par dix pour atteindre les 100 000 jeunes en 2030. Un défi ambitieux, mais réalisable selon ses promoteurs, à condition de convaincre davantage d’entreprises de s’engager dans le projet.
Reste à voir si ce modèle, qui mise sur le sport comme levier d’insertion, parviendra à convaincre au-delà des cercles déjà acquis. L’enjeu est de taille : transformer une idée innovante en une réalité concrète pour des milliers de jeunes en quête d’opportunités.
Toutes les entreprises, quels que soient leur taille ou leur secteur, peuvent rejoindre la fondation. L’objectif est de diversifier les opportunités proposées aux jeunes, en misant sur des stages, alternances, emplois ou mentorat. Cinq entreprises se sont déjà engagées lors du lancement, sans que leurs noms ne soient dévoilés.
La fondation prévoit un programme de formation pour les dirigeants et éducateurs sportifs. L’idée est de leur apprendre à repérer et valoriser des compétences comme la ponctualité, la discipline ou le travail d’équipe, et à les traduire en termes professionnels pour les employeurs.