Selon Euronews FR, les sites touristiques les plus prisés au monde, comme Venise, le lac de Côme ou Saint-Tropez, subissent une pression croissante liée à l’afflux massif de visiteurs. Face à cette problématique, une nouvelle tendance émerge : celle des « destinations dupes ». Il s’agit d’alternatives moins connues, mais offrant une expérience similaire, tout en réduisant la pression sur les lieux saturés.
Ce qu'il faut retenir
- Gand (Belgique) est classée première alternative à Venise, grâce à ses canaux médiévaux et son architecture historique, sans la foule du Rialto.
- Le lac d’Ohrid (Macédoine du Nord) se substitue au lac de Côme en Italie, proposant un cadre naturel comparable à moindre coût.
- Jeonju (Corée du Sud) remplace Kyoto, avec ses villages traditionnels de hanok et son bibimbap, tout en évitant les frais de visa cinq fois plus élevés au Japon.
- Le classement repose sur cinq critères : similarité visuelle, économies réalisables, pression touristique, accessibilité et dynamique en ligne.
Des alternatives pour voyager mieux, sans surcoût ni surcharge
La méthodologie utilisée par l’équipe de Holafly, fournisseur d’eSIM, a permis d’établir un Travel Dupe Index, qui compare les destinations saturées et leurs équivalents moins fréquentés. Gand, en Belgique, arrive en tête de ce classement, devançant Venise avec ses canaux et son centre historique préservé. « Ici, on profite des mêmes charmes que Venise, mais sans les files d’attente ni les prix exorbitants », explique un porte-parole de Holafly.
Autre exemple marquant : Banff au Canada, alternative à Aspen (États-Unis). Les deux stations de montagne sont encerclées par les Rocheuses et réputées pour leur ski. Pourtant, Banff offre des tarifs bien plus accessibles que sa concurrente américaine, prisée des célébrités. Les économies réalisables sur l’hébergement en haute saison peuvent atteindre 30 à 40 % selon les données de l’étude.
Le Japon et l’Italie, champions du surtourisme
Deux pays emblématiques du phénomène sont particulièrement ciblés par ces alternatives. Au Japon, où les frais de visa ont été multipliés par cinq pour limiter l’afflux de touristes, Jeonju se présente comme une solution idéale. La ville coréenne abrite le village de hanok (maisons traditionnelles), le sanctuaire Gyeonggijeon et un musée national dédié à la période des Trois Royaumes. « C’est le berceau du bibimbap, mais aussi une plongée dans l’histoire asiatique », souligne l’étude.
Côté européen, l’Italie est confrontée à une surfréquentation de ses sites les plus célèbres. Si le lac de Côme attire des millions de visiteurs chaque année, le lac d’Ohrid en Macédoine du Nord propose un paysage similaire, avec des eaux cristallines et des villages pittoresques, mais à des coûts bien moindres. Autre substitution italienne : Menton pour la côte amalfitaine. La « Perle de la France » offre des criques ensoleillées et une architecture colorée, sans les embouteillages des routes côtières italiennes.
D’autres pépites méconnues à découvrir
Le classement d’Euronews FR recense dix alternatives, réparties sur tous les continents. En Europe de l’Est, Budva au Monténégro se substitue à Ibiza, avec ses plages et sa vie nocturne animée, mais dans un cadre plus abordable. En Amérique latine, Ciudad Perdida en Colombie offre une aventure similaire à celle du Machu Picchu, avec des randonnées à travers des sites archéologiques mayas, mais dans une région moins fréquentée.
En Asie du Sud-Est, Siargao aux Philippines concurrence Bali avec ses plages paradisiaques et ses spots de surf, tout en restant bien moins touristique. En République dominicaine, Las Terrenas remplace Tulum, proposant des paysages tropicaux et une ambiance bohème, mais à des prix défiant toute concurrence.
Pourquoi ces « dupes » séduisent-elles ?
L’attrait de ces destinations réside dans leur capacité à offrir une expérience proche des sites les plus célèbres, mais avec des avantages concrets. D’abord, le rapport qualité-prix : les hébergements et les activités y sont souvent 20 à 50 % moins chers qu’en haute saison dans les lieux originaux. Ensuite, l’accessibilité : ces alternatives sont généralement moins saturées, permettant de profiter pleinement des visites sans précipitation. Enfin, la découverte : en choisissant ces destinations, les voyageurs contribuent à soutenir des économies locales encore peu exposées au tourisme de masse.
« Ces alternatives permettent de voyager de manière plus responsable, en évitant de surcharger des sites qui n’ont plus les infrastructures pour accueillir autant de monde. » — Porte-parole de Holafly.
Selon Euronews FR, cette tendance reflète une prise de conscience croissante des voyageurs, soucieux de préserver les lieux qu’ils aiment. Un phénomène qui pourrait bien redéfinir les standards du tourisme dans les années à venir.
Les paires de destinations ont été évaluées selon cinq critères : la similarité visuelle et culturelle, les économies possibles sur l’hébergement (en haute saison), la pression touristique, l’accessibilité et la dynamique sur les réseaux sociaux et les plateformes de recherche en ligne. Toutes les alternatives proposées se trouvent dans un pays différent de la destination de référence, et il n’y a pas plus de deux substituts par même pays.