La Syrie, pays du Proche-Orient, a connu une décennie de guerre civile qui a profondément marqué son paysage politique et social. Depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024, le pays est en pleine reconstruction et recherche de stabilité. Dans ce contexte, les autorités syriennes ont annoncé samedi avoir pris le contrôle de l'aéroport de Qamichli, un bastion stratégique auparavant tenu par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.
Ce revers pour les Kurdes s'inscrit dans un processus d'intégration dans l'État central syrien, initié après des mois de pression militaire de la part de Damas. La minorité kurde, qui avait instauré une zone autonome dans le nord de la Syrie, a été contrainte de céder plusieurs de ses bastions aux forces gouvernementales en février, sous la pression de l'armée syrienne.
Le contexte de la prise de contrôle
L'aéroport de Qamichli, le seul du nord-est de la Syrie, a joué un rôle vital dans la desserte de la région, notamment pendant la guerre civile qui a dévasté le pays de 2011 à 2024. Malgré les combats, l'aéroport est resté sous le contrôle du gouvernement et a continué à accueillir des vols réguliers, reliant la ville à la capitale Damas. Il a également servi de base militaire pour la Russie, alliée clé de l'ex-président syrien Bachar al-Assad, à partir de novembre 2019.
La prise de contrôle de l'aéroport par les autorités syriennes intervient après le retrait des forces russes début 2026, suivant le renversement de Bachar al-Assad. Selon l'agence de presse officielle Sana, des responsables de la Direction générale de l'aviation civile syrienne ont inspecté les lieux samedi et « discuté des moyens de relancer l'activité » selon les normes internationales en vigueur.
Les enjeux de l'accord
L'accord qui a abouti à la prise de contrôle de l'aéroport de Qamichli par les autorités syriennes fait partie d'un processus plus large visant à intégrer les forces kurdes dans l'État central. Outre la remise de l'aéroport, les Kurdes doivent également remettre à l'État les champs pétroliers, principale source de financement de l'administration autonome, ainsi que les postes-frontières. De plus, ils sont tenus d'intégrer leurs forces au sein de quatre brigades, selon les termes de l'accord annoncé fin janvier.
Ce processus d'intégration marque un tournant significatif dans les relations entre le gouvernement syrien et la minorité kurde, qui avait instauré une zone autonome dans le nord de la Syrie. L'accord signe, pour beaucoup, le glas de l'autonomie de cette minorité, alors que le pays cherche à se reconstruire et à trouver un chemin vers la stabilité après des années de conflit.
Les réactions et les défis à venir
Le directeur de la Direction générale de l'aviation civile syrienne, Omar al-Hussari, a déclaré sur le réseau social X que la prise de contrôle de l'aéroport de Qamichli constituait une « étape institutionnelle importante dans le processus d'unification de la gestion des aéroports sous l'égide de l'État ».
Les défis à venir pour le gouvernement syrien et la minorité kurde sont considérables. La reconstruction du pays, la réconciliation nationale, et la garantie des droits des minorités seront autant de défis à relever pour assurer une paix durable en Syrie. L'avenir de la minorité kurde, en particulier, sera étroitement surveillé, alors qu'elle cherche à maintenir une certaine autonomie dans un pays en quête de stabilité.
En conclusion, la prise de contrôle de l'aéroport de Qamichli par les autorités syriennes marque une étape significative dans le processus d'intégration des forces kurdes dans l'État central. Cet événement soulève des enjeux plus larges concernant la reconstruction de la Syrie, la réconciliation nationale, et les droits des minorités. Alors que le pays cherche à se reconstruire, il est essentiel de trouver un équilibre entre la stabilité nationale et le respect des droits de toutes les communautés qui composent la société syrienne.
