La compagnie aérienne portugaise TAP Air Portugal a publié ce lundi 1er septembre ses résultats financiers pour le premier semestre 2026, selon nos confrères de Euronews FR. Malgré une progression de son chiffre d’affaires et un trafic record, la compagnie affiche un déficit net de 99,2 millions d’euros, en aggravation de 40 % par rapport aux 70 millions d’euros de pertes enregistrées sur la même période en 2025. La flambée des coûts du carburant, liée notamment au conflit au Moyen-Orient, a fortement pesé sur les comptes de l’entreprise.

Ce qu'il faut retenir

  • Le déficit net de TAP s’élève à 99,2 millions d’euros, soit une hausse de 40 % par rapport aux 70 millions d’euros perdus au premier semestre 2025.
  • Le chiffre d’affaires global progresse de 4,3 %, atteignant 2,04 milliards d’euros, tandis que les recettes opérationnelles progressent de 4,4 %, à 1,83 milliard d’euros.
  • TAP a transporté un record de 8,2 millions de passagers (+4,2 %) et opéré 57 500 vols (+0,3 %) entre janvier et juin.
  • Les coûts du carburant ont augmenté de 18,7 % sur le semestre, avec un bond de 52,3 % au deuxième trimestre.
  • L’EBIT récurrent s’établit à -83,7 millions d’euros, tandis que l’EBITDA récurrent atteint 181,9 millions d’euros.
  • Le président exécutif Luís Rodrigues souligne que la compagnie « ouvre désormais un nouveau chapitre » avec un plan stratégique 2026-2035.

Malgré ces résultats négatifs, TAP affiche des indicateurs positifs en termes d’activité. Le trafic passagers a atteint un niveau historique avec 8,2 millions de voyageurs transportés entre janvier et juin, soit une hausse de 4,2 % par rapport à la même période de 2025. Parallèlement, la compagnie a opéré 57 500 vols, en progression de 0,3 %. Côté recettes, les ventes de billets ont progressé de 4,4 %, pour un montant total de 1,83 milliard d’euros. Les recettes opérationnelles totales ont, quant à elles, atteint 2,04 milliards d’euros, en hausse de 4,3 %.

« Ces chiffres reflètent la robustesse de la demande sur les marchés stratégiques de TAP, avec une performance particulièrement solide en Amérique du Sud et en Europe », souligne la compagnie dans son communiqué. Pourtant, cette dynamique n’a pas suffi à compenser l’impact de la hausse des coûts du carburant. Entre janvier et juin 2026, les dépenses liées au jet fuel ont grimpé de 18,7 % sur l’ensemble du semestre, avec une accélération marquée au deuxième trimestre (+52,3 %). Une situation directement liée à l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, qui a entraîné une flambée des prix de l’énergie.

Les indicateurs financiers en témoignent. L’EBIT récurrent, qui inclut déjà les dépréciations et amortissements, s’est établi à -83,7 millions d’euros, tandis que l’EBITDA récurrent — bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements — a atteint 181,9 millions d’euros. La compagnie explique que l’impact de la hausse des prix du carburant s’est répercuté immédiatement sur ses coûts, alors que les mesures visant à compenser cette hausse via les recettes n’ont qu’un effet progressif. « Une part significative des billets avait déjà été vendue avant l’augmentation des prix », précise TAP.

« Comme on pouvait s’y attendre, la forte hausse des prix du carburant, notamment du jet fuel, a exercé une pression importante sur les performances de TAP au deuxième trimestre. Cet impact s’est immédiatement fait sentir sur les coûts, tandis que les mesures de mitigation au niveau des recettes tendent à se matérialiser de manière plus graduelle. »
— Luís Rodrigues, président exécutif de TAP

Malgré ce contexte difficile, Luís Rodrigues se veut optimiste. Il met en avant la « résilience » de TAP, dont les recettes ont progressé grâce à l’augmentation de la capacité et à l’amélioration des revenus unitaires. Le dirigeant évoque également la conclusion du plan de restructuration et le lancement d’un nouveau plan stratégique pour la période 2026-2035. « TAP ouvre désormais un nouveau chapitre », déclare-t-il, précisant que ce plan vise à « créer de la valeur durable » et s’appuie sur le programme Horizon, dédié à l’accélération numérique et à l’innovation.

Les résultats semestriels de TAP sont publiés alors que Parpública, l’entité publique détentrice de 100 % du capital de la compagnie, s’apprête à remettre au gouvernement un rapport final. Ce document, attendu ce mardi 2 septembre, évalue les offres fermes déposées le 29 juillet par les groupes Air France-KLM et Lufthansa pour l’acquisition de 44,9 % du capital de TAP. L’exécutif portugais, dirigé par le Premier ministre Luís Montenegro, devra analyser ces propositions avant de trancher sur le futur actionnariat de la compagnie nationale.

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour TAP. La compagnie compte sur la haute saison estivale — traditionnellement la période la plus rentable pour les compagnies aériennes — pour améliorer ses résultats. Reste à savoir si cette période suffira à compenser les pertes enregistrées au premier semestre. Par ailleurs, la décision du gouvernement portugais concernant le rachat partiel de TAP par l’un des deux groupes étrangers pourrait apporter un nouveau souffle à l’entreprise. Enfin, l’évolution des prix du carburant, directement liée à la situation géopolitique, continuera de peser sur les comptes de la compagnie dans les mois à venir.

Ces résultats soulèvent plus largement la question de la résilience des compagnies aériennes face aux chocs externes, notamment la volatilité des prix de l’énergie. Dans un secteur déjà fragilisé par les crises successives, la capacité à absorber de telles pressions tout en maintenant une croissance du trafic et des recettes apparaît comme un enjeu majeur pour l’avenir.

Les coûts du carburant ont augmenté de 18,7 % sur l’ensemble du premier semestre 2026, avec une hausse spectaculaire de 52,3 % au deuxième trimestre. Cette flambée est directement liée à l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, qui a entraîné une hausse des prix du jet fuel. Selon TAP, l’impact sur les coûts a été immédiat, tandis que les mesures de compensation via les recettes — comme la hausse des tarifs — n’ont eu qu’un effet progressif, une partie des billets ayant déjà été vendue avant cette augmentation.