Le collectif breton Stand High Patrol, reconnu pour son style unique mêlant dub, house et reggae, revient sur le devant de la scène avec un nouvel album intitulé Skanking & Jacking, sorti le 29 mai 2026. Selon Franceinfo - Culture, ce retour s’accompagne d’une tournée à travers la France et Bruxelles, confirmant la longévité d’un groupe qui a su imposer son « dubadub » sur la scène européenne.
Ce qu'il faut retenir
- Stand High Patrol, collectif français fondé en 2001, célèbre ses 25 ans avec un nouvel album, Skanking & Jacking, sorti le 29 mai 2026.
- Le groupe, mené par Mac Gyver, propage son style de dub français, le « dubadub », un mélange de dub, house, hip-hop et jazz.
- Le collectif, originaire de Bretagne, s’est forgé une réputation dans le milieu underground du dub, avec des titres comme The Big Tree ou Ruckus.
- Le nouvel album marque une évolution vers des sonorités plus électroniques, tout en conservant l’identité du groupe.
- Stand High Patrol compte désormais trois membres emblématiques : Mac Gyver, Rootystep et Pupajim, rejoints en 2015 par le trompettiste Merry.
Un style unique né d’une passion partagée
Stand High Patrol est né de la rencontre entre deux amis, Théo Banz – qui deviendra plus tard Mac Gyver – et Rootystep, à l’internat alors qu’ils avaient 17 ans. Leur passion commune pour le reggae et le dub les a poussés à explorer les Sound systems, ces dispositifs de sonorisation emblématiques de la culture jamaïcaine. « On s’est rencontrés à 17 ans à l’internat et Rootystep m’a fait découvrir l’univers des Sound system. Je suis tombé sous le charme », a expliqué Mac Gyver, aujourd’hui âgé de 42 ans, dans un entretien accordé à Franceinfo - Culture.
Leur inspiration puise aussi dans le carnaval de Notting Hill, à Londres, où les cultures caribéennes sont célébrées chaque été. Ce mélange de influences britanniques et jamaïcaines a donné naissance au « dubadub », un terme inventé par le collectif pour désigner leur propre interprétation du dub, un sous-genre du reggae. Ce style hybride intègre des éléments de hip-hop, de techno, de house et même de jazz, offrant une approche résolument moderne et française.
De Rennes à Bruxelles, une carrière européenne
Le groupe a commencé à se produire dans des bars de Rennes et de Brest, avant de se faire remarquer dans des salles plus grandes, comme le Vauban à Brest, où ils organisaient des soirées sous un restaurant. « Ça commençait à bien marcher, on jouait des vinyles qu’on allait chercher en Angleterre », a rappelé Mac Gyver. Leur notoriété grandissante leur a permis de s’imposer comme une référence du dub en Europe, bien au-delà des frontières de la francophonie. « On a reproduit les codes des artistes reggae que nous adorions. Ça nous a permis de dépasser les frontières de la francophonie », a-t-il souligné.
Le collectif a également bénéficié de l’arrivée de Pupajim, dont la voix distinctive a marqué un tournant dans leur discographie. Avec lui, le groupe a affiné son identité musicale et adopté le surnom des « Dubadub Musketeerz », une appellation attribuée par le célèbre artiste reggae Tenastelin. En 2015, le trompettiste Merry a rejoint l’aventure, enrichissant encore davantage leur univers sonore. Leur album A Matter of Scale, sorti cette année-là, a confirmé leur place dans le paysage du dub européen.
Un nouvel album entre tradition et modernité
Avec Skanking & Jacking, Stand High Patrol propose un album qui marque un équilibre entre les racines du dub et des influences plus contemporaines. Le titre éponyme fait référence à deux danses : le skanking, typique du dub, et le jacking, issu de la house. « J’aime cette idée de croiser et de trouver l’équilibre entre ces deux genres », a expliqué Mac Gyver, qui a produit l’album. Cette fusion sonore reflète une volonté de renouvellement, essentielle pour un groupe qui traverse les époques sans perdre son public.
Le collectif aborde dans ses morceaux des thèmes comme l’écologie et la lutte des classes, en phase avec les valeurs de liberté et de justice sociale qui animent le dub. « Nous ne venons pas de cette diaspora et ne voulons pas nous réapproprier cette culture. Nous réinterprétons un dérivé de ce genre avec les sujets qui nous touchent », a précisé Mac Gyver. Leur approche, à la fois respectueuse et innovante, a contribué à leur succès auprès d’un public en constante évolution.
Une longévité expliquée par la créativité
Depuis 2001, Stand High Patrol sillonne l’Europe avec son Sound system, un dispositif de sonorisation qui a donné son nom aux collectifs de musique aux influences jamaïcaines. Leur capacité à se renouveler et à s’adapter aux mutations du public explique en grande partie leur pérennité. « C’est comme un train, les gens montent et descendent au fil des années », a comparé Mac Gyver. Selon lui, leur secret réside dans leur créativité constante : « On a toujours fait preuve de créativité. »
Le développement des réseaux sociaux a également joué un rôle clé dans la diffusion de leur musique. « Depuis l’arrivée des réseaux sociaux, de plus en plus de gens aiment le dub. Internet a permis de mélanger les cultures pour toucher des personnes éloignées à la base de ce genre », a analysé le producteur. Leur dernière tournée, qui les mène à travers la France et jusqu’à Bruxelles, témoigne de cette popularité grandissante, même dans les milieux underground.
Leur parcours, marqué par la passion et l’innovation, rappelle que la musique peut transcender les frontières et les genres. Alors que le dubadub continue de séduire un public toujours plus large, le collectif breton semble prêt à relever de nouveaux défis.
Le « dubadub » est un sous-genre musical inventé par Stand High Patrol pour désigner leur propre interprétation du dub, un style de musique issu du reggae. Il intègre des éléments de hip-hop, de techno, de house et de jazz, offrant une approche moderne et française du dub traditionnel.