Taïwan entame dès cette semaine son exercice militaire annuel « Han Kuang », marqué cette année par une simulation de blocus chinois dans les eaux de l’est de l’île. Selon le Figaro, cet entraînement, qui se déroulera du 5 au 14 août 2026, vise à préparer à la fois les forces armées et la population taïwanaise à une éventuelle attaque ou embargo imposé par Pékin.
Les autorités taïwanaises ont annoncé mardi le déploiement de navires de la marine et des garde-côtes pour protéger des « approvisionnements essentiels » lors de cette simulation. Un scénario qui reflète les craintes d’un conflit prolongé, où l’accès aux ressources pourrait être bloqué par la Chine, qui revendique Taïwan comme partie intégrante de son territoire.
Ce qu'il faut retenir
- L’exercice « Han Kuang » 2026, prévu du 5 au 14 août, intègre une simulation de blocus maritime chinois dans les eaux orientales de Taïwan.
- La marine et les garde-côtes taïwanais mèneront des missions de maintien de l’ordre, de patrouille et d’escorte d’approvisionnements avec des tirs réels, selon le major général Lu Wen-yuan.
- Pékin, qui menace régulièrement d’une intervention militaire, multiplie les démonstrations de force autour de l’île, jugées « provocatrices » par Taipei.
- L’exercice évalue aussi la résilience industrielle de Taïwan en cas de guerre ou de catastrophe naturelle, avec des tests de production et de délocalisation d’usines.
Un scénario de crise pour anticiper une éventuelle invasion
Organisé chaque année par Taipei, l’exercice « Han Kuang » s’inscrit dans une logique de dissuasion face à la montée des tensions avec la Chine. Avec plus de 23 millions d’habitants, Taïwan craint une stratégie chinoise de quarantaine ou de blocus énergétique en cas de conflit ouvert. « Les opérations anti-blocus seront menées avec des tirs réels, impliquant des troupes et du matériel réels, pour renforcer les capacités d’intervention et améliorer l’efficacité des opérations de défense », a expliqué le major général Lu Wen-yuan, responsable des opérations et de la planification au ministère de la Défense taïwanais.
Cette édition 2026 s’annonce particulièrement ambitieuse. Les autorités testeront non seulement la réactivité des forces armées, mais aussi la capacité des usines à maintenir leur production en cas de guerre. Des exercices de délocalisation d’usines, civiles et militaires, seront également simulés. Autant dire que les enjeux sont à la fois militaires, économiques et sociétaux.
Pékin accentue la pression avec des manœuvres « provocatrices »
Depuis des années, la Chine multiplie les démonstrations de force autour de Taïwan, avec des passages quasi quotidiens de navires, d’avions de chasse et de garde-côtes dans les eaux territoriales revendiquées par Taipei. En juin 2026, Pékin avait mené une opération dite d’« application de la loi » dans l’est de l’île, qualifiée par Taipei de « provocatrice » et d’« expansionnisme déguisé ».
Ces tensions récurrentes illustrent l’escalade verbale et militaire entre les deux rives du détroit. Si Taïwan rejette catégoriquement les revendications chinoises, Pékin n’a jamais renoncé à l’usage de la force pour « réunifier » l’île. « La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces et a menacé de recourir à l’usage de la force pour annexer cette île autonome », rappelle le Figaro.
Une préparation qui dépasse le cadre purement militaire
Outre les simulations de combat et de blocus, l’exercice « Han Kuang » inclut des préparatifs civils. Le gouvernement taïwanais entend sensibiliser la population aux perturbations des communications et des services en cas de crise majeure. Des exercices en milieu urbain sont prévus, reflétant la volonté des autorités de préparer la société taïwanaise à un éventuel conflit ou à une catastrophe naturelle.
Cette approche globale s’explique par la vulnérabilité de Taïwan, dont l’autonomie dépend en grande partie de ses approvisionnements extérieurs. L’île, qui importe la majorité de son énergie et de ses denrées alimentaires, serait rapidement affectée par un blocus prolongé. D’où l’importance de tester sa capacité à résister à une telle épreuve.
« Les missions de maintien de l’ordre maritime, les patrouilles en mer ainsi que les missions de sécurisation des axes stratégiques et d’escorte d’approvisionnements essentiels seront menées avec des tirs réels, impliquant des troupes et du matériel réels. »
— Major général Lu Wen-yuan, ministère de la Défense taïwanais
La Chine, de son côté, devrait poursuivre ses manœuvres militaires autour de l’île, dans un contexte où les relations entre Pékin et Taipei restent plus tendues que jamais. Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour évaluer l’équilibre des forces dans la région Asie-Pacifique.
L’exercice « Han Kuang » est un entraînement militaire annuel visant à préparer les forces armées et la population taïwanaise à une éventuelle invasion ou blocus chinois. Il permet de tester les capacités de défense, la résilience industrielle et la réactivité civile en cas de crise majeure.
Un blocus chinois pourrait priver Taïwan d’approvisionnements essentiels en énergie, denrées alimentaires et médicaments. L’île, qui importe la majorité de ses ressources, serait rapidement affectée, avec des répercussions économiques et sociales majeures.