L’entreprise Strategy, cotée sous le symbole MSTR, a récemment mené deux opérations financières distinctes pour renforcer sa trésorerie et ajuster sa stratégie d’investissement. Selon Cryptoast, elle a d’abord levé 544,5 millions de dollars en vendant 5,4 millions d’actions MSTR, sans pour autant réinvestir ces fonds dans l’achat de bitcoins. Dans le même temps, Strategy a annoncé le rachat de 288 930 actions STRC, ses actions préférentielles perpétuelles, pour un montant total de 25 millions de dollars, soit une décote de 13,5 % par rapport à leur prix cible de 100 dollars.

Ce qu'il faut retenir

  • Strategy a vendu 5,4 millions d’actions MSTR pour lever 544,5 millions de dollars, sans les convertir en bitcoins.
  • L’entreprise a racheté 288 930 actions STRC pour 25 millions de dollars, à un prix moyen de 86,52 dollars par action, soit une décote de 13,5 % par rapport à la parité théorique de 100 dollars.
  • Ces actions STRC représentent un montant de référence cumulé de 28,9 millions de dollars, créant une décote potentielle de 3,9 millions de dollars.
  • Strategy a confirmé son intention de poursuivre ses rachats de STRC en dessous de 100 dollars, tout en renforçant sa réserve de dollars pour financer ces opérations.
  • La société dispose désormais d’une réserve en dollars de 3,75 milliards de dollars, couvrant ses dividendes préférentiels pour au moins 22 mois.

Une levée de fonds sans impact sur le portefeuille Bitcoin

Strategy a opté pour une stratégie financière inhabituelle en vendant des actions MSTR pour 544,5 millions de dollars, sans les convertir en bitcoins, contrairement à sa pratique historique. Cette opération illustre un changement de cap dans sa gestion de trésorerie. Depuis janvier 2026, l’entreprise ne systématise plus l’achat de bitcoins avec les capitaux levés. À la place, elle utilise ces fonds pour renforcer sa réserve en dollars, réduire sa dette et soutenir ses actions préférentielles perpétuelles (STRC).

Cette évolution marque une rupture avec la stratégie initiale de Michael Saylor, cofondateur de Strategy, qui consistait à convertir systématiquement les levées de fonds en achats de bitcoins. Désormais, l’entreprise adopte une approche plus flexible, permettant d’utiliser ces liquidités pour d’autres priorités stratégiques.

Le rachat de STRC : une décote stratégique pour réduire les dividendes futurs

Le STRC, action préférentielle perpétuelle de Strategy, était initialement conçu pour s’échanger autour de 100 dollars. Cependant, depuis plusieurs mois, cette parité a été rompue, le cours ayant chuté jusqu’à 71 dollars avant de se stabiliser sous les 90 dollars. Pour soutenir son cours et réduire ses obligations futures en matière de dividendes, Strategy a décidé d’intervenir directement sur le marché.

Le rachat de 288 930 actions STRC à 86,52 dollars en moyenne permet à l’entreprise de retirer ces titres de la circulation. Un geste qui, selon les analystes, vise à limiter le montant des dividendes à verser — actuellement fixé à un taux annualisé de 12 %. Les actions rachetées représenteraient ainsi une économie potentielle de 3,5 millions de dollars par an en dividendes, sous réserve de validation par le conseil d’administration.

« Nous avons racheté 288 930 actions STRC pour 25 millions de dollars à un prix moyen de 86,52 dollars par action. Nous comptons poursuivre nos rachats de manière régulière et disciplinée en dessous de 100 dollars. Plus la décote sera importante, plus nos achats seront soutenus, et inversement à mesure que le cours se rapprochera de 100 dollars. »
Michael Saylor, cofondateur et PDG de Strategy, dans un tweet du 27 juillet 2026

Une trésorerie renforcée pour faire face aux obligations futures

Avec une réserve en dollars désormais estimée à 3,75 milliards de dollars, Strategy s’assure une marge de manœuvre financière significative. Cette trésorerie devrait lui permettre de couvrir ses dividendes préférentiels pour au moins 22 mois, offrant ainsi une stabilité accrue à ses actionnaires. L’entreprise précise qu’elle continuera à renforcer cette réserve en dollars pour financer ses rachats de STRC, notamment via de nouvelles ventes d’actions MSTR dans le cadre de son programme « at-the-market » (ATM).

Dans un communiqué, Strategy indique également qu’elle n’exclut pas, selon les conditions de marché, de recourir à des ventes de bitcoins pour alimenter cette trésorerie. Cette approche flexible reflète une volonté de diversifier ses sources de financement et de ne plus dépendre uniquement de la valorisation du bitcoin pour ses besoins en liquidités.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios pourraient se dessiner dans les prochains mois. D’une part, Strategy pourrait poursuivre ses rachats de STRC tant que leur cours reste inférieur à 100 dollars, une stratégie visant à soutenir leur valorisation et à réduire ses obligations en dividendes. D’autre part, la société pourrait accélérer ses levées de fonds via des ventes d’actions MSTR ou des ventes ciblées de bitcoins, selon l’évolution des marchés et de ses besoins financiers. Enfin, l’entreprise devra surveiller de près la réaction des investisseurs face à cette nouvelle gestion, qui s’éloigne de sa doctrine historique centrée sur l’accumulation de bitcoins.

Reste à voir si cette approche hybride, combinant levées de fonds, rachats d’actions et gestion active de la trésorerie, parviendra à concilier la croissance de Strategy et la satisfaction de ses actionnaires. Une chose est sûre : l’entreprise a d’ores et déjà acté un virage stratégique majeur, dont les conséquences se feront sentir dans les mois à venir.

Questions en suspens

Selon Cryptoast, Strategy a modifié sa gestion pour renforcer sa trésorerie et réduire sa dette. Cette approche permet à l’entreprise de diversifier ses sources de financement et de ne plus systématiquement convertir ses levées de fonds en achats de bitcoins, comme elle le faisait auparavant.

Le rachat des actions STRC permet à Strategy de réduire le nombre de titres en circulation, limitant ainsi ses obligations futures en matière de dividendes. Avec un taux annualisé de 12 %, cette opération pourrait représenter une économie potentielle de 3,5 millions de dollars par an en dividendes, selon les estimations.