Depuis 2024, les smartphones sous iOS et Android intègrent une fonctionnalité permettant de détecter la présence d’un traceur Bluetooth inconnu à proximité. Comme le rapporte Frandroid, cette alerte vise à protéger les utilisateurs contre un éventuel pistage non consenti. Mais au bout de combien de temps cette notification s’affiche-t-elle ? Et pourquoi désactiver le Bluetooth ne suffit pas à se prémunir de ce risque ?

Ce qu'il faut retenir

  • Les smartphones iPhone et Android déclenchent une alerte après 8 à 10 heures de suivi ininterrompu par un traceur Bluetooth inconnu, selon les normes définies par Apple et Google.
  • Désactiver le Bluetooth ne protège pas contre les traceurs déjà appairés avant la détection, car ils restent actifs en arrière-plan.
  • Les systèmes d’exploitation utilisent des protocoles comme Tracker Detect (Apple) et Tracker Detector (Google) pour repérer les appareils non reconnus.
  • Les alertes s’affichent sous forme de notifications, accompagnées d’instructions pour identifier et neutraliser le dispositif suspect.

Une fonctionnalité née en 2024 pour contrer le pistage non désiré

En 2024, Apple et Google ont introduit des mécanismes intégrés dans leurs systèmes d’exploitation respectifs pour alerter les utilisateurs en cas de présence prolongée d’un traceur Bluetooth étranger. Ces outils, baptisés Tracker Detect pour Apple et Tracker Detector pour Android, s’appuient sur des protocoles collaboratifs avec des fabricants comme Chipolo ou Tile. L’objectif ? Lutter contre l’utilisation malveillante de dispositifs de pistage, souvent employés dans des cas de harcèlement ou de surveillance non consentie.

Selon les tests menés par Frandroid, l’alerte se déclenche après une période d’observation minimale. Cette durée, fixée à 8 heures pour les iPhone et 10 heures pour les appareils Android, permet d’éviter les fausses alertes tout en garantissant une détection rapide en cas de menace avérée.

Pourquoi couper le Bluetooth ne suffit pas à se protéger

Contrairement à une idée reçue, désactiver manuellement le Bluetooth depuis les paramètres du smartphone ne met pas fin à tous les risques. En effet, certains traceurs, une fois appairés avec un appareil émetteur, peuvent continuer à fonctionner en arrière-plan même si le Bluetooth est éteint. C’est notamment le cas des dispositifs utilisant des protocoles comme AirTag (Apple) ou SmartTag (Samsung), conçus pour rester actifs sur de longues distances.

Pour neutraliser efficacement un traceur suspect, les utilisateurs doivent suivre les instructions fournies par la notification d’alerte. Ces dernières guident l’utilisateur vers une procédure permettant d’identifier l’appareil inconnu via des signaux sonores ou des indications visuelles. « La notification ne se contente pas de prévenir l’utilisateur, elle lui donne aussi les moyens d’agir », a précisé un porte-parole d’Apple à Frandroid.

Comment fonctionnent ces systèmes de détection ?

Les deux géants de la tech ont adopté des approches légèrement différentes, mais complémentaires. Du côté d’Apple, le système Tracker Detect scanne en continu l’environnement à la recherche de signaux Bluetooth émis par des appareils non reconnus. Lorsque l’un d’eux reste en contact prolongé avec l’iPhone ou l’iPad, une alerte est envoyée avec des instructions pour localiser le traceur. Google, de son côté, a intégré Tracker Detector directement dans les paramètres de localisation de ses appareils Android.

Ces outils s’appuient sur un réseau collaboratif où les traceurs malveillants sont signalés à une base de données partagée entre les fabricants. Ainsi, même si un utilisateur ne possède pas l’application dédiée à un traceur spécifique, le système peut le détecter grâce à son identifiant unique. « Cette approche collective renforce l’efficacité de la détection tout en réduisant les risques de contournement », a souligné un expert en cybersécurité cité par Frandroid.

Et maintenant ?

À l’heure où les dispositifs connectés se multiplient, la question de la protection contre les traqueurs non autorisés devrait gagner en importance. Les prochaines mises à jour logicielles pourraient intégrer des seuils d’alerte encore plus courts, voire des fonctionnalités de désactivation automatique des traceurs suspects. Pour l’instant, les utilisateurs sont invités à rester vigilants et à mettre à jour régulièrement leurs appareils afin de bénéficier des dernières protections.

Une chose est sûre : avec plus de 1,5 milliard d’iPhone et 3 milliards d’appareils Android en circulation, la lutte contre le pistage non désiré ne fait que commencer. Les fabricants, conscients de l’enjeu, devront sans doute renforcer leurs protocoles pour anticiper les nouvelles méthodes de contournement.

Oui. Une fois qu’un traceur a été détecté par le système d’alerte, il reste signalé dans la base de données partagée, même si son propriétaire l’a éteint. Cela permet d’éviter qu’il ne soit réutilisé à des fins malveillantes.