Le groupe automobile Stellantis a officialisé ce mardi 2 juin 2026 un investissement d’un milliard d’euros dans son usine de Mulhouse, une décision saluée par les salariés tout en laissant les syndicats sur leur faim concernant les garanties d’emploi à long terme. Cette enveloppe, dévoilée par Antonio Filosa, directeur général du constructeur, s’inscrit dans le cadre d’un plan stratégique global annoncé une semaine plus tôt, lequel privilégie les États-Unis au détriment de l’Europe pour certaines productions. L’usine alsacienne, qui va accueillir la fabrication de trois nouveaux véhicules hybrides et électriques, voit ainsi ses perspectives assurées pour les années à venir, selon Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Un milliard d’euros alloués par Stellantis pour moderniser et pérenniser l’usine de Mulhouse, dédiée à la production de trois nouveaux modèles hybrides et électriques.
- Antonio Filosa, directeur général du groupe, a annoncé cette enveloppe ce mardi 2 juin 2026, une semaine après la présentation d’un plan stratégique défavorable à l’Europe.
- Les syndicats, bien que rassurés par l’investissement, exigent désormais des garanties concrètes sur l’emploi et la stabilité des effectifs.
- L’usine de Mulhouse, l’une des plus importantes de France pour Stellantis, voit son avenir sécurisé pour la production de véhicules à motorisation alternative.
Un milliard d’euros pour trois nouveaux modèles
L’investissement annoncé par Antonio Filosa ne se limite pas à une simple modernisation des outils de production. Il prévoit également la fabrication de trois nouveaux véhicules hybrides et électriques dans l’usine de Mulhouse, un site historique du groupe. Ce choix stratégique intervient dans un contexte où Stellantis a récemment privilégié les États-Unis pour certaines productions, ce qui avait suscité des inquiétudes en Europe. L’enveloppe de un milliard d’euros vise donc à rassurer les salariés et les autorités locales sur la pérennité du site.
Selon Libération, cet investissement s’accompagne d’un engagement à long terme pour l’usine, dont les effectifs pourraient être maintenus, voire renforcés, grâce à cette transition vers des motorisations plus propres. Cependant, les détails précis sur les volumes de production et les calendriers restent encore flous, laissant planer une certaine incertitude sur les retombées concrètes pour les emplois.
Les syndicats en attente de garanties fermes
Si l’annonce a été globalement bien accueillie par les salariés, les représentants syndicaux, eux, adoptent une position plus mesurée. Ils saluent l’investissement, mais insistent sur la nécessité d’obtenir des garanties écrites sur la stabilité des emplois. « L’argent est une bonne nouvelle, mais nous voulons des engagements clairs sur les effectifs et les perspectives d’embauche », a déclaré un porte-parole de la CFDT, cité par Libération.
Les syndicats rappellent que le groupe a déjà annoncé des plans de départs volontaires dans d’autres sites européens, ce qui alimente leurs craintes. Pour eux, l’investissement de un milliard d’euros doit s’accompagner d’une feuille de route sociale précise, afin d’éviter toute précarité pour les quelque 3 500 salariés du site mulhousien. Une réunion est prévue la semaine prochaine avec la direction pour discuter de ces garanties.
Un plan stratégique qui divise
L’annonce de l’investissement à Mulhouse intervient une semaine après la présentation d’un plan stratégique global par Stellantis, lequel accorde une place prépondérante aux États-Unis. Ce plan prévoit des investissements massifs outre-Atlantique, notamment pour la production de véhicules électriques, au détriment de certaines usines européennes. Une décision qui avait alors suscité des critiques, notamment en France, où les craintes d’un désengagement industriel se sont renforcées.
Antonio Filosa a justifié ce choix par la nécessité de répondre à la demande croissante du marché américain et par des incitations fiscales plus avantageuses. « Nous devons être là où nos clients sont, et où les conditions économiques sont les plus favorables », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. Pourtant, cette stratégie laisse planer des doutes sur l’avenir des sites européens, malgré les annonces d’investissements comme celui de Mulhouse.
En attendant, l’usine de Mulhouse se prépare à une transformation majeure, avec une montée en puissance de la production de véhicules hybrides et électriques. Une transition qui pourrait, à terme, redessiner le paysage industriel de la région Grand Est.
Stellantis n’a pas encore communiqué les noms exacts des trois modèles, mais il s’agira de véhicules hybrides et électriques destinés à répondre à la demande croissante du marché européen. Selon Libération, leur production devrait débuter d’ici 2027.