Le réalisateur indien SS Rajamouli, déjà auréolé d’un Oscar pour son film RRR en 2023, voit son nouveau long-métrage, Adipurush, sortir enfin en salles ce 9 août 2026. Selon Libération, ce cinéaste s’impose comme l’un des architectes incontournables du box-office mondial, capable de transformer des récits historiques ou mythologiques en spectacles visuels d’une ampleur rarement égalée.

Ce qu'il faut retenir

  • SS Rajamouli a remporté l’Oscar du meilleur film international en 2023 pour RRR, un succès mondial avec plus de 500 millions de dollars de recettes.
  • Son nouveau film, Adipurush, sort en salles le 9 août 2026 après plusieurs reports liés à des polémiques et à la pandémie.
  • Le réalisateur est connu pour ses blockbusters « joyeusement excessifs », mêlant action, effets spéciaux spectaculaires et récits épiques.
  • Le film RRR avait marqué les esprits avec une scène de danse devenue virale, ainsi que des performances acclamées par la critique internationale.

À 49 ans, SS Rajamouli, de son nom complet Sankalp Rajamouli, a su s’imposer comme un pilier du cinéma indien contemporain. Son approche, souvent qualifiée d’hyperbolique et d’exubérante, a conquis un public bien au-delà des frontières de l’Inde. RRR, son film le plus célèbre, avait déjà cumulé 910 millions de dollars de recettes mondiales, un record pour un film en télougou. Ces chiffres, cités par Libération, illustrent l’ampleur de son influence.

Avec Adipurush, Rajamouli plonge dans la mythologie hindoue en adaptant l’épopée du Ramayana, un choix audacieux qui a suscité autant d’enthousiasme que de controverses. Le film met en scène Prabhas dans le rôle de Rama et Saif Ali Khan dans celui du démon Ravana, deux acteurs déjà familiers du public pour leurs rôles dans des productions à gros budget. Selon Libération, la sortie du film, initialement prévue en 2023, a été plusieurs fois repoussée en raison de débats sur la représentation des divinités et des enjeux de censure en Inde.

Rajamouli n’est pas seulement un réalisateur de blockbusters. Il a également marqué l’histoire du cinéma indien par des œuvres comme Baahubali: The Beginning (2015) et Baahubali 2: The Conclusion (2017), qui ont battu des records de recettes en Inde et à l’étranger. Ces films, souvent comparés aux grandes productions hollywoodiennes pour leur ambition visuelle, ont prouvé que le cinéma indien pouvait rivaliser avec les standards internationaux. « Je veux que le public ressente l’émotion brute du récit, même s’il doit en payer le prix par des effets spectaculaires », avait-il déclaré à Libération lors d’un entretien en 2022.

La sortie d’Adipurush intervient dans un contexte où le cinéma indien, et plus largement le cinéma asiatique, gagne en visibilité sur la scène mondiale. Les plateformes de streaming et les festivals internationaux ont joué un rôle clé dans cette reconnaissance. Pourtant, Rajamouli reste attaché à une logique de salles : « Le cinéma, c’est une expérience collective. Rien ne remplace le frisson de la salle noire », a-t-il souligné. Son approche contraste avec celle de nombreux réalisateurs qui privilégient désormais les sorties en streaming, surtout depuis la pandémie.

Et maintenant ?

La sortie d’Adipurush pourrait bien relancer le débat sur la représentation des mythes dans le cinéma grand public. Les salles indiennes, déjà en pleine reprise post-Covid, misent sur ce film pour attirer un public familial et international. D’ici la fin de l’année, Rajamouli devrait également finaliser les préparatifs de son prochain projet, un film de science-fiction dont les détails restent encore confidentiels. Reste à voir si ce nouveau chapitre confirmera son statut de « roi du blockbuster » ou s’il opérera un virage vers des récits plus intimistes.

En élargissant la perspective, l’engouement pour Rajamouli pose une question plus large : comment le cinéma populaire peut-il concilier succès commercial et profondeur narrative ? À l’heure où les écrans sont saturés de contenus, son parcours rappelle que l’excès, bien maîtrisé, peut encore séduire des millions de spectateurs. Un modèle que d’autres réalisateurs, en Inde comme ailleurs, pourraient bien chercher à reproduire.

SS Rajamouli est notamment connu pour la saga Baahubali, composée de deux volets sortis en 2015 et 2017. Ces films, qui ont cumulé plus de 1 milliard de dollars de recettes mondiales, ont marqué l’histoire du cinéma indien par leurs effets spéciaux et leur narration épique.