Le lancement du stablecoin Open USD (OUSD), annoncé fin juin comme une initiative majeure portée par plus de 140 entreprises, est déjà entaché d’une polémique. Selon Cryptoast, plusieurs sociétés citées dans le consortium affirment n’avoir jamais validé leur participation, révélant une communication approximative de la part d’Open Standard.

Ce qu'il faut retenir

  • L’OUSD, présenté comme un stablecoin révolutionnaire avec un modèle de propriété partagée, comptait initialement 140 entreprises partenaires, dont Visa, Mastercard ou Coinbase.
  • Plusieurs sociétés, dont Samsung Electronics et Shinhan Financial Group, dénoncent une inscription abusive, n’ayant donné qu’une réponse polie et non engageante à une sollicitation.
  • Open Standard aurait simplement interrogé ces entreprises sur leur intérêt pour le projet, sans validation formelle de leur adhésion.
  • La crédibilité du consortium est remise en cause, alors que le marché des stablecoins, dominé par l’USDC et l’USDT, reste sous haute tension réglementaire.
  • La clarification sur la gouvernance et la liste officielle des membres sera déterminante pour la légitimité de l’OUSD.

Un projet ambitieux porté par un consortium de 140 entreprises

Le 30 juin dernier, Open Standard annonçait le lancement d’un stablecoin baptisé Open USD (OUSD), présenté comme le plus ambitieux jamais créé. Porté par un consortium du même nom, le projet revendiquait le soutien de géants comme Visa, Mastercard, Stripe, American Express, Coinbase ou encore BlackRock. Contrairement aux modèles classiques où un émetteur unique contrôle les réserves, l’OUSD proposait un système de propriété partagée : les institutions participantes pouvaient frapper et racheter le token sans limite de volume, tout en se partageant les revenus générés.

Ce modèle visait à faciliter l’intégration des paiements en dollars numériques dans les circuits bancaires traditionnels. Mais dès les premiers jours, des dysfonctionnements dans la communication ont jeté une ombre sur le projet. Plusieurs entreprises citées dans la liste officielle ont vivement réagi, dénonçant une inscription abusive.

Des entreprises découvrent leur adhésion via la presse

Parmi les sociétés contestataires figure Samsung Electronics, dont un responsable a clairement indiqué à Cryptoast que le groupe n’avait jamais été consulté officiellement. « Il n’y a pas eu de consultations officielles, et nous ne savons même pas quel rôle nous sommes censés jouer dans le consortium », a-t-il déclaré. D’autres acteurs sud-coréens, comme Shinhan Financial Group, Dunamu (maison mère de l’exchange Upbit) ou encore Kbank, ont adopté une position similaire.

Un responsable d’une de ces entreprises a précisé : « Nous avons appris que nous étions inclus comme membres du consortium OUSD par les informations locales. Notre réponse à la sollicitation d’Open Standard sur la participation a consisté simplement à dire que nous allions étudier la question. » Il a ajouté : « Nous sommes surpris d’être cités comme membres. » Selon lui, Open Standard se serait contenté d’une réponse polie et non engageante pour inclure ces entreprises dans la liste des partenaires.

Une gouvernance floue qui interroge

Cette polémique survient alors que le marché des stablecoins, estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars, reste dominé par deux acteurs majeurs : l’USDC de Circle, avec une capitalisation d’environ 73 milliards de dollars, et l’USDT de Tether, qui dépasse les 184 milliards. Pour bousculer ce duopole, l’OUSD devait se distinguer par une exécution technique irréprochable et une gouvernance transparente.

Pourtant, cette communication hasardeuse autour de la composition du consortium soulève des questions sur la fiabilité du projet. Tether, de son côté, continue de rejeter la régulation européenne MiCA, la qualifiant de « dangereuse » pour les émetteurs de stablecoins. À l’inverse, Circle a obtenu son agrément MiCA en France et renforce sa position en Europe. Dans ce contexte, la crédibilité de l’OUSD dépendra de la capacité d’Open Standard à clarifier rapidement sa gouvernance et à publier une liste officielle validée par chaque entreprise citée.

Un stablecoin sous pression réglementaire

L’ambition de l’OUSD était de faciliter l’adoption des dollars numériques dans les paiements traditionnels, en s’appuyant sur un réseau diversifié d’institutions financières. Mais avec des partenaires potentiels remettant en cause leur participation, le projet risque de perdre en légitimité avant même son décollage. Les investisseurs, eux, attendent des garanties solides sur la gouvernance et les modalités de participation avant de se positionner.

Côté technique, l’OUSD promet un modèle innovant où les revenus des réserves sont partagés entre les participants. Cependant, sans une adhésion claire et formalisée des entreprises citées, ce mécanisme risque de rester théorique. Les prochaines semaines seront cruciales pour observer la réaction d’Open Standard face à ces désaveux publics.

Et maintenant ?

Open Standard devra publier sous peu une liste officielle des membres du consortium, accompagnée de précisions sur leur rôle et leurs engagements. Si aucune clarification n’est apportée d’ici la fin du mois de juillet, la crédibilité de l’OUSD pourrait être durablement affectée. Par ailleurs, les régulateurs européens, déjà attentifs à la transparence des stablecoins, pourraient s’intéresser de près à cette affaire. Enfin, les investisseurs devraient surveiller de près l’évolution de la gouvernance du projet avant d’envisager tout engagement financier.

Le lancement de l’OUSD illustre les défis auxquels font face les initiatives blockchain visant à s’intégrer aux systèmes financiers traditionnels. Dans un secteur où la confiance est un pilier essentiel, une communication rigoureuse et une gouvernance transparente restent les clés d’un succès durable.

Plusieurs sociétés, dont Samsung Electronics, Shinhan Financial Group, Dunamu (maison mère de l’exchange Upbit) et Kbank, ont dénoncé leur inscription abusive. Selon leurs déclarations, elles n’ont jamais formellement validé leur participation au projet.

Contrairement aux stablecoins classiques où un émetteur unique contrôle les réserves, l’OUSD propose un modèle de propriété partagée. Les institutions participantes peuvent frapper et racheter le token sans limite de volume, tout en se partageant les revenus générés par les réserves.