Une initiative citoyenne exige désormais l’interdiction des lunettes connectées équipées de caméras de Meta, notamment ses Ray-Ban Meta Smart Glasses, au Royaume-Uni et en Irlande. Selon nos confrères de Frandroid, cette campagne baptisée « Stop Smart Glasses » s’appuie sur les craintes d’une surveillance massive et invisible en public, où les passants pourraient être filmés à leur insu.

Ce qu'il faut retenir

  • Une pétition citoyenne réclame l’interdiction des lunettes connectées de Meta au Royaume-Uni et en Irlande, accusées de filmer sans consentement.
  • Ces lunettes, comme les Ray-Ban Meta Smart Glasses, intègrent une caméra permettant d’enregistrer des vidéos ou de prendre des photos.
  • Les opposants dénoncent un risque de surveillance de masse dans l’espace public, sans possibilité pour les citoyens de savoir s’ils sont filmés.

Une campagne portée par des associations de protection de la vie privée

Portée par des militants et des associations de défense des droits numériques, la pétition « Stop Smart Glasses » met en avant les dangers liés à l’utilisation non régulée de ces dispositifs. Selon Frandroid, ses promoteurs craignent que ces lunettes ne deviennent des outils de surveillance omniprésents, notamment dans les lieux publics où le consentement des individus ne peut être obtenu. Les Ray-Ban Meta Smart Glasses, commercialisées depuis 2023, permettent en effet de capturer des images ou des vidéos d’une simple pression sur la branche, avec une autonomie de prise de vue de plusieurs heures.

Pour les initiateurs de la pétition, le problème réside dans l’absence de signalement visible lors de l’enregistrement. Contrairement à un smartphone, où l’utilisateur peut voir une lumière indicative, ces lunettes ne fournissent aucune indication claire qu’une capture est en cours. « On ne sait pas si on est filmé ou non », a souligné l’un des porte-parole de la campagne, cité par Frandroid.

Meta face aux critiques sur la protection des données

Meta, qui développe ces lunettes en partenariat avec EssilorLuxottica, se retrouve une nouvelle fois sous le feu des critiques concernant la protection des données personnelles. Comme le rapporte Frandroid, le géant américain a déjà été pointé du doigt par des régulateurs européens pour son manque de transparence sur l’utilisation des données collectées par ses produits connectés. Les lunettes Meta sont équipées d’un microphone et d’une caméra, ce qui soulève des questions sur leur conformité avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD).

Interrogé par nos confrères, Meta n’a pas encore réagi publiquement à cette pétition. En 2023, l’entreprise avait défendu ses lunettes en affirmant qu’elles respectaient les lois locales et les normes de confidentialité. Pourtant, les opposants à ces dispositifs estiment que les contrôles actuels sont insuffisants pour garantir le respect de la vie privée.

Un débat qui dépasse les frontières britanniques

Si la pétition cible spécifiquement le Royaume-Uni et l’Irlande, le débat sur la régulation des lunettes connectées s’étend bien au-delà. En Europe, la Commission européenne travaille actuellement sur un projet de réglementation visant à encadrer les dispositifs de surveillance connectés. Frandroid rappelle que plusieurs pays, comme la France, réfléchissent à des mesures similaires pour limiter les dérives liées à ces technologies.

Aux États-Unis, où Meta est basé, plusieurs États ont déjà légiféré sur l’utilisation des caméras portatives. Par exemple, en Californie, une loi interdit l’utilisation de lunettes connectées dans les lieux publics sans consentement explicite. Cette initiative pourrait inspirer d’autres régions, mais pour l’heure, aucune mesure contraignante n’existe au niveau fédéral.

Et maintenant ?

La pétition « Stop Smart Glasses » devrait atteindre son objectif de 100 000 signatures d’ici la fin du mois de septembre 2026, ce qui contraindrait les autorités britanniques à examiner formellement la demande. Une audience parlementaire pourrait être organisée pour discuter de l’interdiction, mais aucune date n’a encore été fixée. Du côté de Meta, l’entreprise pourrait être amenée à modifier ses lunettes pour y ajouter un signal lumineux obligatoire ou limiter leurs fonctionnalités dans certains pays.

Quoi qu’il en soit, ce mouvement illustre une tendance croissante : celle d’une remise en question des technologies perçues comme intrusives. Reste à voir si les régulateurs suivront, ou si les consommateurs devront eux-mêmes adapter leur comportement.

Cette affaire pose une question de fond : faut-il attendre une intervention législative pour protéger les citoyens, ou les entreprises doivent-elles anticiper ces risques par elles-mêmes ?

La campagne « Stop Smart Glasses » vise principalement les Ray-Ban Meta Smart Glasses, mais pourrait s’étendre à d’autres modèles de lunettes connectées équipées de caméras.