Lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France organisée par le Medef, Antonio Filosa, le directeur général de Stellantis, a rassuré sur l’avenir industriel du groupe en France. D’après nos confrères de Frandroid, il a promis le maintien des 12 usines françaises du constructeur automobile d’ici à cinq ans, tout en appelant Bruxelles à renforcer le cadre réglementaire pour protéger le secteur automobile européen face à la concurrence accrue de la Chine.

Ce qu'il faut retenir

  • Antonio Filosa, patron de Stellantis, s’est engagé à préserver les 12 sites industriels français du groupe d’ici 2031.
  • Cette annonce intervient dans un contexte de pression accrue de la production automobile chinoise sur les marchés européens.
  • Le dirigeant a sollicité un renforcement des mesures de protection à l’échelle européenne pour garantir l’équité concurrentielle.
  • Stellantis emploie des milliers de salariés dans ces usines, un enjeu économique et social majeur.

Un engagement ferme sur le territoire français

Antonio Filosa a tenu à rassurer les partenaires sociaux et les pouvoirs publics lors de son intervention au Medef. Dans un contexte économique marqué par des incertitudes sur l’avenir industriel, il a confirmé que les 12 usines françaises – réparties entre les régions des Hauts-de-France, Grand Est, Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes – continueront d’accueillir la production du groupe. « Nous avons pris la décision de maintenir notre présence industrielle en France, ce qui représente un investissement important pour l’ensemble de nos salariés », a-t-il déclaré.

La concurrence chinoise, un défi à relever pour l’industrie automobile européenne

Le patron de Stellantis n’a pas caché les difficultés rencontrées face à la montée en puissance des constructeurs chinois, dont les véhicules inondent progressivement le marché européen. Selon lui, cette concurrence, souvent favorisée par des subventions étatiques et des coûts de production moins élevés, menace la compétitivité des acteurs européens. « Sans un cadre protecteur à l’échelle européenne, la pérennité de notre industrie est en jeu », a-t-il souligné. Il a ainsi appelé la Commission européenne à mettre en place des mesures antidumping renforcées et à imposer des normes strictes en matière de droits de douane.

« Nous ne pouvons pas laisser nos usines françaises devenir des victimes collatérales d’une concurrence déloyale. La survie de notre écosystème industriel en dépend. »
— Antonio Filosa, directeur général de Stellantis

Un appel à une politique industrielle européenne ambitieuse

Stellantis, issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, mise sur l’innovation et la transition vers les véhicules électriques pour rester compétitif. Pourtant, comme le rappelle le dirigeant, ces efforts pourraient être compromis si l’Europe ne se dote pas d’une politique industrielle à la hauteur des enjeux. « La Chine investit massivement dans les technologies vertes et l’automobile, autant dire que sans une réponse européenne coordonnée, nous risquons de perdre notre avance », a-t-il expliqué.

Parmi les pistes évoquées, Filosa a cité la nécessité d’harmoniser les normes environnementales, de soutenir la recherche et développement, et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement, notamment pour les batteries électriques, un secteur où la Chine domine largement.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir Stellantis préciser ses plans industriels pour les cinq prochaines années, notamment dans le cadre de ses annonces liées à la transition électrique. Bruxelles, de son côté, devrait examiner d’ici la fin de l’année les propositions visant à renforcer la protection du marché européen. Reste à voir si ces mesures seront suffisantes pour contrer la pression chinoise et préserver l’emploi industriel en France.

Selon nos confrères de Frandroid, les sites concernés sont répartis dans plusieurs régions : Poissy et Mulhouse (Grand Est), Sochaux (Bourgogne-Franche-Comté), Rennes et Caen (Normandie), Hordain (Hauts-de-France), Vesoul (Bourgogne-Franche-Comté), et des unités en Île-de-France, notamment à Paris et Nanterre. Ces usines produisent des modèles allant des véhicules thermiques aux véhicules électriques, en passant par des utilitaires.