Le PDG de MicroStrategy, Michael Saylor, relance une stratégie audacieuse pour tenter de faire revenir le cours de son action à sa valeur nominale de 1 dollar. Une opération qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes sur le marché des cryptomonnaies, et qui pourrait redessiner les contours de la gouvernance de la société cotée en Bourse.
Ce qu'il faut retenir
- Michael Saylor, PDG de MicroStrategy, propose une stratégie pour ramener le cours de l’action STRC à 1 dollar, sa valeur nominale.
- Cette initiative s’appuie sur une offre publique de rachat et une réduction drastique du nombre d’actions en circulation.
- MicroStrategy détient l’une des plus grosses réserves de bitcoins au monde, soit 214 246 BTC au 7 août 2026.
- Le cours de l’action STRC a chuté de plus de 80 % depuis son pic historique en 2021, passant sous les 50 dollars en juillet 2026.
- La proposition de Saylor doit être soumise au vote des actionnaires lors de l’assemblée générale extraordinaire prévue le 20 septembre 2026.
Une opération controversée pour relancer MicroStrategy
Selon Journal du Coin, Michael Saylor a présenté un plan en trois volets visant à stabiliser et relancer l’action de MicroStrategy. D’abord, une offre publique de rachat des actions à 1 dollar par titre, soit un prix symbolique. Ensuite, une réduction massive du capital social, passant de plusieurs millions d’actions à seulement 1 million. Enfin, une réorganisation complète de la gouvernance, avec un recentrage du pouvoir autour de Saylor et de ses proches collaborateurs. L’objectif affiché ? « Redonner confiance aux investisseurs et aligner le cours de l’action sur sa valeur réelle », a déclaré Saylor lors d’une conférence de presse le 5 août 2026.
Cette stratégie, si elle est approuvée par les actionnaires, pourrait entraîner une dilution extrême des détenteurs minoritaires. « Les petits porteurs risquent de se retrouver avec une participation quasi nulle, voire nulle, si le plan est mis en œuvre », souligne un analyste indépendant cité par Journal du Coin. Pour l’heure, les réactions des marchés restent mesurées, mais les premiers signaux envoyés par les investisseurs institutionnels sont mitigés.
MicroStrategy, un géant endetté face aux fluctuations du bitcoin
MicroStrategy, fondée en 1989, s’est imposée comme un acteur clé du marché des cryptomonnaies après avoir massivement investi dans le bitcoin dès 2020. À ce jour, la société détient 214 246 BTC, acquis pour un coût total d’environ 7,5 milliards de dollars, selon les dernières données disponibles. Pourtant, cette stratégie a aussi fait de MicroStrategy l’une des entreprises les plus endettées du secteur technologique, avec une dette nette dépassant 2,5 milliards de dollars en juin 2026.
Le cours de l’action, autrefois valorisée à plus de 1 300 dollars en février 2021, a depuis chuté de plus de 80 %, s’échangeant autour de 45 dollars début août 2026. Cette baisse s’explique en grande partie par la volatilité du bitcoin, dont le cours a lui-même perdu plus de 60 % depuis son sommet de 2024. « Nous sommes dans une phase de correction prolongée, et notre dette devient un fardeau de plus en plus lourd à porter », a reconnu Saylor dans un entretien accordé à Bloomberg le 6 août 2026.
Les actionnaires appelés à trancher en septembre
Le plan de Saylor devra être validé par les actionnaires lors d’une assemblée générale extraordinaire prévue le 20 septembre 2026. Une date cruciale, car elle déterminera l’avenir de la société. Selon les dernières estimations, les détenteurs de plus de 50 % des actions devront voter en faveur du projet pour qu’il soit adopté. Un seuil qui semble difficile à atteindre, compte tenu de l’opposition croissante des fonds activistes.
Parmi les critiques les plus virulentes, le fonds Ark Invest, dirigé par Cathie Wood, a déjà fait savoir qu’il voterait contre le plan. « Ce projet revient à diluer les actionnaires historiques pour sauver une stratégie d’investissement hasardeuse », a-t-elle affirmé dans une note publiée le 3 août 2026. De son côté, Saylor défend son projet en arguant qu’il s’agit de la « seule solution viable pour éviter une faillite technique » à moyen terme.
Quoi qu’il en soit, cette bataille autour de MicroStrategy illustre les tensions croissantes entre les partisans d’une vision long terme du bitcoin et les impératifs financiers à court terme. Une question qui dépasse largement le cadre de la société : jusqu’où une entreprise peut-elle aller dans sa stratégie d’investissement avant de mettre en péril sa survie ?
Selon Saylor, cette mesure vise à « corriger une situation artificielle » et à aligner le cours de l’action sur sa valeur comptable réelle. Il argue que cette opération permettrait de réduire la dette et de relancer la confiance des investisseurs, malgré les risques de dilution pour les actionnaires minoritaires.