Le cinéma comme expérience collective et non comme simple divertissement : c’est la conviction que défend Steven Spielberg, le réalisateur américain de référence, lors d’un entretien donné le 4 juin 2026 sur France Inter. Selon Franceinfo – Culture, il y a présenté son dernier long-métrage, « Disclosure Day » (littéralement « Le jour de la révélation »), dont la sortie en salles est prévue le 10 juin 2026 aux États-Unis. À travers cette œuvre, Spielberg explore une obsession qui traverse son œuvre depuis des décennies : l’hypothèse de l’existence de civilisations extraterrestres.

Ce qu'il faut retenir

  • Un plaidoyer pour le cinéma en salle : Spielberg estime que le fait de partager une projection avec des inconnus crée un lien social unique, bien au-delà de la simple consommation individuelle.
  • « Disclosure Day » sort le 10 juin 2026 : Ce film marque le retour du réalisateur sur le thème des extraterrestres, un sujet récurrent dans sa filmographie comme Rencontres du troisième type ou E.T.
  • L’obsession personnelle de Spielberg : Dès l’âge de 50 ans, il affirmait ne pas concevoir que l’humanité soit la seule civilisation intelligente dans l’univers.
  • Le cinéma comme rempart contre l’IA et la déshumanisation : Face à l’évolution technologique, le réalisateur insiste sur l’importance du rassemblement physique autour d’un film, une expérience qu’aucune intelligence artificielle ne pourrait reproduire.

Pour Spielberg, l’acte d’aller au cinéma ne se limite pas à regarder un écran : c’est un engagement collectif. « Le cinéma, c’est sortir de chez soi, prendre le risque d’être entouré d’inconnus, et ressentir ensemble les émotions d’un film », a-t-il souligné lors de son passage sur France Inter. Dans une salle, « on rit ensemble, on pleure ensemble, on se questionne ensemble. Je crois profondément que les films ont toujours été l’un des meilleurs moyens d’unir les gens. C’est pour cette raison que je continue à en réaliser », a-t-il ajouté, rappelant que sa vocation reste inchangée depuis des décennies.

Le réalisateur a également évoqué la genèse de « Disclosure Day ». Son intérêt pour les extraterrestres ne relève pas seulement de la fiction : « À 50 ans, je voulais croire en la vie extraterrestre parce que je ne parvenais pas à imaginer que nous soyons seuls dans l’univers, la seule civilisation intelligente. Cette idée me semblait insupportable », a-t-il confié. « Puis j’ai découvert la caméra, et j’ai compris que je pouvais raconter ces histoires, exprimer cette fascination. Le cinéma m’a permis de rendre publique cette obsession et de la porter à l’écran. »

« Il y a 50 ans, je voulais croire en la vie extraterrestre parce que je n’arrivais pas à imaginer qu’il n’y en ait pas. Je n’arrivais pas à concevoir que l’on soit les seuls dans l’univers, la seule civilisation intelligente. »
— Steven Spielberg, lors de son entretien sur France Inter le 4 juin 2026

Ce nouveau film s’inscrit dans la continuité thématique de l’œuvre de Spielberg, mais il intervient à un moment où le cinéma traverse des mutations profondes. L’essor de l’intelligence artificielle dans la production cinématographique et la baisse progressive de la fréquentation des salles interrogent l’avenir de la septième art. Interrogé sur ces enjeux, le réalisateur a adopté un ton serein : « Peu importe à quoi ressemblera le cinéma dans un siècle. Ce qui compte, c’est qu’il reste du cinéma. Tant que, dans 50 ans, les gens se retrouveront ensemble pour partager cette expérience, ça restera du cinéma. » Une position qui tranche avec les craintes de certains professionnels du secteur, confrontés à la concurrence des plateformes de streaming et à la démocratisation des contenus générés par IA.

Sur le plan technique, « Disclosure Day » marque également un retour aux sources pour Spielberg. Après des années de blockbusters et de productions toujours plus ambitieuses, ce projet semble privilégier une narration plus intimiste, centrée sur l’émerveillement et l’incertitude. Bien que les détails de l’intrigue restent confidentiels, le réalisateur a confirmé que le film aborderait la question des ovnis sous un angle inédit, mêlant suspense et réflexion philosophique. « Je ne veux pas seulement faire peur ou émerveiller. Je veux que les spectateurs repartent en se posant des questions sur notre place dans l’univers », a-t-il précisé.

Et maintenant ?

La sortie de « Disclosure Day » le 10 juin 2026 aux États-Unis sera suivie avec attention, d’autant que le film pourrait relancer le débat sur la crédibilité des témoignages d’ovnis. Aux États-Unis, la question des phénomènes aériens non identifiés (PAN) est revenue sur le devant de la scène en 2023 avec la publication de rapports officiels par le Pentagone, alimentant les spéculations sur une éventuelle « révélation » gouvernementale. En France, où le cinéma reste un pilier culturel, l’accueil critique et public de ce film sera scruté pour évaluer si l’engouement pour les récits extraterrestres conserve son pouvoir fédérateur.

Par ailleurs, la sortie de « Disclosure Day » pourrait aussi servir de laboratoire pour le secteur. En pleine réflexion sur l’impact de l’IA, Spielberg mise sur l’expérience collective en salle comme antidote à la dématérialisation des contenus. Reste à voir si son message trouvera un écho suffisant pour convaincre les nouvelles générations, habituées à consommer des films de manière individuelle et fragmentée.

Alors que le cinéma célèbre cette année son 130e anniversaire, « Disclosure Day » s’inscrit comme une déclaration d’amour à la magie du grand écran. Pour Spielberg, le 7e art n’a pas seulement vocation à distraire : il doit rassembler, questionner et, surtout, faire rêver ensemble. Une ambition qui, en ces temps de fragmentation sociale, résonne comme un appel à préserver des espaces de partage.

Le film explore la question de l’existence des extraterrestres et de leur éventuel contact avec l’humanité, un sujet récurrent dans l’œuvre de Spielberg. Le réalisateur évoque une « révélation » qui pourrait bouleverser la perception de notre place dans l’univers, sans préciser s’il s’agit d’une preuve scientifique ou d’une fiction spéculative.

Lors de son entretien, il a affirmé que cette idée le fascinait depuis toujours et qu’il ne parvenait pas à concevoir que l’humanité soit seule dans l’univers. Cependant, il n’a pas donné de réponse définitive sur sa croyance personnelle, se contentant de souligner son attachement à cette thématique dans son cinéma.