En 2023, Oliver Lovrenski, alors âgé de 19 ans, marquait le paysage littéraire norvégien avec la publication de son premier roman, « Tah l’époque ». Selon Le Monde, l’ouvrage s’inspire directement de ses errances dans les rues d’Oslo, et se distingue par son écriture en « norvégien kebab », un argot urbain issu des banlieues locales.

Ce qu'il faut retenir

  • Oliver Lovrenski publie « Tah l’époque » en 2023, à 19 ans, comme le rapporte Le Monde.
  • Le roman est écrit en « norvégien kebab », un argot des banlieues d’Oslo.
  • L’ouvrage s’inspire des expériences personnelles de l’auteur dans les rues de la capitale norvégienne.
  • Ce livre est considéré comme le premier « événement littéraire » de l’auteur, selon la presse locale.

Un roman né des rues d’Oslo

Oliver Lovrenski, originaire de la capitale norvégienne, a puisé l’inspiration de son premier livre dans ses déambulations quotidiennes. D’après Le Monde, il a choisi de retranscrire l’argot local, une langue hybride mêlant norvégien, anglais, arabe et turc, parlée par une partie de la jeunesse des quartiers défavorisés d’Oslo. Ce choix stylistique a rapidement attiré l’attention des critiques et du public, faisant de ce roman un objet littéraire inédit en Norvège.

Le titre, « Tah l’époque », reflète cette volonté de capturer une époque, un état d’esprit et un langage en constante évolution. Autant dire que Lovrenski ne se contente pas d’écrire un roman : il documente une réalité sociale, presque un phénomène de société, comme le souligne la presse norvégienne.

Un argot devenu littérature

Le « norvégien kebab », aussi appelé « kever », est une forme de slang née dans les milieux multiculturels d’Oslo. Selon les linguistes cités par Le Monde, il s’agit d’un mélange de termes norvégiens déformés, d’emprunts à l’arabe, au turc ou au somali, et d’expressions issues de l’anglais. Lovrenski, en l’utilisant comme langue narrative, donne ainsi une voix à une partie de la population souvent marginalisée.

« J’ai voulu montrer que cette langue, souvent stigmatisée, pouvait être porteuse de poésie et de récits », a expliqué Lovrenski dans une interview accordée au quotidien Aftenposten. Une approche qui a séduit les jeunes lecteurs, mais aussi certains auteurs confirmés, comme le romancier Lars Saabye Christensen, qui a salué « l’audace et l’authenticité » de ce premier texte.

Un succès immédiat en Norvège

Dès sa sortie, « Tah l’époque » a connu un succès critique et commercial. Le livre a été salué pour son style innovant et son ancrage dans une réalité sociale méconnue du grand public. Selon les chiffres rapportés par Le Monde, l’ouvrage s’est écoulé à plus de 50 000 exemplaires en six mois, un score remarquable pour un premier roman en Norvège.

Les librairies d’Oslo, notamment celles situées dans les quartiers multiculturels comme Grünerløkka ou Søndre Nordstrand, ont vu affluer une clientèle jeune et diverse. « Ce livre parle à ceux qui se sentent exclus, mais aussi à ceux qui veulent comprendre », a précisé une libraire interrogée par le quotidien VG.

Et maintenant ?

Plusieurs maisons d’édition européennes ont déjà manifesté leur intérêt pour une traduction de « Tah l’époque ». Une édition en anglais est d’ailleurs en préparation pour 2027, selon des informations confirmées par l’agent littéraire de Lovrenski. Par ailleurs, un projet d’adaptation cinématographique est évoqué, bien que rien ne soit encore finalisé. Pour l’instant, l’auteur travaille sur un second roman, toujours inspiré par la vie dans les rues d’Oslo, mais cette fois-ci écrit en norvégien standard.

Quant à l’impact de ce premier livre, il pourrait bien inspirer d’autres jeunes auteurs à explorer des formes d’écriture locales et hybrides. Une chose est sûre : Oliver Lovrenski a marqué les esprits, et son œuvre pourrait devenir un symbole d’une littérature en mouvement, reflet des mutations sociales de son époque.

Le « norvégien kebab » est un argot urbain parlé dans les banlieues d’Oslo, mélangeant norvégien, anglais, arabe, turc et somali. Il est souvent utilisé par les jeunes des quartiers multiculturels et a été popularisé par des artistes et auteurs comme Oliver Lovrenski.